L’effet cathartique d’un blogue de voyage (lettre à ma fille prématurée)

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Il y a exactement deux ans, tu venais au monde dans un contexte difficile. Cette journée, je ne l’oublierai jamais, car il s’agit très certainement de la plus difficile que j’ai eu à vivre jusqu’à maintenant. Je garderai toujours en mémoire l’ambivalence qui m’habitait à l’idée de te donner naissance deux mois avant terme. Beaucoup d’émotions se bousculaient en moi; de la joie, bien sûr, mais malheureusement assombrie par beaucoup de colère, de culpabilité, de peur et de tristesse. Quatre mois après ta naissance, à la suite d’une longue hospitalisation, je t’ai écrit une première lettre pour t’expliquer certaines de mes réactions et m’en excuser. À l’époque, je ne tenais pas encore de blogue, mais mon besoin d’écrire s’imposait de plus en plus…

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Ta première photo le jour de ta naissance. Tu pesais 3,4 lbs (1,5 kg)

Quelques mois plus tard, j’ai décidé de me lancer dans l’écriture de mon propre blogue en partageant avec d’autres ma passion pour les voyages. Ce blogue, je te le dois, car tu me l’as inspiré. Pendant mes nombreuses journées à te veiller à l’hôpital, je ressentais le besoin de me libérer des émotions négatives qui m’habitaient de plus en plus. Dans un premier temps, écrire m’a permis de me centrer sur des souvenirs positifs, en évitant de sombrer dans la déprime qui me guettait jour après jour. Je ressentais le besoin de demeurer cette femme forte et heureuse aux yeux des autres, tes frères et toi surtout, même si j’étais en fait profondément fragile et vulnérable. Alors que certains pourraient être tentés de le voir comme un loisir futile, ce blogue m’a permis de ne pas perdre pied et de m’accrocher à ce que la vie a de plus lumineux à offrir. Il s’agit sans doute d’un réflexe ou d’un instinct de survie. Plutôt que d’être paralysée par les émotions négatives qui m’habitaient, je les ai surmontées. En racontant mes voyages d’abord et puis, petit à petit, en parlant de toi, de moi, de notre famille, de tes frères (ici et ici) et de la prématurité. Bref, avec du recul, je réalise que l’écriture de ce blogue a eu pour moi un effet cathartique.

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À l’hôpital, alors que tu avais un mois

Quand je fais le bilan de ces deux premières années à voyager avec toi, je ne peux m’empêcher de sourire et de remercier la vie. Toi qui étais si petite et d’apparence si fragile, tu es aujourd’hui une petite fille curieuse, dynamique, affectueuse, drôle, expressive, déterminée et profondément attachante. Pour nous, ta famille, tu es un véritable rayon de soleil qui illumine chacune de nos journées. Tu sais profiter de la vie mieux que quiconque et je ne peux m’empêcher de croire que c’est sans aucun doute parce que tu as failli la perdre très tôt. Tu mords dans la vie à pleines dents, en abordant chaque nouvelle expérience avec enthousiasme et intensité. Où que tu ailles, tu suscites l’amour et la joie autour de toi, tu rayonnes par ta présence enjouée, ta candeur et l’affection que tu témoignes à tes proches.

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Pour célébrer ton deuxième anniversaire et ta grande force, j’ai donc pensé revenir sur nos voyages les plus marquants en photos. Bien que ta santé nous ait contraints à mettre en veilleuse notre besoin de voyager au cours de tes premiers mois de vie, ton expérience de globe-trotteuse a débuté alors que tu avais à peine neuf mois. Depuis, tu as pris l’avion plus d’une dizaine de fois pour aller partager tes sourires dans différentes villes comme Porto, Lisbonne, ParisLas Vegas, Chicago, Nashville et Séoul.

En ce jour spécial, je veux que tu saches à quel point je suis fière de toi et de ton parcours. Tu es une source d’inspiration pour tous les gens qui t’entourent, moi la première. Je t’aime du plus profond de mon cœur et je nous souhaite encore plein de merveilleux moments de bonheur en famille, ici comme ailleurs. Je ne ferai jamais le tour du monde, le tour de mon monde, mais j’espère en explorer le plus possible avec ton papa, tes frères et toi à mes côtés… Et ça se poursuit dès demain avec un séjour familial à Portland! À suivre…

Et si on prolongeait les vacances?

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Et si on prolongeait les vacances?

C’est l’idée qui me tournait dans la tête le week-end dernier. Mon mari avait dû interrompre ses vacances au début de la semaine pour effectuer un voyage d’affaires au Mexique et j’étais seule avec les trois enfants à gérer la rentrée des deux plus jeunes à la Petite École. Je voulais qu’ils débutent leur année scolaire avec leurs amis, dans leur nouvelle classe, mais j’ai trouvé difficile de gérer cette transition avec ma petite de 22 mois. Bien que la première journée se soit bien déroulée, les suivantes ont été difficiles pour mon cœur de maman. Lorsque mon mari est rentré à la maison vendredi dernier, je n’avais qu’une idée en tête : passer cette dernière semaine de vacances tous les cinq, loin de la maison.

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Je me sentais un peu étrange d’avoir cette envie, alors que je voyais défiler les statuts Facebook de nombreux parents qui semblaient associer la rentrée à une certaine délivrance. De mon côté, j’avais le sentiment de ne pas être rassasiée de la présence de mes enfants : leur fraîcheur, leur candeur, leur joie de vivre… Malgré les conflits, les bagarres, les pleurs, les blessures et les petites mains collantes sur les murs, je n’avais pas hâte de les voir partir pour l’école. J’avais encore besoin de m’enivrer de leur odeur, d’entendre leurs rires espiègles, de les voir traîner en pyjama jusqu’à midi, de consoler leurs nombreux chagrins en leur chantant des berceuses. Je souhaitais m’imprégner encore du joyeux désordre de nos vacances familiales, sans avoir à gérer un emploi du temps complexe.

Je n’ai pas eu besoin d’insister pour vendre l’idée à mon mari et mes enfants, qui étaient tous ravis de partir à l’aventure. Les garçons souhaitaient voyager dans une maison qui roule (camping-car), comme ils l’avaient expérimenté lors de notre séjour en Australie. Mon mari avait envie de sorties de pêche et de randonnées. Ma fille réclamait deux choses du matin jusqu’au soir : « auto » et « bateau ». Et moi, j’avais le goût de nature et de plages. Nous avons décidé de plaire à tout le monde en partant en road-trip vers la Gaspésie, un voyage qui est dans ma Wish List depuis longtemps, mais que nous remettions toujours d’une année à l’autre. Nous avons loué une roulotte équipée au Motel du Haut Phare, à Cap-des-Rosiers, afin que les garçons puissent camper tout en nous posant dans un cadre enchanteur. Sur place, nous avons vécu plusieurs moments heureux en famille : marcher dans le Parc national de Forillon, pêcher des maquereaux dans le Golfe du Saint-Laurent, pique-niquer sur la plage, faire une croisière afin de voir de plus près le rocher Percé, observer les phoques et les fous de Bassan de l’île Bonaventure, se régaler de fruits de mer, faire cuire des guimauves en pyjama autour d’un feu de camp…

Bien sûr, rien n’est parfait et nous avons aussi rencontré des problèmes : mal de mer et vomissements sur le bateau, blessures de toutes sortes, bris de canne à pêche, pluie intense en pleine randonnée, piqûres d’insectes, conflits entre les enfants et manque de sommeil en raison de nuits interrompues… Malgré tout, je ne regrette pas une seule minute de ces vacances qui étaient parfaites dans leur imperfection.

Au moment de rentrer à la maison, mon fils cadet (mon petit cœur sensible) s’est mis en boule sur son lit superposé en déclarant de façon solennelle :

Je ne veux pas rentrer maman, je ne veux pas que les vacances se terminent. Je veux rester ici, avec vous et Fox (le chien des propriétaires du site), pour toute la vie.

Intérieurement, je me disais : « Je sais mon cœur, maman aussi ». Mais alors que ces mots allaient sortir de ma bouche, mon fils aîné lui a répondu :

Moi, j’ai hâte de rentrer. J’ai adoré nos vacances, mais j’ai hâte de retrouver la maison, mes jeux et mes amis.

Et j’ai réalisé que ce sentiment m’habitait aussi. J’étais bien parce que j’étais avec eux. Mais où que j’aille, j’ai la chance de découvrir le monde à travers leurs yeux, du moins pour quelques années encore. Et cette idée suffit à me rendre heureuse et comblée.

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Toute l’année, les enfants auront à composer avec l’école et les activités parascolaires pendant que nous, parents, nous devrons jongler avec nos différentes occupations. Mais des petites vacances et des moments de « déconnexion » en famille, nous pouvons en créer chaque fin de semaine. Nous pouvons envisager le quotidien comme une grande aventure à vivre ensemble. Cette idée a réconcilié mon fils cadet avec l’impératif de rentrer à la maison… Et elle saura très certainement me faire sourire moi aussi lorsque j’aurai terminé d’étiqueter tout le matériel scolaire de mes trois enfants! 😉

Et vous, êtes-vous prêts pour la rentrée?

Mon bébé du désert

Mon bébé du désert

À la fin de la semaine, fiston (4 ans), que je surnomme affectueusement mon « bébé du désert » devra se présenter à sa nouvelle classe à l’aide d’un sac (All about me bag) dans lequel il doit placer quatre objets afin de se décrire. Outre une ceinture de karaté, qui lui permet de présenter un sport qu’il pratique depuis près de deux ans, il s’est tourné vers les objets suivants :

  • Un leurre de pêche (Toronto Wobbler) pour illustrer cette activité qu’il adore partager avec son père, son frère et son grand-père au Québec.
  • Une peluche en forme de dromadaire, pour parler de sa naissance aux Émirats Arabes Unis.
  • Une petite Tour Eiffel, pour expliquer aux amis qu’il est Français en plus d’être Québécois.

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    Se définir en 4 objets : mission accomplie… ou presque!

C’est avec joie et étonnement que j’ai constaté que plusieurs de ses choix se sont naturellement portés vers des objets qui évoquent ses appartenances culturelles multiples.

Doit-on y voir l’indice d’une troisième culture?

Comme plusieurs mamans ayant vécu des expériences d’expatriation familiale, je me suis intéressée au phénomène de la troisième culture chez les enfants (Third Culture Kids, aussi appelés Global Nomads). Je ne veux pas m’étendre sur le sujet dans ce billet (je le ferai bientôt dans une autre publication sur le blogue), mais en gros, ce phénomène a été décrit par des sociologues (notamment David C. Pollock) en référence au vécu d’enfants de militaires, de diplomates ou d’expatriés. Tout en s’adaptant au pays où ils vivent (seconde culture), ces derniers fonctionnent à la maison avec leur culture d’origine – ou celle de leurs parents (première culture), tout en se créant une troisième culture qui leur est propre.

Dans notre cas, c’est un peu plus compliqué. Papa est Français et maman est Québécoise; des cultures similaires, certes, mais loin d’être identiques. À ce jour, cette superposition d’appartenances a surtout été visible chez mon fils aîné. En plus d’avoir à composer avec une double nationalité, ce dernier a vécu trois années de sa vie à Dubaï en étant scolarisé dans un lycée libanais. À l’époque, il clamait haut et fort qu’il était à la fois Québécois, Français et Libanais, alors qu’il n’avait jamais mis les pieds au Liban. Comme quoi l’identité est une notion relative qui se compose d’une foule d’éléments!

Mais mon fils cadet a quitté trop tôt le « pays des dromadaires » pour que ce dernier laisse une trace aussi importante dans sa mémoire. Bien qu’il soit né aux Émirats Arabes Unis, il a quitté ce pays à 22 mois et n’en conserve aucun souvenir précis. Pourtant, ce pays demeure très important à ses yeux.

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Premier road-trip dans le désert, à deux mois

 

Quand les photos et les lectures alimentent les souvenirs…

Encore plus que son frère aîné, « mon bébé du désert » adore que je lui raconte le pays de sa naissance et de ses premiers pas. Depuis que nous sommes de retour au Québec, nous lui montrons régulièrement des photos de cette période de sa vie. Curieux, il nous pose de multiples questions sur Dubaï, nos escapades dans le désert et les anecdotes liées aux différentes fêtes vécues là-bas. En attendant d’y retourner visiter nos amis, c’est notre façon de garder ce pays vivant dans son cœur d’enfant. Et ça semble bien fonctionner!

Outre les photos, les albums et les anecdotes, fiston aime aussi lire des histoires qui évoquent le pays où il est né. Dans le cadre du club de lectures « À la conquête du monde », initié par Tiphanya du blogue Avenue Reine Mathilde, nous avons récemment replongé dans deux livres que nous avions achetés à Dubaï et que mon fils aime tout particulièrement.

Le premier, « Ali et le chameau » (écrit par Fay Gabriel), raconte l’histoire d’un petit garçon Bédouin prénommé Ali qui rencontre un dromadaire dans le désert. En pleurs, ce dernier dit au garçon : « personne ne m’aime ». Pour lui prouver le contraire, Ali lui explique à quel point il est important pour sa survie et celle de sa famille et lui pose ensuite différentes questions sur ses caractéristiques physiques. En plus d’être écrit en trois langues (français, anglais et arabe), ce livre est joliment illustré et permet aux enfants de se familiariser avec quelques termes arabes.

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Le deuxième, « L’Aventure de Pierre en Arabie » (écrit par Janice Edgar) demeure notre lecture préférée. Ce livre raconte l’histoire de Pierre, une oie du Canada devant quitter son pays pour des contrées plus chaudes. Seul pour une première fois afin de vivre cette aventure, Pierre arrive finalement à Dubaï où il rencontre un papillon. Ensemble, ils visitent le célèbre émirat à la recherche de son cœur. À travers le désert, les wadis, les plages, les souks et les mosquées, les nouveaux amis entraînent leurs lecteurs pour un tour des plus beaux attraits de Dubaï. Le livre est à la fois beau et touchant, tout en demeurant simple et accessible pour les petits.

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Bref, ces différents outils (photos, albums, etc.) permettent d’alimenter la curiosité et l’intérêt des enfants en lien avec leurs différentes appartenances. J’en parle ici en lien avec mon fils cadet, mais j’aurais aussi pu référer à mon aîné pour qui nous avons utilisé des outils similaires, qui se sont révélés tout aussi efficaces pour qu’il garde en tête ses origines françaises et québécoises alors que nous étions à l’étranger.

Des appartenances multiples à cultiver

J’aimerais être un petit oiseau pour me faufiler dans la classe de mon fiston vendredi et entendre le portrait qu’il dressera de lui-même à l’aide des quatre objets déposés dans son sac… L’identité se construit et se transforme au fil des expériences, des lectures et des rencontres. À mes yeux, plus ces expériences et ces rencontres sont nombreuses, plus les enfants développent une ouverture d’esprit, une capacité d’adaptation et une tolérance vis-à-vis les différences (à condition, évidemment, qu’elles soient bien vécues). À travers nos voyages et nos souvenirs, c’est ce que je souhaite léguer à mon « bébé du désert » : tellement d’expériences nouvelles qu’il n’aura bientôt plus assez d’un petit sac pour les placer! Mais d’abord et avant tout, je souhaite que mes enfants revendiquent l’ensemble de leurs appartenances, sans les compartimenter. J’aimerais qu’ils persistent à se définir de façon positive et non en rejetant d’emblée ce qui semble différent et qui, pour cette unique raison, peut parfois faire peur et susciter le rejet.

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Fiston, peu de temps avant notre retour au Québec, prêt pour de nouvelles aventures

 

Je ne ferai jamais le tour du monde…

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Ça y est, c’est fait, je viens de déposer ma fille à la Petite École pour la rentrée. À 22 mois, elle est confiée à une étrangère pour une première fois, dans un milieu qu’elle ne connaît pas (ou si peu pour être venue y reconduire son frère à l’occasion). J’ai le cœur en miettes et je ne peux retenir mes sanglots. Pourtant, elle a semblé bien s’adapter à son nouveau milieu. J’y suis restée un peu avec son papa, à la regarder jouer avec les autres et faire de larges sourires à son éducatrice. Je la sentais bien et en confiance. Au moment de la quitter, elle nous a fait « bye bye » l’air de rien, continuant son jeu qui consistait à lancer un ballon dans les airs avec ses nouvelles amies. En refermant la porte derrière moi, j’ai entendu des pleurs. Je n’ai pas pu me retenir de regarder dans sa classe, mais ce n’était pas elle qui pleurait. Elle avait gardé son magnifique sourire, imperturbable. Elle était prête depuis longtemps à franchir cette étape, mais pas moi.

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Mes deux bébés, prêts pour l’école

Pourquoi je me sens aussi anéantie?

Depuis le début du week-end, je me sens très émotive. Alors que je reviens d’un séjour zen en forêt, je me sens comme une boule d’émotions, prête à éclater en sanglots pour un rien. Cette première séparation, je l’anticipais depuis longtemps. Ce n’est pourtant pas la première fois que je vis l’expérience de laisser mon bébé dans un milieu de garde. Et c’est bien là que le problème se situe, car je suis pleinement consciente que c’est la dernière fois que je vis cette première fois… Et faire ce constat, c’est douloureux. Il s’agit pour moi d’un deuil énorme.

Je ne serai plus jamais la maman d’un bébé naissant que je berce en peau à peau pendant des heures. Cette page de ma vie est définitivement tournée après avoir eu trois magnifiques bébés à chérir. Je comprends un peu mieux la peine de ma propre mère lorsque j’ai quitté la maison pour aller à l’université. J’étais sa petite dernière et elle m’a écrit une lettre (une vraie, manuscrite et timbrée) tous les jours au cours de ma première année de droit. 365 lettres d’amour… Vous imaginez?

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Mon fils cadet, à 1 mois, alors que nous étions expatriés à Dubaï

 

La vie passe sans que je puisse faire le tour de mon monde…

Je ne ferai jamais le tour du monde, car je suis incapable de faire le tour de mon monde. Le tour de ma région, de ma ville, de mes enfants… Chaque jour, mes garçons et ma fille me font découvrir une nouvelle facette de leur personnalité. Chaque semaine, j’apprends l’existence d’un musée, d’un sentier de randonnée ou d’un restaurant que je ne connaissais pas encore dans ma ville. Dix ans après mon installation au Saguenay-Lac-Saint-Jean, j’ai toujours l’étrange impression d’y être en touriste. Je me sens attachée à ma région d’adoption, mais je reste avec l’impression d’être à peine installée et d’avoir encore tellement à apprendre et à vivre ici.

Plus je voyage, plus je veux voyager. Je veux découvrir de nouveaux pays, mais aussi revenir dans chaque ville traversée pour m’en imprégner davantage, la voir sous un autre angle. C’est la même chose dans mon rôle de maman. Je découvre mes enfants un peu plus chaque jour et je les regarde grandir avec fierté… Mais il m’arrive aussi de vouloir arrêter le temps, voire de revenir en arrière pour les aimer encore plus fort et profiter d’eux un peu plus longtemps…

À ce rythme, c’est certain, je ne ferai jamais le tour du monde. Mais j’en découvrirai des petits morceaux tous les jours, à mon rythme…

P.S.: Plus qu’une heure et je vais chercher ma fille… Le temps file, mais certaines attentes demeurent interminables…

Ma plus grande aventure…

Ma plus grande aventure

Il y a dix ans aujourd’hui, je donnais naissance pour la première fois à un petit garçon exceptionnel, mon beau Alban. J’ai eu l’occasion de vivre plusieurs aventures autour du monde, mais devenir maman a été la plus merveilleuse. Mon cher Alban, comme on le dit si bien au Québec, « c’est à ton tour de te laisser parler d’amour ». Je t’offre ce billet, du plus profond de mon cœur, pour revenir sur nos dix années passées ensemble, ici ou ailleurs.

Les débuts

Tout a débuté à Québec, le jour de ta naissance. Je suis alors devenue maman pour la première fois. Quel bonheur de sentir ton petit corps tout chaud contre moi! Je t’ai aimé dès la première seconde, d’un amour inconditionnel. Un amour tellement fort qu’il en était presque douloureux. À partir de ce moment, ma vie prenait un tournant majeur, devenait plus importante. Je devais être là pour toi, te donner le meilleur.

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Tu as très rapidement vécu ton premier voyage, à l’âge de deux semaines, alors que nous avons fait le choix de nous installer dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Parmi mes plus beaux souvenirs de cette première année, je garde précieusement en tête nos petites escapades au bord de la Rivière Saguenay. Curieux, tu voulais tout voir, tout comprendre… Et tu rentrais à la maison couvert de sable! Avant de célébrer ton premier anniversaire, tu as pris l’avion pour la première fois pour un séjour dans ta famille française. Tu étais déjà un bébé voyageur!

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J’ai (trop) rapidement repris le travail, mais tu as eu la chance d’être gardé par tes grands-parents qui ont toujours été très présents pour toi. Avec ton papou, tu prenais de longues marches dans le quartier. Avec ta mamilou, tu as appris à écrire et à dessiner. À deux ans, tu connaissais déjà toutes tes lettres et tu commençais à les tracer un peu partout, sur du papier comme dans le sable. Nous étions tellement fiers de toi!

Les premières séparations

C’est à l’âge de trois ans que tu as vécu tes premières vacances en Bretagne, dans la maison où ton papa passait l’été lorsqu’il était petit. Tu étais entouré de l’amour de ta famille française pendant que papa et moi visitions la Tunisie. C’était difficile d’être loin de toi, mais je savais que tu passais des moments incroyables et que notre absence te permettait de tisser des liens encore plus forts avec tes grands-parents, ton oncle, ta tante et tes cousins. Nous avons d’ailleurs poursuivi cette tradition les années suivantes et tu revenais toujours de ces vacances avec des étoiles dans les yeux.

La même année, nous avons quitté le Québec pour vivre une première expatriation aux Émirats Arabes Unis. Ce séjour a impliqué beaucoup de changements pour toi : maison, milieu de garde, langue, climat. Tu as réussi à bien t’adapter à cette nouvelle vie. Tu as développé tes premières amitiés avec d’autres enfants expatriés : Rosanne, Jacob, Alexandre, Angélique, Rosalie, Raphaëlle, Fynn, Bryson et bien d’autres! Ce fut une année de découvertes pendant laquelle nous avons multiplié les road-trip avec toi, que ce soit aux Émirats ou au Sultanat d’Oman.

Puis, ce fut encore l’heure des séparations pour rentrer au Québec. Tu étais heureux d’y retrouver tes grands-parents et toute notre famille, mais aussi triste de quitter Dubaï et les petites habitudes que nous y avions : passer l’après-midi à la plage après l’école, déguster un jus frais à la marina, regarder le soleil se coucher dans le désert ou se rafraîchir avec une crème glacée du Cold Stone en admirant les aquariums de l’Atlantis. Au Québec, tu as renoué avec d’anciennes traditions que tu aimes tout autant et qui sont rythmées par les saisons : aller cueillir des pommes en famille sur l’île d’Orléans à l’automne, jouer dans la neige pendant l’hiver, faire des randonnées au printemps, partir à la pêche ou raconter des histoires autour d’un feu de camp en faisant cuire des guimauves l’été.

Les grandes découvertes

Alors que tu venais à peine de t’habituer à nouveau à l’hiver québécois, nous avons décidé de repartir à Dubaï pour deux ans. Tu avais alors cinq ans et ce fut une grande transition pour toi, d’autant plus que j’ai donné naissance à ton frère deux mois plus tard. Dès les premiers jours, tu as été un grand frère exemplaire. Tu as su développer avec lui une complicité dont nous sommes très fiers, papa et moi. Avec toi, il apprend énormément de choses et nous en sommes ravis, car tu es le meilleur modèle possible.

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Pendant ces deux années, tu as fait de nombreux apprentissages : l’arabe, le piano, la natation, le karaté. Tu as aussi développé une grande amitié avec Élias, qui restait tout près de la maison. Vous étiez inséparables!

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Nous avons profité de ces deux années d’expatriation pour découvrir de nouveaux pays comme la Thaïlande, la Jordanie et l’Australie. J’ai été impressionnée, lors de ces voyages, par ton calme, ta patience, ta soif d’apprendre et ton ouverture à vivre de nouvelles expériences tout en prenant soin des autres. En Thaïlande, tu as vécu la menace d’un tsunami sans même sourciller. En Australie, tu as fait preuve de patience lors de nos longues heures de route, toujours enthousiaste à l’idée de découvrir de nouveaux lieux. En Jordanie, je te voyais du coin de l’œil veiller sur ton frère, les yeux plein de fierté, et ça gonflait mon cœur de mère de bonheur.

Tu as fêté ton sixième anniversaire sur trois continents, avec trois gâteaux différents à Dubaï, à Paris et à Sydney. Un vrai globe-trotteur!

Le retour au Québec

Nous sommes rentrés au Québec l’été de tes sept ans. Ce retour au Québec, je l’ai anticipé… Surtout pour toi! J’avais peur que tes amis de Dubaï te manquent trop, que ce soit difficile pour toi de créer de nouvelles amitiés. J’avais vécu un retour d’expatriation à peu près au même âge quand j’étais enfant et je savais que ce genre de transition implique de nombreux défis. Je t’ai clairement sous-estimé, car tu as réussi à bien t’adapter au retour. Tu as poursuivi tes cours de piano et de karaté (même si les enseignements étaient très différents d’un pays à l’autre), tu as fait la connaissance de nouveaux amis, tu es devenu grand frère pour une deuxième fois, tout en continuant de multiplier les réussites dans tous les domaines.

Tu m’impressionnes chaque jour par tes grandes qualités : ton ouverture aux différences, ta joie de vivre, ton enthousiasme, ton humour, ton intelligence, ta créativité, ta persévérance et ta détermination. Tu es un garçon plein de talents et fidèle à ses passions. Depuis notre retour au Québec, tes anniversaires ont tous été sur le thème de Star Wars… Et ce sera encore le cas cette année! J’admire ta capacité à accueillir la nouveauté, tout en demeurant profondément attaché au passé, aux choses et aux gens que tu aimes. Toutes ces belles qualités me rendent très fière de toi.

Bref, tu es un vrai rayon de soleil dans chacune de mes journées… et de mes voyages! Car oui, nous sommes de retour, mais les voyages continuent de ponctuer notre vie. C’est toujours un plaisir de partager ces moments avec toi, surtout en sachant que tu les apprécies autant que moi.

Mon grand, en ce jour spécial, sache que je t’aime profondément. Je n’aurais pas pu rêver d’un fils plus extraordinaire que toi. Tu m’as appris tellement de choses depuis ta naissance : à rire de mes erreurs, à faire de meilleurs choix, à prendre le temps de te regarder grandir, à vivre le moment présent… Ce n’est pas facile tous les jours d’être l’aîné et je m’en rends bien compte. Je ne suis pas une maman parfaite; avec toi, j’enchaîne les premières fois et les erreurs. Je fais de mon mieux, tout en apprenant avec toi à devenir meilleure chaque jour.

Je nous souhaite encore plein de merveilleux moments à vivre ensemble. xxx

Un roman sous la neige…

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Dans le cadre du club de lecture d’été initié par Tiphanya (du blogue Avenue Reine Mathilde), le deuxième thème suggéré afin d’orienter nos lectures est l’Amérique du Nord. Voilà qui tombe plutôt bien, puisque nous sommes Québécois et que la littérature jeunesse de notre pays, nous la suivons avec assiduité. Étant donné que nous sommes présentement en Corée du Sud avec notre petite dernière, j’ai travaillé ce billet avec notre fils aîné (âgé de neuf ans, bientôt 10) avant le départ. Il a choisi de lire le nouveau tome de la série « Les soucis d’un Sansoucy ». Ayant adoré les six premiers tomes de cette série, il savait que ce serait un bon choix. Il a dévoré le livre en quelques heures, pour ensuite répondre à ces quelques questions.

Alban, pourquoi aimes-tu cette série?

Je me retrouve beaucoup dans le personnage principal, Laurent. Nous avons plusieurs points communs : nous avons le même âge (enfin presque, j’aurai 10 ans dans quelques semaines!), une petite sœur, nous aimons faire des blagues… Sauf que j’ai moins de soucis que lui dans la vie! Contrairement à moi, Laurent n’est pas l’aîné de la famille et il se fait souvent engueuler par sa grande sœur, Charlotte. Il a aussi des problèmes à l’école, dans différentes matières scolaires, ce qui n’est pas mon cas. Je trouve la série très drôle, parce que Laurent vit plein de mésaventures.

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Fiston et les sept tomes de la série

 

Quel est ton tome préféré?

Le tome 3, intitulé « Surprise ». Dans ce tome, Laurent part à la pêche avec son oncle Conrad et ses deux amis. Une fois sur place, ils réalisent que leur habitation n’a rien d’un château, contrairement à ce que Conrad leur avait dit, mais qu’il s’agit plutôt d’une vieille cabane. En plus, ils n’ont pas été en mesure d’attraper un seul poisson dans le « Lac des perdus », qui avait perdu tous ses poissons. Comble de malheur, la petite sœur de Laurent arrive sur les lieux… Ce tome est très rigolo! J’aime beaucoup les histoires liées à la pêche, car c’est une activité que j’adore faire avec mon père et mon petit frère.

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La pêche entre gars au Québec

 

Peux-tu me résumer l’histoire du tome 7?

Le tome 7 se nomme « La tempête » et il se déroule au Québec. En arrivant à son école, Laurent se rend compte que personne n’est là. Pourtant, c’est mardi et les autres élèves et les enseignants devraient être présents. Il rentre chez lui et se prépare un super programme (paresser et jouer aux jeux vidéos), mais il a une visite inattendue de Marianne Desprès (qui n’est pas son amie, malgré ce qu’elle semble croire!). Tout ça, c’est la faute de sa mère. Comme elle était occupée, ainsi que tous les membres de sa famille, elle a appelé Marianne pour qu’elle vienne jouer avec lui. Laurent téléphone alors ses deux bons amis pour qu’ils viennent le sortir du pétrin. Il va jouer dehors avec ses deux amis, Marianne et pot de colle (son chien), mais son petit groupe se fait attaquer par deux « tannants » qui leur lancent des boules de neige. Par erreur, Laurent lance une boule de neige sur sa grande sœur qui arrive à la maison avec son amoureux et, du coup, sa mère décide de les envoyer jouer plus loin. Laurent et ses amis vont glisser en luge dans le quartier, mais ils y rencontrent les deux « tannants ». Tous ensemble, ils décident de faire une compétition de glissades. L’équipe de Laurent remporte la finale et toute la bande retourne chez lui. Ils construisent un igloo et écoutent un bon film.

Qu’est-ce que tu as le plus et le moins aimé dans ce livre?

J’ai beaucoup aimé le chapitre qui concerne la compétition de glissades, parce que la description des sauts était drôle à lire. J’adore jouer dans la neige l’hiver et ce livre me rappelle de beaux souvenirs avec mon frère et mes amis. J’ai moins aimé l’extrait du livre où les personnages jouent à « Just Dance », mais heureusement cette partie du livre n’est pas très longue.

Qu’est-ce que ce livre permet de découvrir sur le Québec?

Au Québec, les jours de tempête de neige sont de véritables fêtes pour les enfants qui ont alors congé d’école (quand la tempête est grosse bien sûr!) et qui en profitent pour jouer dans la neige. On peut faire des bonhommes de neige, glisser en luge, faire des batailles de boules de neige, construire des forts… Ce sont toujours de très beaux moments!

En terminant, voici le dessin d’Alban afin de représenter cette lecture qu’il a beaucoup appréciée!

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Bloomsberry, là où je passe mon été…

club de lecture d'été

Vous connaissez Bloomsberry, le pays des fleurs aux fruits? Je vous y emmène aujourd’hui. Dans le cadre du club de lecture d’été « À la conquête du monde », initié par Tiphanya, nous devions choisir un livre à lire avec les enfants sur le thème : « Là où je passe l’été » (cliquez ici pour accéder à notre programmation préliminaire pour les mois de juillet et août). Un thème un peu difficile pour nous, car notre été se passe un peu partout : Québec, Canada, Etats-Unis, Corée du Sud… Et je ne parle là que des pays où nous serons physiquement, puisque plusieurs autres alimentent nos pensées et nos rêves! Dans un tel contexte, quelle destination choisir? Bien que la question ait pu sembler difficile à trancher à première vue, nous avons rapidement identifié le livre qui allait nous tenir compagnie cette semaine. Il s’agit de « Virginia Wolf », un livre publié aux Éditions La Pastèque, dans la collection Pamplemousse. Il est écrit par Kyo Maclear et illustré par Isabelle Arsenault.

L’histoire en bref…

Ce livre raconte l’histoire de Virginia et de Vanessa, deux personnages qui réfèrent au vécu de Virginia Woolf (célèbre écrivaine) et de sa sœur Vanessa Bell (artiste peintre). Au début du livre, Virginia est déprimée et en colère, alors que sa sœur fait tout en son pouvoir pour la faire sourire de nouveau. Les dessins qui illustrent le texte jouent avec les ombres et donnent l’impression que Virginia est un loup avec des oreilles pointues (alors qu’il s’agit plutôt d’un foulard noué en boucle sur sa tête). L’ambiance au domicile familial est déprimante, jusqu’à ce que Virginia évoque un lieu imaginaire du nom de Bloomsberry, qu’elle surnomme le pays des fleurs aux fruits…

Voici un petit extrait du livre, où Vanessa raconte sa conversation avec Virginia au sujet de Bloomsberry :

Il y a sûrement quelque chose qui te ferait du bien.

Si je volais, je crois que ça me ferait du bien.

Si tu volais, tu aimerais aller où?  J’ai ouvert son atlas et j’ai nommé des endroits : Paris. Tokyo. Mexico.

Non. Non. Non, a dit Virginia. Si je volais, j’irais là où tout est parfait. Un endroit plein de gâteaux glacés et de fleurs exquises, de formidables arbres à grimper et absolument aucun tracas.

Où est cet endroit? Ai-je demandé

Elle a réfléchi un peu, puis elle a dit : à Bloomsberry. Le pays des fleurs aux fruits.

À la suite de cette discussion, Vanessa décide de mettre Bloomsberry en scène dans leur maison afin de remonter le moral de sa sœur. Elle passe la nuit à peindre le pays des fleurs aux fruits sur les murs de leur maison, jusqu’au réveil de Virginia. Cette dernière adore le résultat et retrouve rapidement le sourire. L’ombre des illustrations se transforme en couleurs lumineuses et on découvre la mignonne petite fille sous les allures de loup.

Pourquoi j’aime ce livre en tant que maman voyageuse?

Le texte permet d’ouvrir le dialogue sur plusieurs sujets avec les enfants : la dépression, la tristesse, l’empathie et la générosité en sont quelques exemples. Il est, de plus, merveilleusement bien illustré, contribuant ainsi à faire entrer petits et grands dans l’univers enchanté de Bloomsberry.

Mais pourquoi en parler dans un club de lecture sur le thème des voyages? Récemment, je vous ai partagé un billet dans lequel je vous parlais de ma vie d’expat qui me manque atrocement parfois. Mais lorsque j’étais expat, ma vie au Québec me manquait également par moments. Tout cela pour dire qu’il n’y a pas d’endroit parfait comme Bloomsberry. Chaque lieu où nous vivons nous offre la possibilité de nous éblouir et, pour ce faire, il n’est pas nécessaire d’aller à l’autre bout du monde. À mes yeux, le voyage est d’abord et avant tout un état d’esprit. Au-delà des kilomètres que l’on peut parcourir pour se dépayser, l’aventure se passe dans la tête du voyageur. Peu importe où nous serons pendant la période estivale, nos plus beaux voyages seront ceux qui nous auront fait rêver…!

L’avis de fiston sur ce livre?

Mon garçon de quatre ans a adoré cette histoire et ses illustrations. C’est un livre précieux à ses yeux, qu’il manipule avec délicatesse, alors qu’il a souvent tendance à être rude avec les objets. De la première à la dernière page, il a savouré chaque mot et chaque dessin. Depuis son tout jeune âge, fiston a peur des loups et cette peur se manifeste généralement lorsque nous sommes en voyage, loin de la maison. Bien que ses peurs semblent souvent se matérialiser sous la forme d’un loup, mon petit homme est aussi fasciné par cet animal. Pour cette raison, le livre l’a immédiatement interpellé, surtout lorsqu’il a compris que le loup était en fait une petite fille.

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Dans la même collection…

Si vous aimez l’histoire de « Virginia Wolf », n’hésitez pas à lire « Fourchon », qui est publié aux mêmes éditions et lui aussi écrit par Kyo Maclear et illustré par Isabelle Arseneault. Ce livre raconte l’histoire de Fourchon, né d’une maman cuillère et d’un papa fourchette. À la fois fourchette et cuillère, Fourchon détonne et cherche sa place dans la cuisine. Il a le sentiment de devoir choisir un clan, mais il se sent trop pointu avec les cuillères et trop rond avec les fourchettes… Jusqu’au jour où une chose malpropre (un bébé) arrive dans la maison et qu’il a enfin le sentiment de trouver sa place.

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Ayant des enfants à la fois Québécois et Français, ce livre a immédiatement suscité mon intérêt. J’ai déjà abordé le sujet dans mon article « Le refus de choisir d’une maman voyageuse », en parlant plus spécifiquement de mon fils aîné. Lorsque nous étions à Dubaï, il était scolarisé dans un lycée francophone libanais où il se sentait souvent différent des autres. Après une récréation animée, il m’avait dit en rentrant à la maison qu’il se sentait 100% Français, 100% Québécois et un peu Libanais. À l’époque, je ne connaissais pas l’histoire de Fourchon, mais je l’ai beaucoup utilisée avec mon fils cadet. L’auteure du livre, Kyo Maclear, se décrit elle-même comme un fourchon, étant née d’un père britannique et d’une mère japonaise.

Voici donc nos lectures de la semaine! La semaine prochaine, c’est mon fils aîné qui vous livrera ses impressions sur un roman jeunesse publié au Québec. Pour découvrir les autres billets liés à cette première semaine du club de lecture d’été, rendez-vous chez Tiphanya!

P.S.: Même si je ne connaissais pas l’histoire de Fourchon lorsque mon fils aîné a vécu certains questionnements identitaires, j’ai adoré le livre « Spoon » qui traite le sujet de façon un peu similaire. Un autre livre intéressant à ajouter à votre bibliothèque si vous ne le connaissez pas déjà.

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