24 heures chez les moines bouddhistes, à Haeinsa

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Dormir dans un temple bouddhiste était définitivement une expérience que je souhaitais vivre lors de notre récent séjour en Corée du Sud. Et pas n’importe quel temple. Je désirais séjourner à Haeinsa, réputé comme l’un des plus beaux temples du pays. J’y tenais tellement que j’ai retourné notre itinéraire dans tous les sens. Au départ, nous avions prévu partir vers le sud-est après notre séjour à Séoul, mais j’ai insisté pour modifier l’itinéraire et débuter notre parcours à l’ouest afin d’être en mesure de vivre un Temple Stay lors de notre deuxième semaine en Corée (le temple étant complet la première semaine). Bref, il s’agit d’une expérience que j’avais très envie de vivre et qui m’a profondément marquée lors de notre voyage. Cette expérience unique, j’ai envie de la partager avec vous aujourd’hui.

Qu’est-ce qu’un Temple Stay?

Temple Stay est un programme d’expérience culturelle visant à faire connaître le bouddhisme coréen et à démystifier la vie des moines. Ouvert à la fois aux Coréens et aux étrangers, ce programme offre la possibilité de séjourner une nuit (ou plus) dans un temple. Pour ce faire, deux formules sont proposées aux visiteurs :

  • Le programme régulier, qui consiste en une immersion dans la vie du temple, au cours de laquelle le visiteur doit participer à de nombreuses activités.
  • Le programme freestyle, qui offre plus de liberté afin de découvrir les lieux.

Étant donné la présence de notre fille de 20 mois, nous avons préféré la deuxième option qui nous offrait plus de flexibilité (et d’heures de sommeil!). Toutefois, je tiens à préciser que cette brève introduction à la culture bouddhique nous a donné envie de participer à un programme plus long et complet lors d’un prochain séjour.

Haiensa-1 (1)Pourquoi vivre cette expérience à Haeinsa?

Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, Haeinsa est l’un des temples les plus importants de la Corée du Sud, notamment parce qu’il héberge le Tripitaka Koreana. Il s’agit de plus de 81 000 textes sacrés sculptés dans des tablettes de bois. Ces textes furent gravés une première fois au 11e siècle et détruits par les Mongols, pour être gravés de nouveau au 13e siècle par des moines. Depuis 1488, ces tablettes sont abritées dans le Janggyeong Panjeon, un lieu parfaitement ventilé afin d’en assurer la conservation.

Au-delà de son intérêt historique et culturel, Haeinsa est d’une beauté saisissante. Construit au cœur des montagnes, dans un cadre naturel composé de conifères et de feuillus, le temple invite à la détente et au recueillement. Fondé en 802 sur les flancs boisés et rocheux du mont Gaya, le nom du temple évoque « l’état de conscience de l’esprit ». Pour l’atteindre, il faut suivre une route en lacet à travers la forêt qui mène à un lieu enchanteur, entouré de cascades, d’arbres, de montagnes et de fleurs.

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Notre arrivée à Haeinsa

Nous sommes arrivés au temple en fin d’après-midi, après quatre journées passées à Gyeongju. Nous avons mis un certain temps à comprendre comment joindre le temple en voiture. À première vue, nous pensions devoir y aller à pied, en empruntant un chemin abrupte à partir du stationnement. Étant donné que nous étions accompagnés de notre fille de 20 mois et de plusieurs bagages (dont son lit pliant… Et oui, on voyage super léger!), nous avons cherché une alternative en demandant à des passants. Comme ce fut le cas pendant l’ensemble de notre séjour, nos interlocuteurs étaient très sympathiques et l’un d’eux a proposé de monter avec nous dans l’auto afin de nous indiquer le chemin. Une fois sur place, une employée s’est présentée à nous. Elle ne parlait pas anglais, mais elle a demandé à un visiteur de nous traduire ses indications. Le visiteur en question était un jeune Coréen qui étudiait aux États-Unis depuis quelques années. Il a été en mesure de nous expliquer les grandes lignes du déroulement du séjour en anglais.

Suivant les indications du jeune homme, nous avons rejoint notre chambre. Elle était spartiate, certes, mais propre et fonctionnelle. Elle se composait d’une pièce vide avec quelques étagères dans lesquelles nous avons trouvé le nécessaire pour nous installer pour la nuit : oreillers, gros coussins et matelas très minces à mettre au sol. Adjacente à cette pièce principale, une minuscule salle disposait d’un évier, d’une douche et d’une toilette.

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L’employée de l’accueil est venue nous rejoindre pour nous communiquer l’horaire des activités qui allaient suivre. Évidemment, en raison de la présence de notre fille, nous avons d’emblée convenu que nous laisserions tomber le rituel des 108 inclinaisons et la prière en pleine nuit (3h00!). Nous avons également reçu la literie propre ainsi que des vêtements amples et gris (pantalons et tuniques sans manches) à enfiler afin d’essayer de nous fondre dans le décor. Notre fille, elle, a eu droit à un chandail jaune vif beaucoup trop grand qu’elle portait fièrement (elle a d’ailleurs fait une crise monumentale au moment de l’enlever pour la nuit!). C’est ainsi vêtus que nous sommes partis découvrir les environs. Malgré nos vêtements ternes (du moins, pour mon mari et moi), nous passions difficilement inaperçus. Très gentils, les moines nous souriaient et s’arrêtaient pour dire quelques mots à notre fille. Il faut dire que le temple était particulièrement calme lors de notre séjour. À l’exception des moines, nous avons rencontré très peu de visiteurs sur place.

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Nos activités au temple

Notre séjour au temple a été rythmé par deux activités qui étaient partagées avec les moines et qui revenaient à heures fixes : les repas et les prières.

Je vous ai déjà parlé de nos repas au temple, en vous présentant notre itinéraire gourmand en Corée du Sud. Les repas étaient tous identiques, et ce, peu importe l’heure de la journée. Au petit-déjeuner (6h00) comme au souper (18h00), le menu végétalien était pris dans la même salle que les moines et se composait de riz blanc, de kimchi, de soupe, de tofu, d’épinards bouillis et de thé hyper dilué. Le tout était avalé en 20 minutes (maximum!), dans le silence le plus complet… enfin presque, puisque notre fille a quand même exprimé à quelques reprises son mécontentement vis-à-vis la diète monacale! Heureusement, entre les repas, les moines étaient très compréhensifs et lui offraient des fruits, des chocolats et du sikhye (boisson au riz avec des grains de riz).

Haiensa-1 (6)Différents moments de la journée étaient aussi réservés à des cérémonies et des prières. Nous ne sommes pas croyants, mais ces instants étaient chargés d’une émotion difficile à définir. Nous avions l’impression de nous retrouver seuls face à nous-mêmes, conscients de petits détails qui échappent habituellement à notre attention : les odeurs d’encens, le chant des sutras (textes sacrés) récités en chœur, la sensation du sol froid sous nos pieds nus, le bruit du vent qui faisait grincer les portes des bâtiments voisins… Nous avons particulièrement aimé vibrer au son du tambour du Dharma, conscients de la chance que nous avions d’assister à des scènes qui échappent généralement aux regards extérieurs. Nous nous sentions privilégiés d’être là, de pouvoir pénétrer, voire participer à ce monde secret, à l’écart de la modernité qui nous entoure chaque jour.

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Entre les repas et les prières, nous disposions de temps libres que nous avons mis à profit en partant en randonnée. Nous avons ainsi eu la chance de découvrir de nombreux ermitages, pagodes, statues et sites religieux disséminés dans les vallées environnantes. Lors de notre passage à l’ermitage de Huirangdae, nous avons rencontré un moine qui nous a parlé longuement de son parcours. Ce fut une rencontre marquante pour nous, confrontant certains de nos préjugés sur la vie de moine (j’en ai déjà parlé ici).

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Nos conseils pour un séjour agréable à Haeinsa

  • Mieux vaut réserver votre séjour à l’avance, car l’endroit est généralement très fréquenté. Pour ce faire, il s’agit d’envoyer un courriel à l’adresse suivante : haeinsa2@templestay.com – Bien que notre message soit demeuré sans réponse, notre réservation avait été notée et nous n’avons rencontré aucun problème une fois sur place.
  • Si vous dormez sur place (ce que nous vous encourageons à faire), n’oubliez pas que vous pouvez garer votre voiture près du temple plutôt que dans le stationnement situé beaucoup plus bas.
  • Prévoyez de l’argent comptant pour payer le séjour (50 000 KRW – environ 50$ – par personne; gratuit pour les enfants), car il est impossible de le faire avec une carte de crédit. Le prix inclut les repas pour la durée du séjour.
  • Même si vous lisez des commentaires, dans les guides ou les site Internet, à l’effet que les hommes et les femmes doivent dormir dans des dortoirs séparés, sachez qu’une exception est faite pour les membres d’une famille qui peuvent dormir dans une même chambre sans la partager avec d’autres visiteurs.
  • N’oubliez pas de prendre avec vous des serviettes et du papier de toilette, ces items n’étant pas fournis sur place
  • Si vous avez du mal avec les mets épicés, prévoyez des barres de céréales, des biscuits ou des fruits pour calmer votre appétit.
  • Lors de notre séjour, nous avons été surpris d’accéder à Internet à partir de notre chambre. La connexion était cependant très lente. On vous conseille de décrocher totalement lors de votre séjour, en laissant la technologie derrière vous. Avec le couvre-feu de 21h00, vous manquerez de temps pour ce genre de distraction.
  • Certaines règles sont importantes à suivre lors d’un séjour dans un temple : garder le silence pendant les repas, saluer les moines selon les usages, enlever ses chaussures avant de pénétrer dans une salle de prière, ne pas laisser de nourriture dans son assiette, etc. Malgré tout, les moines sont très conciliants et ne se formalisent pas de nos erreurs.
  • Si certains endroits indiquent formellement que la prise de photos ou de vidéos est interdite (ex. à l’intérieur des temples ou dans la salle à manger), il est tout de même possible de prendre des photos et des vidéos à différents endroits sur le site (nous avons même été encouragés à le faire lors de la cérémonie du tambour).
  • Pour finir, n’hésitez surtout pas à visiter les lieux en famille. Bien qu’un séjour dans un temple ne soit par la première activité à laquelle on pense avec des enfants, ce fut une expérience extraordinaire pour toute la famille.

Pour terminer, voici un petit montage vidéo qui fait un résumé de notre séjour au temple :

 

Chicago en 4 jours… avec bébé!

4 jours à chicago

Ce voyage à Chicago n’était pas prévu dans ma Wish List pour 2016, mais ce fut une belle surprise d’avoir l’occasion de découvrir la « Windy City » en mai dernier. Mon mari devait s’y rendre dans le cadre de son travail et j’ai décidé de l’accompagner avec notre petite dernière, âgée de 19 mois. J’ai beaucoup aimé mon séjour à Chicago, une ville dans laquelle je me suis immédiatement sentie confortable. Alors que je n’aime pas particulièrement les grandes villes (du moins, pour m’y installer à long terme), c’est un lieu où j’ai eu le sentiment que je pourrais vivre avec ma petite famille. J’ai déjà écrit quelques billets pour vous parler de différents aspects de ce séjour, sans toutefois vous révéler en détails notre itinéraire et nos coups de cœur. C’est ce que je vous propose dans cet article, qui fait une synthèse de nos quatre journées à Chicago. Si certains sont d’avis que le slow travel s’impose en tout temps avec un bébé, vous verrez que nous avons dérogé à cette règle lors de ce séjour en multipliant les découvertes en seulement quatre jours [On vous rassure tout de suite, on aime aussi le slow travel, mais cette façon de voyager n’est pas toujours compatible avec nos emplois du temps!].

Jour 1 – Arrivée et premières découvertes

Après deux heures de route pour rejoindre la ville de Québec, nous avons pris un vol intérieur en direction de Montréal, pour nous envoler ensuite vers Chicago. Contrairement à notre voyage précédant à Nashville, notre arrivée à Chicago s’est faite dans le calme et la sérénité (lire : sans gros vomi dans le taxi!). Notre fille a passé les deux vols à dormir, après avoir arpenté les aéroports de Québec et de Montréal dans tous les sens. Elle était donc dangereusement en forme à notre arrivée, en fin d’après-midi!

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Nous avons pris un taxi afin de rejoindre notre hôtel, le Hyatt Regency Chicago, situé dans le centre de la ville. Son emplacement nous a permis de découvrir plusieurs lieux touristiques de Chicago à pied. Nous avons rapidement décidé d’aller explorer la ville, en faisant quelques emplettes sur Magnificent Mile. Je ne m’attendais pas à y découvrir des tulipes à perte de vue. J’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet afin de vous partager les avantages de découvrir Chicago au printemps!

En direct de #chicago : les #tulipes fleurissent partout le long de Magnificent Mile #magnificentmile #illinois #usa #visitchicago #citytrip #visitusa

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Après quelques emplettes sur Magnificent Mile, nous avons fait une balade le long de la Chicago River. Ce fut l’occasion de nous familiariser avec l’architecture de la ville en traversant le Michigan Avenue Bridge, l’un des cinquante ponts mobiles permettant de circuler facilement de part et d’autre de la rivière. Nous avons pu y admirer le Wrigley Building, reconnu comme étant le plus beau bâtiment de Chicago. Nous avons aussi flâné au bord de la rivière en empruntant la River Walk.

C’est chez Gino’s East que nous avons terminé cette journée, afin de goûter la deep-dish pizza, un plat typique de Chicago. Il s’agit d’une pizza de six centimètres d’épaisseur, parfaite pour les gros appétits! Nous avons préféré ce restaurant à d’autres, car les enfants peuvent écrire sur les murs, les tables et les chaises. Un concept bien sympathique dont nous avons déjà parlé dans notre article sur les expériences culinaires à vivre avec des enfants à Chicago. En rentrant à l’hôtel, nous avons découvert une nouvelle version de la ville avec ses immeubles illuminés.

Jour 2 – Shopping, Navy Pier et Millenium Park

Levées tôt, nous sommes parties, ma fille et moi, en direction de Magnificent Mile afin de découvrir les boutiques un peu girly aperçues la veille et qui n’intéressaient pas mon amoureux (ça tombe bien, il était débordé de boulot!). Malheureusement, je n’avais pas vérifié l’heure d’ouverture des magasins et nous nous sommes retrouvées devant la boutique American Girl une heure trop tôt, soit à 9h00. Nous avons flâné dans les environs afin d’admirer la Water Tower. Juste en face, nous avons découvert la boutique Hershey’s, parfaite pour une petite pause sucrée. J’ai ensuite trouvé un petit parc par hasard, près du lac Michigan, au grand bonheur de ma fille qui en a profité pour se dégourdir les jambes.

À 10h00, nous étions devant la célèbre boutique de poupées, prêtes pour l’émerveillement. Et nous n’avons pas été déçues! Il y avait des poupées partout, avec accessoires et vêtements assortis à différents thèmes. Au deuxième étage, nous avons même trouvé un salon de thé pour manger avec sa poupée, un salon de coiffure et de manucure pour poupées et plein d’autres petites kiosques plus délirants les uns que les autres. C’était magique, mais aussi un peu déroutant… Nous avons poursuivi notre tournée des boutiques en faisant un saut au Lego Store et au Disney Store.

Afin de profiter du beau temps, nous avons flâné au Navy Pier, un centre culturel et récréatif situé au bord du lac Michigan. Une jolie promenade extérieure nous a permis de profiter d’une belle vue sur la ville dans une ambiance festive.

Une fois à l’intérieur, nous avons visité les Crystal Gardens, une sorte de jardin botanique intérieur dans lequel nous avons pu admirer des plantes tropicales et des arbres exotiques. Tout près, nous avons découvert le Children’s Museum, qui propose différentes activités pour les enfants. Ma fille a particulièrement apprécié la salle de jeux pour les petits, ainsi que le Treehouse Trails où elle a joué un bon moment.

Après cette matinée occupée, nous sommes retournées à l’hôtel pour que ma fille puisse faire la sieste pendant que je travaillais. Nous sommes ensuite reparties en direction du Millenium Park. Nous avons, bien sûr, admiré la célèbre sculpture Cloud Gate, une oeuvre en forme de jelly bean en acier inoxydable sur laquelle se reflètent les gratte-ciel de la ville. Moins connues, d’autres oeuvres du parc sont aussi très intéressantes et méritent de s’y attarder. C’est le cas de la Crown Fountain et ses tours de verre qui projettent les images de différents visages, dont la bouche laisse jaillir de l’eau. Plutôt original! Les jeunes s’y trempent les pieds pour se rafraîchir pendant que les adultes sont médusés par le spectacle plutôt inusité. Nous avons également apprécié les rubans d’acier du Jay Pritzker Pavillon. Tout près, une passerelle (le Nichols Bridgeway) permet de relier le parc à l’aile moderne de l’Art Institute tout en offrant une vue intéressante sur les tours de Chicago.

Mais nos plus belles photos du parc ont été prises lors des courses matinales de mon mari, alors que le site était désert. Je vous laisse juger par vous-mêmes!

Nous avons terminé cette journée en famille, en mangeant dans un petit resto en face de la Trump Tower. Nous avons profité du beau temps pour manger à l’extérieur, au cœur de l’effervescence de la ville.

Jour 3 – Art public, Grant Park et croisière sur la Chicago River

Levées tôt, ma fille et moi avons décidé d’explorer The Loop, le quartier des affaires de Chicago. Ce quartier doit son nom à la voie aérienne du métro, qui inscrit une boucle autour de ses principaux édifices. Dans ce secteur de la ville, nous avons surtout apprécié nous balader parmi les oeuvres d’art public. Au centre du Federal Center, nous avons découvert la sculpture d’Alexander Calder, Flamingo, qui passe difficilement inaperçue avec ses courbes d’un rouge éclatant. Au Richard J. Daley Center, c’est la structure d’acier Untitled Picasso qui a surtout retenu notre attention. Il faut dire que ce n’est pas tous les jours que se présente l’occasion d’interagir avec de telles oeuvres!

Nous avons poursuivi notre journée au Grant Park, un vaste espace vert qui longe le lac Michigan à la hauteur du centre-ville. Ce parc est reconnu pour ses jardins ornés de fontaines, de sculptures et de monuments. Malheureusement, lors de notre séjour, la célèbre Buckingham Fountain était en rénovation et nous n’avons pas été en mesure de l’admirer. Nous avons malgré tout fait de belles découvertes dans ce parc. Tout d’abord, on peut difficilement manquer l’édifice du Art Institute of Chicago. Menant à l’entrée principale, deux lions de bronze encadrent ses escaliers. À l’intérieur, on y découvre notamment des oeuvres impressionnistes et postimpressionnistes réalisées par Renoir, Monet, Manet, Cézanne, Gauguin, Van Gogh et Toulouse-Lautrec. Nous avons aussi bien apprécié les nombreuses sculptures du parc, entourées de fleurs et d’arbres bien entretenus, dont celle représentant le président Lincoln (The Seated Lincoln).

Après une petite sieste à l’hôtel, nous avons tenté l’expérience d’une croisière en bateau sur la Chicago River afin de découvrir l’histoire architecturale de la ville. Cette croisière nous a permis d’en apprendre davantage sur les bâtiments emblématiques de la ville. Certains se situent directement sur les rives de la rivière et ne passent pas inaperçus, tels que le Trump International Hotel and Tower et le Wrigley Building. D’autres, moins extravagants, se découvrent tranquillement en voguant sur l’eau.

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Après cette croisière par temps gris et venteux, nous avons fait un arrêt chez Ghirardelli Chocolat Shop, afin de nous régaler de café (pour moi), de chocolat (pour ma fille) et de sorbet aux framboises (à partager). Nous avons fait une dernière halte au Dylan’s Candy Bar pour acheter quelques bonbons dans un décor à la fois coloré et féérique, avant de rentrer tranquillement à l’hôtel.

Jour 4 – Lakefront Trail, aquarium et Willis Tower

Pour cette dernière journée, j’avais initialement prévu une matinée à la plage avec ma fille. Nous avons fait une promenade sur Lakefront Trail, qui serpente le long du lac Michigan. Toutefois, le vent soufflait si fort que nous avons décidé de laisser tomber l’idée de la plage pour nous diriger vers l’aquarium.

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Ma fille a bien aimé notre visite du John G. Shedd Aquarium, une attraction familiale très populaire à Chicago. Après avoir admiré de nombreux animaux marins et le Caribbean Reef Exhibit où nagent des requins et des poissons tropicaux, nous avons assisté à un spectacle à l’Oceanarium. Ma fille était très impressionnée par les prouesses des dauphins, des bélugas et des otaries. Pour ma part, j’ai surtout apprécié me balader à l’extérieur, à la sortie du bâtiment, afin de profiter d’une vue différente sur la ville de Chicago.

 

Après un petit repos à l’hôtel et un repas dans la jungle du Rainforest Cafe (un classique dans notre famille!), j’ai entraîné ma fille au sommet de la Willis Tower. Du haut du 103e étage de ce gratte-ciel (qui en compte 110), nous avons accédé à un observatoire où nous avons pu admirer le paysage qui s’offrait à nous… Même sous nos pieds en nous avançant dans les boîtes de verre (The Ledge at Skydeck) qui permettent une vue de tous les côtés!

 

Pendant que mon mari assistait à un match des Cubs avec des clients au Wrigley Field, j’ai profité de cette soirée en solo avec ma fille pour déambuler tranquillement dans la ville, en grignotant du maïs soufflé à saveur de caramel et noix de pécan acheté au Garrett Popcorn Shops. Rien de mieux pour terminer ce séjour en beauté!

J’ai adoré ce séjour dans la ville de Chicago, mais j’aurais bien aimé y rester plus longtemps pour la découvrir davantage. Voici quelques activités que je garde bien en tête sur la to-do list de mon prochain séjour dans cette ville : une excursion à vélo sur le Lakefront Trail, une virée dans un bar de blues, une balade au Lincoln Park Zoo, la visite de différents musées (dont celui des sciences et de l’industrie), une promenade du côté du Museum Campus, ainsi que l’observatoire du John Hancock Center.

Et vous, quelles sont vos activités préférées à Chicago?

 

Ma plus grande aventure…

Ma plus grande aventure

Il y a dix ans aujourd’hui, je donnais naissance pour la première fois à un petit garçon exceptionnel, mon beau Alban. J’ai eu l’occasion de vivre plusieurs aventures autour du monde, mais devenir maman a été la plus merveilleuse. Mon cher Alban, comme on le dit si bien au Québec, « c’est à ton tour de te laisser parler d’amour ». Je t’offre ce billet, du plus profond de mon cœur, pour revenir sur nos dix années passées ensemble, ici ou ailleurs.

Les débuts

Tout a débuté à Québec, le jour de ta naissance. Je suis alors devenue maman pour la première fois. Quel bonheur de sentir ton petit corps tout chaud contre moi! Je t’ai aimé dès la première seconde, d’un amour inconditionnel. Un amour tellement fort qu’il en était presque douloureux. À partir de ce moment, ma vie prenait un tournant majeur, devenait plus importante. Je devais être là pour toi, te donner le meilleur.

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Tu as très rapidement vécu ton premier voyage, à l’âge de deux semaines, alors que nous avons fait le choix de nous installer dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Parmi mes plus beaux souvenirs de cette première année, je garde précieusement en tête nos petites escapades au bord de la Rivière Saguenay. Curieux, tu voulais tout voir, tout comprendre… Et tu rentrais à la maison couvert de sable! Avant de célébrer ton premier anniversaire, tu as pris l’avion pour la première fois pour un séjour dans ta famille française. Tu étais déjà un bébé voyageur!

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J’ai (trop) rapidement repris le travail, mais tu as eu la chance d’être gardé par tes grands-parents qui ont toujours été très présents pour toi. Avec ton papou, tu prenais de longues marches dans le quartier. Avec ta mamilou, tu as appris à écrire et à dessiner. À deux ans, tu connaissais déjà toutes tes lettres et tu commençais à les tracer un peu partout, sur du papier comme dans le sable. Nous étions tellement fiers de toi!

Les premières séparations

C’est à l’âge de trois ans que tu as vécu tes premières vacances en Bretagne, dans la maison où ton papa passait l’été lorsqu’il était petit. Tu étais entouré de l’amour de ta famille française pendant que papa et moi visitions la Tunisie. C’était difficile d’être loin de toi, mais je savais que tu passais des moments incroyables et que notre absence te permettait de tisser des liens encore plus forts avec tes grands-parents, ton oncle, ta tante et tes cousins. Nous avons d’ailleurs poursuivi cette tradition les années suivantes et tu revenais toujours de ces vacances avec des étoiles dans les yeux.

La même année, nous avons quitté le Québec pour vivre une première expatriation aux Émirats Arabes Unis. Ce séjour a impliqué beaucoup de changements pour toi : maison, milieu de garde, langue, climat. Tu as réussi à bien t’adapter à cette nouvelle vie. Tu as développé tes premières amitiés avec d’autres enfants expatriés : Rosanne, Jacob, Alexandre, Angélique, Rosalie, Raphaëlle, Fynn, Bryson et bien d’autres! Ce fut une année de découvertes pendant laquelle nous avons multiplié les road-trip avec toi, que ce soit aux Émirats ou au Sultanat d’Oman.

Puis, ce fut encore l’heure des séparations pour rentrer au Québec. Tu étais heureux d’y retrouver tes grands-parents et toute notre famille, mais aussi triste de quitter Dubaï et les petites habitudes que nous y avions : passer l’après-midi à la plage après l’école, déguster un jus frais à la marina, regarder le soleil se coucher dans le désert ou se rafraîchir avec une crème glacée du Cold Stone en admirant les aquariums de l’Atlantis. Au Québec, tu as renoué avec d’anciennes traditions que tu aimes tout autant et qui sont rythmées par les saisons : aller cueillir des pommes en famille sur l’île d’Orléans à l’automne, jouer dans la neige pendant l’hiver, faire des randonnées au printemps, partir à la pêche ou raconter des histoires autour d’un feu de camp en faisant cuire des guimauves l’été.

Les grandes découvertes

Alors que tu venais à peine de t’habituer à nouveau à l’hiver québécois, nous avons décidé de repartir à Dubaï pour deux ans. Tu avais alors cinq ans et ce fut une grande transition pour toi, d’autant plus que j’ai donné naissance à ton frère deux mois plus tard. Dès les premiers jours, tu as été un grand frère exemplaire. Tu as su développer avec lui une complicité dont nous sommes très fiers, papa et moi. Avec toi, il apprend énormément de choses et nous en sommes ravis, car tu es le meilleur modèle possible.

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Pendant ces deux années, tu as fait de nombreux apprentissages : l’arabe, le piano, la natation, le karaté. Tu as aussi développé une grande amitié avec Élias, qui restait tout près de la maison. Vous étiez inséparables!

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Nous avons profité de ces deux années d’expatriation pour découvrir de nouveaux pays comme la Thaïlande, la Jordanie et l’Australie. J’ai été impressionnée, lors de ces voyages, par ton calme, ta patience, ta soif d’apprendre et ton ouverture à vivre de nouvelles expériences tout en prenant soin des autres. En Thaïlande, tu as vécu la menace d’un tsunami sans même sourciller. En Australie, tu as fait preuve de patience lors de nos longues heures de route, toujours enthousiaste à l’idée de découvrir de nouveaux lieux. En Jordanie, je te voyais du coin de l’œil veiller sur ton frère, les yeux plein de fierté, et ça gonflait mon cœur de mère de bonheur.

Tu as fêté ton sixième anniversaire sur trois continents, avec trois gâteaux différents à Dubaï, à Paris et à Sydney. Un vrai globe-trotteur!

Le retour au Québec

Nous sommes rentrés au Québec l’été de tes sept ans. Ce retour au Québec, je l’ai anticipé… Surtout pour toi! J’avais peur que tes amis de Dubaï te manquent trop, que ce soit difficile pour toi de créer de nouvelles amitiés. J’avais vécu un retour d’expatriation à peu près au même âge quand j’étais enfant et je savais que ce genre de transition implique de nombreux défis. Je t’ai clairement sous-estimé, car tu as réussi à bien t’adapter au retour. Tu as poursuivi tes cours de piano et de karaté (même si les enseignements étaient très différents d’un pays à l’autre), tu as fait la connaissance de nouveaux amis, tu es devenu grand frère pour une deuxième fois, tout en continuant de multiplier les réussites dans tous les domaines.

Tu m’impressionnes chaque jour par tes grandes qualités : ton ouverture aux différences, ta joie de vivre, ton enthousiasme, ton humour, ton intelligence, ta créativité, ta persévérance et ta détermination. Tu es un garçon plein de talents et fidèle à ses passions. Depuis notre retour au Québec, tes anniversaires ont tous été sur le thème de Star Wars… Et ce sera encore le cas cette année! J’admire ta capacité à accueillir la nouveauté, tout en demeurant profondément attaché au passé, aux choses et aux gens que tu aimes. Toutes ces belles qualités me rendent très fière de toi.

Bref, tu es un vrai rayon de soleil dans chacune de mes journées… et de mes voyages! Car oui, nous sommes de retour, mais les voyages continuent de ponctuer notre vie. C’est toujours un plaisir de partager ces moments avec toi, surtout en sachant que tu les apprécies autant que moi.

Mon grand, en ce jour spécial, sache que je t’aime profondément. Je n’aurais pas pu rêver d’un fils plus extraordinaire que toi. Tu m’as appris tellement de choses depuis ta naissance : à rire de mes erreurs, à faire de meilleurs choix, à prendre le temps de te regarder grandir, à vivre le moment présent… Ce n’est pas facile tous les jours d’être l’aîné et je m’en rends bien compte. Je ne suis pas une maman parfaite; avec toi, j’enchaîne les premières fois et les erreurs. Je fais de mon mieux, tout en apprenant avec toi à devenir meilleure chaque jour.

Je nous souhaite encore plein de merveilleux moments à vivre ensemble. xxx

Une nuit au zoo : notre visite d’Anima Lumina

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Lorsque j’ai fait le bilan de la première année d’existence du blogue il y a un mois, j’ai réalisé que j’y parlais bien peu de mon quotidien. Entre deux voyages ou expatriations, c’est au Saguenay-Lac-Saint-Jean que j’ai choisi de vivre en 2006, lorsqu’une occasion professionnelle s’est présentée à moi. Je n’ai jamais regretté ce choix, ma région d’adoption étant, à mes yeux, un environnement parfait pour se poser avec des enfants. Cette année, j’ai bien l’intention de vous faire découvrir mon univers en vous parlant davantage de nos activités familiales quotidiennes dans notre coin de pays. Dès aujourd’hui, c’est donc notre découverte du week-end qui est à l’honneur sur le blogue : Anima Lumina.

Notre visite d’Anima Lumina

Cette année, le Zoo de Saint-Félicien innove avec son parcours nocturne intitulé « Anima Lumina ». Ouvert depuis le 14 juillet, jour de mon anniversaire, il n’en fallait pas plus pour me convaincre d’embarquer ma petite troupe afin de découvrir ce lieu magique. Mais de quoi s’agit-il exactement?

Anima Lumina est une création de Moment Factory. C’est un parcours nocturne d’une longueur de 1,5 km, en plein cœur du zoo endormi, qui promet aux visiteurs une expérience sensorielle unique à l’aide de lumières, de jeux d’ombres et d’effets sonores. C’est du moins ce que je savais sur ce lieu avant de m’y rendre! Le matin de notre visite, j’ai avisé les enfants des grandes lignes du projet : Nous allions partir en fin de journée en road-trip pour nous rendre au zoo que nous allions visiter une fois la nuit tombée…

Ils étaient excités comme des puces à cette idée et posaient de multiples questions :

Mon fils cadet : On va se mettre en pyjama pour visiter le musée du zoo?

Mon fils aîné : Non, ce n’est pas un musée, je te l’ai déjà dit et faut s’habiller [grand soupir d’exaspération].

Mon fils cadet : C’est quoi alors? Un spectacle? J’comprends pas. On va manger une collation là-bas? [sujet toujours de première importance dans notre famille!]

Mon fils aîné : C’est sûr. Je ne sais pas trop ce que c’est, mais on va marcher dans le zoo pendant la nuit, on va se coucher tard et maman a dit qu’on mangerait une crème glacée. Ça va être cool.

Mon fils cadet : Super! On part maintenant? C’est l’heure là? C’est long avant de partir! Je suis tanné d’attendre là, c’est trop long… [à répéter en boucle pendant plusieurs heures]

Après avoir acheté nos billets en ligne, nous avons quitté la maison vers 19h30 pour nous rendre au zoo en prévision de la représentation de 22h00. Nous avons demandé aux enfants de faire la sieste pendant le trajet (environ 135 kilomètres) en espérant qu’ils ne soient pas trop fatigués pour profiter de la visite (ils ont l’habitude de se coucher tôt). En route, nous avons fait une petite halte pour regarder le soleil se coucher sur le lac.

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Une fois sur place, nous avons récupéré nos bracelets. L’ambiance était à la fête : beaucoup de personnes étaient au rendez-vous, mais tout était bien organisé avec de nombreux employés sur place pour fournir des précisions et orienter les visiteurs en fonction de leurs besoins. Nous avons profité du feu extérieur pour nous réchauffer, tout en tartinant généreusement les enfants de produit contre les moustiques. Nous avons débuté le parcours vers 22h30. Afin que chaque famille ou petit groupe profite au maximum de l’expérience, les départs étaient espacés de quelques minutes. De cette façon, nous avions l’impression de vivre l’aventure entre nous, comme si nous étions seuls à découvrir ce lieu enchanté. Au début du parcours, seules quelques lumières nous indiquaient le chemin à suivre. Nous nous sommes tranquillement enfoncés dans la forêt, avec ces yeux lumineux qui semblaient nous guetter dans la nuit noire. La magie opérait déjà! Alors que notre vue s’habituait tranquillement à l’obscurité, nous avons aperçu une lueur verte qui illuminait joliment une chute d’eau. Après avoir traversé un petit pont, un panneau indiquait le début du parcours. Nous avions pourtant déjà l’impression d’avoir débuté l’aventure!

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Nous avancions tranquillement dans la forêt, alors que la nuit nous enveloppait. Des bruits de bêtes suscitaient la curiosité des enfants et leurs petits yeux étaient émerveillés par les lueurs qui coloraient le ciel à la manière d’aurores boréales. La fiction se mélangeait à la réalité, brouillait nos repères et nos certitudes. Ces ombres sont-elles réelles ou le fruit d’une projection habilement orchestrée? Quelle lune est la vraie? Ces bruits proviennent-ils des animaux du zoo ou d’un enregistrement sonore? Ces questions qui nous habitaient au cours des premières minutes du parcours ont rapidement laissé place à l’enchantement. À quoi bon distinguer le vrai du faux quand on vit une expérience aussi magique!

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Alors qu’on s’habituait à peine au circuit, une animation a pris vie derrière les arbres. On y a découvert un petit garçon qui tentait d’approcher des animaux sauvages. Accompagné de son chien, l’enfant cherchait à communiquer avec les bêtes dans un décor rouge et jaune. La scène était à la fois belle et émouvante. Nous avons poursuivi notre chemin jusqu’à un lieu mystérieux, entouré de fumée colorée. Nous avions l’impression de rêver tellement l’endroit semblait surréaliste. Les enfants essayaient d’attraper ces bouts de ciel et prétendaient marcher sur des nuages.

Nous avons quitté cette bulle de rêve à regret pour traverser une série de ponts suspendus. De chaque côté, des yeux s’allumaient dans la nuit. Nous entendions des bêtes se frayer un chemin entre les arbres, disparaître pour réapparaître un peu plus loin. À la fois inquiets et excités, les enfants agrippaient leurs petits doigts à nos bras en laissant échapper quelques cris d’étonnement.

Qu’est-ce que c’est maman? Des loups? 

Puis, nos pas incertains nous ont guidés jusqu’à une deuxième scène, où nous avons retrouvé le garçon de la forêt devant une lune immense. Jouant à créer des ombres chinoises, il attirait à lui une chouette, qui déployait ses ailes majestueusement. Avec les effets sonores qui accompagnaient chaque mouvement des personnages, l’ensemble était d’une beauté saisissante.

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Alors que nous pensions le parcours terminé, une dernière scène nous attendait. Simple et épurée, elle consistait en une série d’ombres qui prenaient forme sur les épinettes et la rivière. Pas de lumières éclatantes, seulement des silhouettes noires qui se dessinaient à tour de rôle sur ce tableau naturel. On y reconnaissait le garçon de la forêt, accompagné d’orignaux, de ratons laveurs, d’oiseaux, d’ours et de poissons, tous en mouvement au rythme de la musique. Un spectacle fascinant qui terminait bien ce parcours empreint de magie.

Nos conseils pour une visite réussie en famille

  • Les places étant limitées pour chaque représentation, il est préférable de réserver vos billets en ligne à l’avance.
  • N’oubliez pas de prévoir de l’eau, une collation, du produit contre les moustiques et des vêtements chauds.
  • Si vous souhaitez prendre des photos, n’oubliez pas votre trépied… Sinon, vos photos seront floues (comme les miennes!).
  • Si vous planifiez faire la visite avec de jeunes enfants, mieux vaut les préparer à l’aventure puisque le parcours peut générer des craintes à certains moments.
  • Prenez le temps de vivre l’aventure à votre rythme, sans vous presser.
  • Étant donné l’heure tardive de l’activité, n’hésitez pas à dormir à proximité… Il y a beaucoup à découvrir dans la région!

Itinéraire gourmand en Corée du Sud

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Il y a une semaine à peine, j’étais en Corée du Sud et j’ai le sentiment qu’une partie de moi s’y trouve encore… Comme au lendemain d’une soirée festive, des sensations contradictoires m’habitent. Je me sens à la fois fatiguée et pleine d’énergie, heureuse et nostalgique, lucide et étourdie, comblée et en manque de ce pays qui a tenu mes sens en éveil pendant deux semaines.

Je rentre profondément marquée de ce séjour de courte durée, mais tellement intense. En Corée, je me suis sentie gourmande comme jamais. J’avais envie de tout voir, de tout goûter, de tout essayer. En 15 jours, malgré nos obligations professionnelles et la présence de notre fille, nous avons enfilé près de 2000 kilomètres sur la route. Pourtant, la Corée du Sud est un petit pays, qui couvre une superficie équivalente à la région où nous habitons au Québec, le Saguenay-Lac-Saint-Jean. Petit peut-être, mais un pays tellement diversifié! Que ce soit en termes d’architecture, de cuisine, de festivals, de paysages ou de croyances, chaque région se distingue et possède une personnalité bien affirmée.

Alors que je cherchais une façon de vous résumer notre itinéraire au « Pays du matin calme », une idée s’est imposée à moi. Je devais vous mettre en appétit en vous présentant nos découvertes culinaires à travers le pays. Au fil des dix grandes étapes de ce séjour, laissez-moi vous guider pour un festin aux saveurs variées aux quatre coins de la Corée du Sud!

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Les 10 étapes de notre itinéraire gourmand en Corée du Sud

1. S’initier aux bases de la cuisine coréenne à Séoul

Nos quatre journées à Séoul nous ont permis de nous initier aux bases de la cuisine coréenne en goûtant un éventail de plats qui nous étaient pour la plupart inconnus auparavant. C’était l’endroit idéal pour faire nos apprentissages, car il était plus facile de trouver une personne parlant anglais afin de nous fournir quelques explications. Voici donc les principaux apprentissages que nous avons faits à Séoul!

D’abord, il faut savoir que tout repas coréen s’accompagne de banchan (petits plats) et de kimchi. Le nombre de banchan est très variable d’un repas à l’autre, allant de trois (lors d’un repas ordinaire) à plus de 20 lors d’un jeongsik (buffet). Le kimchi est, pour sa part, présent à tous les repas, petit-déjeuner inclus! Il s’agit de légumes marinés et fermentés en saumure avec différents condiments et épices (ail, poudre de piment rouge, gingembre, etc.). Le plus courant est le baechu kimchi, à base de chou chinois, mais il en existe plus de 180 déclinaisons. Chaque famille ou restaurant possède sa propre recette qui est transmise de génération en génération. Trois condiments de base accompagnent aussi la plupart des repas coréens, à savoir : le ganjang (sauce de soja), le doenjang (pâte de soja fermentée) et le gochujang (pâte de piment rouge).

Comme c’est souvent le cas en Asie, on retrouve plusieurs plats à base de nouilles et de riz en Corée. De notre côté, nous avons beaucoup apprécié les soupes coréennes, généralement composées de légumes et de viandes dans un bouillon doux ou épicé. En été, certaines soupes sont servies froides, alors mieux vaut demander des précisions en cas de doute.

Les desserts ne font pas partie des traditions culinaires en Corée, mais certains restaurants offrent du sujeonggwa à la fin du repas, une boisson à la cannelle et au gingembre (je n’ai pas été convaincue!). Par contre, dans les cafés et les stands de rue, de nombreuses douceurs attendent les visiteurs. La cuisine coréenne de rue est très variée, allant des gâteaux de riz (tteokbokki) et des crêpes (hotteok) à des plats plus consistants comme le dakkocchi (brochettes) et les sundae (saucisses aux légumes et aux nouilles). On trouve partout de quoi se mettre sous la dent!

En ce qui concerne les boissons, tous les restaurants servent de l’eau (mul) ou du thé (servi froid ou chaud selon les établissements). En revanche, le café (keopi) peut être plus difficile à trouver à bon prix. Il s’agit souvent de café instantané beaucoup trop sucré, mais certaines chaînes coréennes (ex. Angel-in-us) et étrangères (ex. Starbucks) se multiplient un peu partout dans le pays. Il faut toutefois s’attendre à payer entre 4000 et 10 000 wons (4-10$) pour un bon café. Les boissons alcoolisées de prédilection sont le soju, un alcool fort, et le makgeolli, un breuvage laiteux à base de riz. On trouve aussi facilement de la bière (généralement blonde, légère et de grand format) un peu partout.

À Séoul comme ailleurs dans le pays, on mange plus souvent assis au sol que sur une chaise à l’occidentale. Il faut alors bien penser à enlever ses chaussures! Lorsque la table n’est pas mise, on retrouve une boîte contenant des baguettes et des cuillères à l’une de ses extrémités. En Corée, les repas sont perçus comme une activité sociale et certains plats sont proposés pour un minimum de deux personnes. Certaines règles s’appliquent aussi lors des repas. Il faut éviter de toucher la nourriture avec ses doigts (à l’exception des ssam), de se moucher à table ou de tenir son bol de riz à la main, ne pas laisser ses baguettes ou sa cuillère dans un bol de riz (un geste tabou en Corée), servir à boire aux autres et pas à soi-même, ainsi que verser la boisson et tenir son verre à deux mains. Malgré tout, les Coréens sont très tolérants envers les faux pas des étrangers et font tout leur possible pour simplifier la vie des parents qui voyagent avec un enfant. Par exemple, dans plusieurs restaurants, les serveurs pensaient à donner une fourchette à notre fille ou proposaient de lui faire cuire des œufs lorsque le menu était très épicé (sans même charger de supplément!).

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2. Découvrir le célèbre bibimbap de Jeonju

Jeonju est célèbre pour sa spécialité traditionnelle, le bibimbap, probablement la plus populaire de la Corée (après le kimchi). Il s’agit d’un plat qui paraît fort simple à première vue, mais pouvant nécessiter plus d’une trentaine d’ingrédients différents selon les recettes. De façon générale, ce plat est composé de légumes, de viande et de riz, le tout coiffé d’un oeuf au plat. Lorsqu’il est servi, les ingrédients sont bien séparés dans l’assiette de façon à rappeler les cinq couleurs primaires de la gastronomie coréenne, à savoir : le blanc, le jaune, le vert, le rouge et le noir qui représentent les cinq éléments (bois, feu, terre, métal, eau). Comme son nom l’indique (bibim – mélanger; bap – riz), il faut mélanger tous les ingrédients avant de le déguster, en ajoutant plus ou moins de pâte de piment fermentée (gochujang) en fonction des goûts.

3. Goûter les nouilles au thé vert de Boseong

Boseong figure parmi mes plus beaux souvenirs de la Corée du Sud. C’est dans cette ville que nous avons eu la chance de visiter la plantation de thé Daehan Dawon. Avec ses millions de théiers à flanc de colline, le lieu est d’une beauté à couper le souffle et nous y avons fait une balade fort agréable. Au-delà de l’aspect photogénique des théiers qui s’alignent à perte de vue, Boseong offre l’occasion parfaite pour goûter le thé vert du pays, puisque la région est responsable de 40 % de sa production. C’est juste avant l’entrée du site, au restaurant Heaven, que nous avons goûté les nouilles au thé vert qui constituent une spécialité régionale, de même que le bibimbap cuisiné au thé vert. Le restaurant de la plantation propose aussi de goûter au jajangmyeon, un plat à base de nouilles au thé vert accompagné d’une sauce aux haricots noirs. Sur le site, plusieurs autres produits à base de thé vert sont proposés, allant de la traditionnelle tasse de thé en passant par la glace, le milk-shake et les biscuits.

4. S’offrir un banquet de fruits de mer à Suncheon

Nous avons adoré la Baie de Suncheon et ses paysages aussi magnifiques que variés. Après plusieurs kilomètres de marche dans cette réserve naturelle, nous étions affamés. Nous avons donc pris la décision de nous arrêter au premier restaurant que nous avons croisé sur la route, alors que nous repartions en direction de notre hôtel situé à Yeosu. Une fois sur place, une serveuse nous a indiqué une table en nous pointant du doigt son menu qui était affiché au mur. Le problème, c’est que ce menu était écrit en hangeul, le système d’écriture coréen. En utilisant différents signes, nous avons fait comprendre à la serveuse que nous ne comprenions pas le menu, mais elle ne parlait pas anglais et nous étions les seuls touristes du restaurant. Nous avons finalement décidé d’essayer les plats qu’elle proposait, sans toutefois comprendre ce que c’était. Nous n’avons pas regretté ce choix qui nous a permis de goûter à un jeongsik à base de fruits de mer, c’est-à-dire un buffet de plusieurs plats (poissons, soupe, coquillages, crustacés, riz, nouilles, œufs) et de banchan. Un véritable festin!

5. Savourer un jeongol dans le Parc National maritime de Hallyeo

Notre itinéraire nous a ensuite entraînés vers les routes côtières des îles du Parc National maritime de Hallyeo. Nous avons eu l’impression de pénétrer dans une autre époque en roulant sur l’île de Namhae. De superbes panoramas défilaient sous nos yeux : rizières, vallées qui plongent dans la mer, villages de pêcheurs avec leurs jolies maisons au toit bleu. Tout était magnifique, sauf le temps qui était plutôt gris et pluvieux. Nous avons dû nos résigner à visiter sous la pluie. C’est au petit port de Mijo que nous avons décidé de nous arrêter. Quelques restaurants proposaient des produits de la pêche locale, bien mis en évidence dans des petits aquariums à l’entrée. Nous sommes entrés dans le premier que nous avons aperçu afin de nous protéger de l’averse qui faisait rage. Encore une fois, le menu était en coréen et le personnel ne parlait pas anglais, mais tout était divin. C’est là que nous avons dégusté notre premier jeongol, un genre de soupe épaisse ou de cassolette. Les ingrédients crus sont placés dans une poêle à même la table, puis recouverts d’un bouillon épicé.

6. Choisir son poisson et le déguster au marché de Jagalchi  de Busan

Ville côtière, Busan propose une cuisine à base de produits de la mer. Nous avons adoré déambuler au marché de Jagalchi, où de nombreuses créatures de la mer sont vendues, fraîchement pêchées ou encore séchées (notre fille a adoré les petits poissons séchés qu’elle avalait comme des chips!). Au rez-de-chaussée, il s’agit de choisir la bête qui nous intéresse pour ensuite la déguster au deuxième étage. C’est à cet endroit que nous avons goûté le saengseonhoe (poisson cru en lamelles) qui est très populaire sur la côte et qui s’agrémente de chogochujang (sauce au piment rouge), de sauce soya, d’ail et de wasabi, le tout roulé dans une feuille de laitue, de sésame ou d’algue (ssam). Nous avons eu droit à une petite démonstration de la serveuse avant de nous lancer! Une fois l’assiette de poisson engloutie, le repas est complété par un bol de maeuntang (soupe de poisson).

7. Profiter de petites douceurs à Gyeongju

Étant donné que nous voulions visiter plusieurs sites dans les environs de Gyeongju, nous y avons passé trois nuits dans une maison d’hôtes. En pleine campagne, nichée dans les montagnes, cette maison disposait de grandes chambres dans lesquelles nous pouvions nous faire à manger. À l’extérieur, des tables étaient disposées dans une aire commune et chacune d’elles était munie d’un barbecue. Au cours de nos quatre journées passées à Gyeongju et ses environs, nous avons donc profité de ces installations pour faire une pause des soirées au restaurant et nous préparer nous-mêmes de petits festins à base de produits coréens. Malgré tout, nous avons goûté plusieurs plats à Gyeongju. Ma fille qui adore les plats sucrés était ravie de goûter le soboro (pain frit fourré d’une pâte à base d’haricot rouge) et l’incontournable Gyeongju bbang (une petite pâtisserie ronde farcie de haricot rouge). Près du parc des Tumuli, quelques restaurants permettent aussi de goûter le ssambap (riz et viande enveloppés de laitue) et le kalguksu (plat à base de nouilles faites à la main), deux spécialités locales. Mais notre repas préféré fut dégusté dans le petit village traditionnel de Yangdong, où nous avons mangé un bulgogi, de fines tranches de boeuf marinées. J’ai compris trop tard (en voyant les assiettes d’autres touristes) que l’endroit servait aussi des plats à base de lotus. Ce sera pour une prochaine fois!

8. Manger comme les moines à Haiensa

Après les plaisirs épicuriens de Gyeongju, nous avons vécu une expérience complètement différente lors de notre séjour à Haiensa, un temple bouddhiste, par le biais du programme Templestay. Nous avons choisi le programme Freestyle, qui permettait de vivre l’expérience avec moins de contraintes puisque nous étions accompagnés de notre fillette de 20 mois. Je vous reparlerai plus en détails de cette expérience unique dans un prochain billet, mais je voulais tout de même aborder la question de la nourriture. Avant de mettre les pieds à Haiensa, tous les Coréens que nous avions croisés et à qui nous avions confié ce projet étaient complètement hilares. Monsieur Moon, notre hôte à Gyeongju, nous avait mis en garde :

Attendez-vous à dormir au sol et à manger de l’herbe!

Certes, les repas pris au temple ont été plutôt simples, mais pas aussi épouvantables que ce à quoi nous nous attendions. Le plus difficile était sans contredit le fait de ne pas boire de café le matin et de manger la même chose à tous les repas, à savoir du riz, du kimchi, du tofu, de la soupe, des épinards et du thé hyper dilué. Heureusement, entre les repas, les moines offraient des fruits, des chocolats et du sikhye (boisson au riz avec des grains de riz) à notre fille qui en était rendue à hurler à la vue d’un bol de riz (pas l’idéal lorsque nous devons normalement manger dans le silence le plus complet!). En sortant du temple, je n’avais qu’une idée en tête : boire un grand café et manger un petit-déjeuner digne de ce nom! Nous avons fait un arrêt au premier restaurant qui semblait ouvert. Le propriétaire nous a accueillis avec un large sourire en nous servant des cafés (malheureusement très sucrés). Nous avions un peu l’impression d’entrer chez un ami. Il nous a désigné une table qu’il occupait manifestement avant notre arrivée, car plusieurs journaux y étaient empilés de même qu’une tasse de thé entamée. Il a gentiment proposé de nous cuisiner des pancakes. L’espace d’un instant, une image de crêpes inondées de sirop d’érable s’est logée dans mon esprit… Jusqu’à ce que je me retrouve devant ce plat de légumes et de mollusques, accompagné d’une soupe de poulet. Surprenant, mais aussi délicieux! 

9. Se régaler de maquereau à Hahoe

La région d’Andong est réputée pour son ragoût à la viande de chien de même que les larves de vers à soie bouillies, deux plats que je n’avais définitivement pas envie de goûter lors de mon séjour en Corée du Sud. La viande de chien est un sujet sensible en Corée. Si certains dénoncent les conditions d’élevage et parfois d’abattage, d’autres continuent de consommer cette viande avec plaisir, surtout lors des fortes chaleurs estivales. On retrouve aussi de nombreuses soupes de chien, notamment la yeongyangtang, la bosintang et la sacheoltang. Heureusement, lors de notre journée à Hahoe, nous avons découvert que la région est également reconnue pour son maquereau, perçu comme le meilleur du pays, et ce, bien que la ville soit située à 70 kilomètres de la mer. Avant de visiter le village traditionnel, nous avons donc pris le temps de savourer ce poisson délicieux.

10. Faire l’expérience du barbecue coréen à Suwon

Dès que j’ai mis les pieds en Corée, j’ai été habitée par une envie irrépressible de manger un barbecue coréen, un concept que nous avions déjà expérimenté à Hawaii. Pour différentes raisons indépendantes de ma volonté, j’ai dû attendre notre séjour à Suwon pour goûter cette spécialité du pays. C’est dans cette ville que j’ai eu l’occasion de manger dans deux restaurants qui se spécialisent dans cette cuisine. Dans ceux-ci, chaque table dispose d’un petit grill, parfois carrément incrusté dans la table. On y retrouve de la viande de boeuf (galbi), de porc (dwaeji) et différents fruits de mer. Le principe est de préparer sa viande soi-même, mais les serveurs ont tendance à vouloir assister les étrangers. Une fois cuite, la viande est enroulée dans des ssam que l’on peut garnir d’ail, de poivron vert et de ssamjang (sauce au piment rouge et aux graines de soja).

Vous avez maintenant une idée des grandes lignes de notre itinéraire gourmand en Corée du Sud. D’autres articles suivront sur le blogue afin de nous parler plus en détails des différentes étapes de notre séjour.

La plus belle ruine de France #EnFranceAussi

La France Antique

Ce mois-ci, j’ai décidé de participer pour une première fois au rendez-vous mensuel #EnFranceAussi, organisé par Sylvie du blogue Le coin des voyageurs et sous la responsabilité de Mitchka de Fish and Child. Le thème à l’honneur pour le mois de juillet est « La France Antique » et je dois dire que j’ai longuement hésité avant de choisir un lieu spécifique… À la maison, nous sommes cinq et je suis la seule à ne pas avoir la nationalité française (faudrait bien que je fasse les démarches un jour!), mais la France demeure un pays dont je me sens très proche et que je visite régulièrement. Toutefois, vivant au Québec, je peux difficilement faire une visite de dernière minute pour développer un contenu « sur mesure » en lien avec la thématique choisie. Je devais donc trouver un lieu que nous avions déjà visité… Malheureusement, mes derniers séjours en France ne me permettaient pas d’écrire un article en lien avec la période de l’Antiquité. J’ai donc décidé d’élargir le thème pour tout simplement vous parler d’un lieu très ancien… J’ai spontanément pensé aux châteaux de la Loire et à ceux de la région des Yvelines, mais ces deux thèmes ont déjà fait l’objet d’articles sur le blogue. Puis, alors que je visitais un temple en Corée du Sud la semaine dernière, j’ai eu un déclic : j’allais vous parler de l’Abbaye de Jumièges, la plus belle ruine de France.

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Contexte de ma visite à Jumièges

En 2010, nous avons visité notre famille française en région parisienne, une tradition que nous essayons de répéter chaque année. À l’époque, nous avions un seul enfant, mais c’était déjà important pour nous de voyager en couple à l’occasion, tout en permettant à notre fils de nouer des liens avec sa famille française. Après une semaine dans la maison familiale de mon mari, nous sommes donc partis à l’aventure en amoureux en mettant le cap sur la Normandie. Après Honfleur, Étretat, Fécamp et un peu de farniente sur les plages de la côte fleurie, nous avons fait un arrêt à Jumièges avant de continuer notre road-trip vers Rouen et de rentrer en région parisienne.

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Itinéraire de notre road-trip en amoureux

Notre visite de la plus belle ruine de France

C’est un peu par hasard que nous avons décidé de faire cet arrêt à Jumièges. Après une pause gourmande à l’Auberge du Bac, située en bordure de la Seine, nous sommes partis découvrir les lieux. Je n’entretenais pas d’attentes particulières à l’idée de visiter ce lieu qui m’a pourtant profondément émue dès que m’en suis approchée. Avec ses tours de près de 50 mètres de haut, soit les plus hautes de l’architecture romane normande, l’Abbaye de Jumièges était loin de faire figure de ruine à mes yeux; au contraire, elle dominait fièrement les boucles de la Seine et rivalisait de beauté avec la campagne environnante. Entourée d’un parc à l’anglaise de 15 hectares, l’abbaye nous proposait un véritable voyage dans le temps dans un cadre absolument fabuleux. Pas étonnant qu’elle soit qualifiée de « plus belle ruine de France »!

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Fondée vers 654, l’histoire de l’abbaye fut marquée de nombreuses destructions, suivies de rénovations. Dès 841, elle fut dévastée par les Vikings. Par la suite, elle fut endommagée à de nombreuses reprises, notamment lors de la révolution française au cours de laquelle les cloîtres ont été détruits et les pierres de l’abbaye utilisées pour construire d’autres bâtiments dans les environs. C’est seulement au milieu du XIXe siècle que le processus de destruction cessa. La reconstruction de Jumièges n’a pas été envisagée, bien que des travaux aient régulièrement lieu afin d’assurer la sécurité du site et de préserver ses structures.

61154_430488296518_770414_n59226_430487011518_1896577_nNous avons adoré nous promener sur le site de l’abbaye, dont le décor s’harmonise parfaitement à la nature qui l’entoure. Avoir les pieds dans l’herbe tout en se tenant à l’intérieur des vestiges d’anciens bâtiments est une expérience unique. Bien que la nature s’invite entre les pierres et les cloisons de l’abbaye, ses ruines permettent encore de distinguer certaines composantes de sa structure d’origine : ses murs, sa façade, ses tours, ainsi qu’une partie de l’église Saint-Pierre.

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Outre son abbaye qui est une activité phare de la ville, Jumièges est aussi bien connue pour ses légendes, notamment celles des énervés et du loup vert. Ma préférée demeure toutefois celle qui concerne l’église Saint-Valentin, nommée ainsi en l’honneur du saint du même nom qui aurait, selon la légende, délivré la ville d’une invasion de rats.

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Un petit concours, ça vous tente?

Les participants du rendez vous #EnFranceAussi et les éditions Gallimard vous proposent un concours pour tenter de gagner un GeoGuide sur les Pyrénées. Il vous suffit de commenter ce billet avant le 15 Juillet ET de laisser un commentaire sur la page Facebook du rendez-vous, (en indiquant le nom de mon blogue). Afin de multiplier vos chances de gagner, n’hésitez pas à commenter les articles des autres participants. Toutes les règles du jeu sont disponibles ici.

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Corée du Sud : premières impressions et anecdotes

Corée du sud

Après deux semaines en Corée du Sud, nous avons envie de vous livrer nos premières impressions « à chaud » sur cette destination, alors que nous venons tout juste de rentrer au Québec. Voici donc nos premières impressions et anecdotes sur ce voyage à la fois professionnel et familial!

La Corée, c’est drôlement loin

À partir du Québec, la Corée est une destination qui nécessite plusieurs heures de déplacements. Pour nous, le trajet en avion a débuté à Montréal, après plus de 500 kilomètres sur la route à partir du Saguenay. Nous avons ensuite pris un premier vol d’une durée de six heures pour nous rendre à Los Angeles. Après une brève escale, nous avons poursuivi le voyage avec un dernier vol de 13 heures en direction de l’aéroport d’Incheon. Nous étions enfin en Corée, mais 50 kilomètres nous séparaient encore de Séoul, où nous avons logé les quatre premières nuits de ce séjour.

En bref, nous sommes partis le 24 juin pour arriver à destination le 26 juin, le tout avec une fillette de 20 mois.

Tout s’est  bien déroulé malgré la fatigue. Notre princesse n’a pas beaucoup dormi au cours du premier vol, mais elle était enjouée et d’humeur agréable. Il faut dire qu’en dix ans, nous avons développé quelques trucs pour voyager avec des enfants. Au cours du deuxième vol, notre fille s’est endormie, ce qui nous a permis d’en faire autant. Nous sommes arrivés à Séoul à 5h00 du matin et nous avons rapidement pris le rythme de la ville.   

Bien que le voyage se soit bien déroulé, nous avons senti que notre fille était particulièrement fatiguée au cours des premiers jours. À Séoul, elle a peaufiné l’art de bouder en développant un côté théâtral particulièrement dramatique. Lorsqu’elle était contrariée, que ce soit parce qu’elle n’aimait pas le verre dans lequel nous lui servions de l’eau ou encore en raison de notre incapacité à comprendre assez rapidement qu’elle en avait marre d’être dans sa poussette, elle fondait en larmes et se jetait par terre, tête contre le sol, en hurlant plus ou moins fort selon l’importance que l’offense avait à ses yeux… Elle était inconsolable, jusqu’à ce qu’un Coréen ou une Coréenne lui adresse la parole. Elle se transformait alors en véritable petit ange et arborait un large sourire en disant : « Allo! ». La transformation se faisait en une fraction de seconde, le temps de claquer des doigts! Sacrée coquine celle-là! Heureusement, elle s’est rapidement adaptée quelques jours après notre arrivée, une fois reposée de son long voyage, avec quelques rechutes à l’occasion.

La Corée, c’est dépaysant

Dès que nous avons pris notre vol en direction de la Corée, nous avons senti que nous étions très exotiques pour les autres voyageurs (majoritairement Coréens). Nous étions, ma fille et moi, les deux seules blondes de l’avion. Cette impression s’est amplifiée une fois à Séoul. Les Coréens nous photographiaient à chaque coin de rue, offraient des cadeaux à notre fille (bonbons, breuvages, jouets, nourriture, etc.), touchaient nos bras et nos cheveux. J’avais déjà vécu ce genre d’expériences auparavant, que ce soit en Tunisie, en Jordanie, à Oman et – dans une moins large mesure – en Thaïlande, mais c’était plus intense cette fois, probablement en raison du sourire ravageur de notre fille qui adore charmer les étrangers. De façon générale, les gens nous demandaient la permission avant de nous photographier et le faisaient respectueusement. J’ai seulement vécu une situation déplaisante dans un restaurant où je disposais de baguettes de forme inhabituelle que je manipulais difficilement, ce qui semblait amuser ma voisine de table qui m’a filmée pendant tout le repas (super agréable!).

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Au-delà de l’effet attractif que nous semblions avoir sur la population locale, la Corée nous a aussi dépaysés sur différents plans, de la toilette sophistiquée aux multiples fonctions en passant par les règles de bienséance et la langue. Les Coréens respectent plusieurs règles sociales qui ne sont pas évidentes pour les touristes à première vue. Par exemple, il est mal vu de laisser traîner ses baguettes ou une cuillère dans un bol de riz (avec un enfant en bas âge qui n’a jamais mangé avec des baguettes, cette règle tient de l’exploit!) et il est d’usage d’utiliser ses deux mains pour donner ou recevoir quelque chose (encore faut-il avoir accès à ses deux mains, ce qui peut aussi s’avérer difficile avec un bébé!). Évidemment, nous savions que nous devions retirer nos chaussures en entrant dans une maison coréenne, un temple ou un restaurant traditionnel… En revanche, lorsqu’un petit rebord ou quelques marches séparent l’entrée du sol, nous ne savions pas qu’il ne faut surtout pas y mettre nos chaussures, même si cette surface ne semble pas étincelante de propreté, au risque d’installer un climat de panique (fait vécu!). Malgré tout, les Coréens sont très tolérants envers les étrangers et ne s’offusquent généralement pas de nos faux pas.

Si on peut la plupart du temps se débrouiller en parlant anglais à Séoul, c’est très différent dès que l’on s’éloigne de la capitale. Il faut alors être créatif et ne pas hésiter à parler avec les mains, au risque d’avoir l’air un peu étrange! Même lorsqu’ils possèdent certains rudiments d’anglais, les Coréens ont généralement un accent qui brouille un peu la conversation (quoique j’imagine qu’ils se disent la même chose lorsqu’ils nous écoutent).

Petite anecdote au moment de récupérer la voiture de location à l’aéroport, après notre séjour à Séoul :

Mon mari : I have a reservation today for a car. I will be at your office in one hour approximately. Can you tell me the terminal I need to go please?

Employé de la compagnie de location : What’s your name Sir?

Mon mari : Florent.

Employé de la compagnie de location : What? Can you spell it please?

Mon mari : F like flower, L like lama, O like Oscar…

Employé de la compagnie de location : Your name is Oscar sir?

Mon mari : Forget it, I am coming to the airport. Just tell me the terminal please.

Cette difficulté s’est amplifiée lorsque nous avons quitté Séoul pour des villages moins touristiques. Nous avons rapidement compris que les Coréens veulent dire « non » lorsqu’ils placent les mains en croix devant eux à plusieurs reprises. Toutefois, à certains moments, ils peuvent hocher la tête de façon affirmative en faisant ce mouvement de bras qui désigne une réponse négative, il devient alors un peu difficile de s’y retrouver! Ce comportement peut indiquer qu’ils n’ont pas compris notre demande et mieux vaut ne pas insister, les Coréens étant très fiers et n’aimant pas perdre la face. De la même façon, il peut être difficile de déchiffrer les cartes des restaurants et les panneaux de signalisation dans les petites villes ou en campagne, ces derniers étant seulement écrits en hangeul, le système d’écriture coréen. Mieux vaut donc se familiariser avec quelques symboles et expressions, disposer d’un GPS en français ou en anglais et, surtout, être ouverts à l’inattendu! Ce fut le cas à la baie de Suncheon, où nous étions incapables de comprendre le menu et les explications de la serveuse qui ne parlait pas anglais. Au final, nous avons eu l’agréable surprise de nous retrouver devant un festin de fruits de mer.

La Corée est accueillante

Les Coréens ont été accueillants avec nous dès notre arrivée. Ils cherchaient à nous aider et à nous expliquer leurs coutumes avec patience, nous souriaient et entraient facilement en contact avec nous. Certes, le fait de voyager avec un enfant aide à cet égard, car c’est généralement vers notre fille qu’ils se dirigeaient en premier lieu. Nos différentes rencontres ont donné lieu à des adieux touchants, avec des démonstrations d’affection parfois inattendues. Par exemple, après trois nuits dans une charmante maison d’hôtes de Gyengju, le propriétaire a pris mon mari dans ses bras manifestement ému de lui dire au revoir.

De plus, même si certains de nos choix les surprenaient et les faisaient rire (par exemple, l’idée de conduire nous-mêmes lors d’un premier séjour dans le pays ou encore de vivre l’expérience d’un Temple Stay), ils ne cherchaient jamais à nous faire changer d’idée et faisaient tout en leur pouvoir pour nous aider à réaliser nos projets. Dans certains restaurants et hébergements, mon mari les qualifiait même de « trop gentils » (il est Français, il a besoin de râler un minimum dans une journée! ;-)), car ils se tenaient toujours à notre disposition pour nous venir en aide et accouraient avant même que nous leur demandions quelque chose. Il faut dire que dans certaines circonstances, leurs attentions étaient un peu soutenues. Par exemple, lors de notre visite du temple de Bongeun, à Séoul, nous avons rencontré une vieille dame très gentille qui a fait une véritable fixation sur notre fille. Elle lui a donné un épi de maïs et elle insistait pour la voir le déguster, alors que notre fille n’aime pas beaucoup qu’on la dévisage pendant qu’elle mange. Par la suite, la dame souhaitait absolument qu’elle boive une eau ayant des vertus spéciales, bien que notre fille refuse obstinément d’y tremper les lèvres malgré nos nombreuses tentatives. Nous avons rencontré ce genre de situation à plusieurs reprises, mais nous sentions toujours beaucoup de bonté derrière cette insistance à nous voir exécuter un comportement d’une façon bien précise.

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Bien que les Coréens aient toujours été adorables lorsque nous les rencontrions dans la rue, ils se transformaient radicalement derrière un volant. Ils devenaient alors impatients et très agressifs dans leur façon de conduire. Par exemple, si nous étions sur un passage piéton avec notre fille en poussette, les automobilistes nous coupaient le passage sans ménagement. Notre pire moment fut à Busan, où les chauffeurs de taxi prétendaient entrer en collision avec notre véhicule pour que nous leur cédions le passage. À croire qu’il existe deux types de Coréens : ceux qui conduisent et les autres!

La Corée goûte bon

Dans la famille, nous adorons les plats épicés. Nous avions donc hâte de goûter aux plats coréens qui sont réputés pour être très relevés. Je dois toutefois avouer que notre premier contact avec la bouffe du pays a été plutôt négatif. Alors que nous souhaitions rejoindre la N Seoul Tower, nous avons fait un arrêt avant de prendre le téléphérique. La serveuse ne parlait pas anglais et nous a envoyé quelqu’un pour nous expliquer le menu. Je me suis retrouvée avec un repas décevant, soit une soupe (volontairement) froide et sans saveur… Il faut dire que l’endroit avait été choisi rapidement afin d’échapper à la chaleur extérieure qui était particulièrement difficile à supporter après plusieurs kilomètres de marche. Par la suite, nous avons été ravis de nos découvertes culinaires. Nous avons goûté des plats variés et savoureux dans chacune des régions que nous avons eu la chance de visiter. Je vous réserve d’ailleurs un billet spécifique sur le sujet!

La Corée est à la fois moderne et traditionnelle

La Corée du Sud se caractérise par un mélange d’ancien et de moderne, notamment symbolisé par le cercle bleu et rouge au centre de son drapeau. Si cette destination est empreinte d’un profond respect pour les traditions de l’Asie d’antan, elle est aussi industrialisée et à la fine pointe de la technologie. Cette double facette de la Corée du Sud est présente un peu partout, mais elle nous a particulièrement surpris lors de notre séjour à Haeinsa, un temple inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Dans ce lieu qui semble pourtant figé dans le passé, nous avons fait une rencontre particulièrement marquante. Après un petit-déjeuner frugal pris en silence (ou du moins ce qui s’en rapprochait le plus avec notre fille!), nous avons décidé d’explorer les ermitages des environs. Nous avons rencontré un moine en chemin, qui balayait consciencieusement l’entrée extérieure d’un pavillon. Nous l’avons salué en silence, en suivant les usages, mais il a immédiatement entamé la conversation avec nous. Cet homme avait seulement deux ans de plus que moi. Ingénieur de formation, il avait parcouru le monde avant de décider de devenir moine dix ans plus tôt. Nous avons longuement discuté avec lui, qui répondait à nos questions le plus naturellement du monde. Au moment de partir, il a timidement demandé une photo de lui avec notre fille qui, à ses yeux, ressemble à Britney Spears (j’étais contente, car je n’aurais jamais osé le photographier). Il a ensuite pris en note l’adresse courriel de mon mari pour pouvoir communiquer avec nous dans le futur. Je dois dire que j’ai été surprise par cette rencontre qui a ébranlé mes préjugés. Dans mon esprit, un moine enchaînait les séances de méditation et les inclinaisons devant l’image de Bouddha, à l’écart du monde extérieur. Je me retrouvais donc aux antipodes de cette image caricaturale, avec devant moi un moine bien renseigné sur les chanteuses pop et branché sur les nouvelles technologies.

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Je termine ici ce billet qui vous présente nos premières impressions sur la Corée du Sud, mais d’autres articles suivront très bientôt sur le blogue afin de vous décrire en détails notre road-trip dans ce merveilleux pays.