Portrait de Caro, expat à Dubaï

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Ce billet s’inscrit dans une série d’articles dressant le portrait de femmes vivant aux Émirats Arabes Unis. Provenant de différents pays, ces femmes ont des trajectoires de vie différentes : certaines travaillent, d’autres sont femmes au foyer; certaines sont musulmanes, d’autres catholiques ou athées. Mais au-delà de leurs traits distinctifs, ces femmes ont une caractéristique commune : ce sont des mamans qui vivent ou ont vécu une expatriation en famille dans l’un des sept émirats.

Après les portraits de Lina et de Geneviève, expatriées respectivement à Sharjah et à Ras al Khaïmah, je vous propose celui de Caro. À la suite d’une expatriation à Dubaï, Caro vit aux États-Unis depuis un mois et elle tient aussi l’excellent blogue I’m not here, dans lequel elle parle de ses voyages et de ses expatriations. Elle a gentiment accepté de me parler de son expérience à Dubaï.

Bonjour Caro, peux-tu te présenter brièvement (âge, pays d’origine, profession, nombre et âge de tes enfants)?

Bonjour, j’ai 34 ans et je suis Française originaire de la jolie région d’Alsace. Webdesigner, j’ai quitté mon travail pour vivre à Dubaï avec mon conjoint. Deux semaines après ma démission, j’ai appris que j’étais enceinte. Depuis, je suis maman d’une petite fille de 17 mois, née au pays des mille et une nuits.

Pourquoi avoir choisi de t’expatrier aux Émirats Arabes Unis et, plus spécifiquement, à Dubaï? Est-ce que c’était ta première expérience d’expatriation?

Nous habitions à Paris depuis cinq ans et nous avions envie de changements. Sur ce plan là, nous avons été gâtés : une expatriation et un bébé dans la foulée. De plus, nous adorons voyager depuis très longtemps et lorsque mon mari a eu l’opportunité de partir à Dubaï pour son travail, nous avons saisi l’occasion. Nous avions déjà visité Oman, juste à côté de Dubaï, et nous avions beaucoup aimé l’ambiance et ses paysages entre sable et mer.

Dans un premier temps, nous avons choisi de nous installer à Dubaï, car l’entreprise de mon mari se trouve là-bas. La question d’aller dans un autre émirat ne s’est donc pas vraiment posée. De toute façon, nous n’étions pas vraiment attirés par Sharjah et Abu Dhabi (où pas mal d’autres français sont expatriés), qui sont beaucoup plus conservateurs. Et nous ne recherchions pas vraiment un endroit où il était possible de visiter des musées et de faire des sorties culturelles. Nous voulions juste quelque chose de moderne et de confortable pour notre petite famille.

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Le quartier de la Marina, où Caro vivait à Dubaï – Crédit photo I’m not here

Tu as vécu à Dubaï combien de temps?

Nous y sommes restés deux ans. Quand nous sommes partis, nous savions que ce serait temporaire. Nous n’avions pas de durée précise en tête et nous serions bien restés encore, mais une nouvelle opportunité (celle que nous attendions depuis très longtemps) s’est rapidement présentée. Dubaï était pour nous une plateforme pour nous aider dans l’expatriation suivante, que nous vivons actuellement aux États-Unis.

Comment s’est passée ton installation?

Comme tout déménagement, ça n’a pas été de tout repos. Nous avons pris la décision d’emmener que le strict minimum avec nous et d’acheter de nouveaux meubles à Dubaï. Une partie des affaires est arrivée sur un container plusieurs mois après notre départ de Paris, le reste est dans un box de stockage pour notre retour en France. À Dubaï, le loyer se paie à l’année, difficile après les frais de déménagement et la location du box. Nous avons dû demander un peu d’aide autour de nous. Toutes nos économies y sont passées.

Nous avons fait un premier aller-retour pour chercher un nouveau logement, aidés par une agence de relocation sur place. En trois jours et une dizaine de visites, c’était quasiment réglé. J’ai la chance d’avoir un mari adorable qui s’est occupé de tout régler avant mon arrivée, pour que je puisse tranquillement me reposer pendant le premier trimestre de ma grossesse. J’aurais dû repartir avec lui, mais ce petit “contre-temps” m’a permis de profiter un peu plus de ma famille.

Peux-tu me décrire une journée typique de ta vie à Dubaï?

Mes journées étaient principalement rythmées par la petite. Le matin, nous sortions généralement sur la terrasse de notre immeuble au quatrième étage, qui donnait directement sur la marina et les bateaux. Il y avait un petit peu d’herbe, ce qui permettait à la petite de marcher pieds nus sur une texture différente. Sinon, nous faisions quelques courses à la supérette du coin sur Marina Walk. Après le repas de midi et la sieste, nous prenions le goûter à l’extérieur en allant parfois au Marina Mall avec le Water Bus ou à pied (quand il ne faisait pas trop chaud ou humide) le long de la promenade et de l’eau. En fin de journée, nous allions à la piscine de notre immeuble, mais le plus souvent nous nous dirigions vers les aires de jeux pour les enfants, aménagées sous les ponts de la promenade.

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Le Water bus menant au Marina Mall – Crédit photo I’m not here
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Une aire de jeu, le long de Marina Walk – Crédit photo I’m not here

Qu’est-ce que tu aimais le plus de ta vie à Dubaï?

J’adorais me lever le matin sans avoir à me préoccuper de comment j’allais m’habiller, la météo était quasiment tout le temps la même. Un t-shirt et un short et c’était fini. Même chose pour la petite, parfois elle sortait uniquement en body. Ne porter que des tongs, c’était vraiment le pied! Nous avions un superbe appartement (autre chose que les 50 m2 horriblement cher de Paris) avec tout le confort moderne, qui offrait une superbe vue sur la mer, l’Atlantis et le Burj Al Arab. Tous les jours, en regardant par la fenêtre, on se sentait comme en vacances.

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La magnifique vue de l’ancien appartement de Caro – Crédit photo I’m not here

Pouvoir voir la mer et le sable en un seul endroit, c’était vraiment super aussi. J’ai beaucoup aimé partir à Oman, à Zighy Bay, ou bien encore au Qasr Al Sarah, dans le désert d’Abu Dhabi. A Dubaï, il y a environ 90 % d’étrangers et 10 % d’émiratis. Pouvoir côtoyer tant de cultures juste en sortant de chez moi et goûter un peu aux traditions de chacun dans les magasins à l’approche des fêtes ou dans les restaurants étaient des expériences extrêmement enrichissantes. Et bien sûr, au risque d’en faire bondir plus d’un, la livraison du Mac Do à domicile est très sympa!

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En famille, dans le désert d’Abu Dhabi – Crédit photo I’m not here

Quels chocs culturels (ou difficultés) as-tu rencontrés pendant ton expatriation?

La principale difficulté que j’ai rencontrée a été au moment de mon accouchement. A Dubaï, plus on met le prix, plus on a l’impression d’accoucher à l’hôtel dans une chambre 5 étoiles. Le futur papa peut être présent à chaque moment et les chambres sont parfaitement aménagées en conséquence. Ce qui est vraiment génial. Sauf quand on accouche en urgences, ce qui fut mon cas. Concernant les prix toujours, plus on a une bonne assurance, plus les médecins en profitent pour vous faire passer des tests à n’en plus finir et non justifiés. Et quand on ne maîtrise pas toujours la langue, on a encore plus de mal à comprendre.

Je ne dirais pas que j’ai été choquée, mais plutôt étonnée par le nombre impressionnant de “nanny” à Dubaï. Les appartements sont même équipés d’une pièce supplémentaire pour la maid.  Il faut dire que l’enfant est roi, on croise même des enfants à 22h00 le soir sur la promenade. Certains courent devant leurs parents à des kilomètres sans qu’ils s’en inquiètent. Tous les services : ménage, pressing et livraison de nourriture sont très peu cher. A Dubaï, tout est une question d’argent

En tant que femme dans un pays musulman, as-tu été contrainte de faire des changements dans tes habitudes de vie? Si oui, lesquels?

Au plan culturel, rien n’a été contraignant pour nous. Il suffit d’un peu de logique et de respect, tout comme Dubaï le fait pour ses expatriés, et au final tout se passe bien. Par exemple, ne pas porter de tenue trop dénudée, bien que plusieurs touristes persistent à le faire. Je trouve que c’est triste de voir une femme en tenue traditionnelle et, à côté, une autre en mini-short, le ventre à l’air. Mais le plus important, c’est que ça ne semble gêner personne. Personnellement j’ai toujours préféré porter un t-shirt plutôt qu’un débardeur en allant au centre commercial. Surtout qu’avec la climatisation, il ne fait pas très chaud.

Juste à côté de notre immeuble, il y avait une tour en construction où de nombreux Pakistanais et Indiens travaillaient. Lors de nos promenades quotidiennes en fin de journée en poussette, ils attendaient que leurs bus viennent les chercher pour retourner chez eux, à l’extérieur de la ville. Du coup, quand je passais, je sentais souvent leur regard insistant sur moi. Au bout d’un moment, on n’y fait plus vraiment attention, mais la sensation était très désagréable.

Quels sont tes trois lieux préférés à Dubaï?

Le restaurant français Pascal Pepper : Il s’agit d’un restaurant à la Marina, où il est possible de manger un steak tartare avec des frites, de la quiche, du bon pain à la française et, surtout, de vrais croissants. Tout est délicieux et les serveurs parlent même français!

Le parc de Média City : Situé à la Marina, c’est un véritable oasis dans le désert pour moi, avec un lac où on trouve des tortues, des canards ou des carpes koï. J’adorais m’y promener quand j’étais enceinte. Pendant les températures extrêmement chaudes, le lac fait office de climatisation naturelle.

L’Aquarium de l’Atlantis : Un des hôtels les plus connus de Dubaï! À l’intérieur, on peut visiter les Lost Chambers. Même si l’hôtel en lui-même est hyper super mega kitch, l’aquarium est vraiment joli. L’entrée n’est pas donnée, mais il existe plusieurs formules combinées qui permettent d’économiser un peu.

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Une tortue, au parc de Media City – Crédit photo I’m not here

Qu’est-ce qui te manque le plus de ton pays d’origine lors de tes expatriations?

Les membres de ma famille, mais au final, tout le monde est content, car c’est une occasion pour eux de venir nous rendre visite et pour nous d’aller passer des vacances en France. Le plus gênant est très certainement le décalage horaire qui n’est fort heureusement pas trop grand. Autrement, je pense que le bacon, le jambon et les vrais croissants me manquaient aussi à Dubaï. Mais malgré tous les produits halal, je trouve que Dubaï fait un sacré effort pour contenter les expats, car il est possible d’en trouver dans les pork shop.

Pour finir, quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux femmes qui souhaitent vivre une expatriation familiale à Dubaï?

Se renseigner sur les quartiers où habiter avant de commencer à chercher. Avant de partir, on ne se rend pas bien compte de la taille de Dubaï et, forcément, comme partout, il y a des quartiers plus sympas que d’autres. S’inscrire dans les groupes d’accueil (comme Dubaï accueil par exemple, l’adhésion est payante mais il y a pas mal d’activités) permet de rencontrer du monde. Ce que je n’ai pas fait et que je regrette, car on se sent très vite seule, surtout avec un mari qui travaille. Avec un enfant, il existe aussi des groupes “maman-enfant”. Je trouve aussi important de se renseigner sur les moeurs et coutumes du pays, car Dubaï est une ville extrêmement ouverte d’esprit. Beaucoup de personnes ont des “a priori”, qui ne sont pas du tout fondés. Dubaï est une très belle ville où vivre, surtout pour une maman au foyer.

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Une vue sur Dubaï, du Burj Khalifa – Crédit photo I’m not here

Merci Caro d’avoir accepté de nous partager ton expérience d’expatriation à Dubaï. C’est un émirat dans lequel j’ai adoré vivre. Nous avons d’ailleurs plusieurs expériences en commun : des souvenirs d’enfance en Alsace, une expatriation familiale à Dubaï, un accouchement aux Émirats, ainsi que la naissance d’une petite fille prématurée.

Pour en savoir plus sur notre propre expérience d’expatriation à Dubaï, n’hésitez pas à consulter les articles suivants :

Vivre sur le Palm Jumeirah : entre quotidien, glamour et inégalités sociales (sur notre blogue).

Eve, expat en famille à Dubaï (sur Blog Expatriation).

 

 

 

Femme, mère et artiste à Dubaï

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Lorsque j’ai lancé ma série d’articles sur les femmes aux Émirats, j’ai fait une rencontre intéressante qui m’a donné envie d’écrire un billet en parallèle. Dubaï est bien connue pour son architecture démesurée, ses centres commerciaux délirants, ses balades à dos de dromadaire dans le désert, ses plages magnifiques et ses différents souks. Mais qu’en est-il de la vie artistique? J’ai décidé de vous en parler brièvement aujourd’hui, à travers l’expérience de Meriem Ben.

Algérienne, Meriem Ben est une artiste peintre. Âgée de 35 ans et maman de deux enfants, elle habite Dubaï depuis que son mari y a été recruté comme web designer il y a cinq ans. De son côté, elle y enseigne le français et les arts plastiques.

J’adore ma vie ici. Les plages, les espaces verts, les galeries d’art… Je me sens épanouie dans cette ville multiculturelle. Ma vie à Dubaï m’a même inspirée à compléter une collection de peintures.

Dubaï fut un « déclic » pour la dernière collection de Meriem Ben, mais sa passion pour les arts remonte à l’enfance.

Quand je me rappelle mon enfance, le premier souvenir qui me vient en tête c’est dessiner avec mes parents, mon frère et ma sœur. De nature plutôt timide, j’ai appris à exprimer mes sentiments à travers mes peintures.

Depuis 2005, Meriem Ben a participé à de nombreuses expositions. Sa passion d’enfance est devenue un élément central de sa vie de femme, une forme de thérapie. D’ailleurs, la femme est au centre de sa récente exposition, qui a lieu en ce moment même à Dubaï, au Capital Club du Centre financier international de Dubaï (DIFC).

Mais la vie d’artiste est-elle intéressante à Dubaï? Je lui ai posé la question et voilà ce qu’elle m’a répondu :

Je dirais que oui, c’est intéressant. Cela dit, c’est ma première expérience ici. Je verrai par la suite comment les choses se dérouleront. L’expo a débuté le 24 mai, il est encore tôt pour s’exprimer.

Au-delà de l’exposition de ses propres oeuvres, Meriem Ben a pu découvrir, depuis son installation à Dubaï, de nombreux endroits intéressants pour les amateurs d’arts. Elle ne rate jamais l’événement annuel Art Dubai, un festival artistique qui a lieu en mars à la Madinat Jumeirah. Elle aime aussi flâner dans les galeries haut de gamme du Centre financier international de Dubaï (DIFC), de même que découvrir les expositions temporaires organisées par la galerie Alserkal Cultural Foundation.

J’aurais beaucoup aimé rencontrer Meriem Ben en personne et avoir la chance de découvrir son exposition, mais je demeure malheureusement trop loin… Si vous avez l’occasion d’y aller, n’hésitez surtout pas et revenez partager vos impressions sur le blogue!

Je termine ce billet en vous présentant le texte associé à l’exposition ainsi que quelques oeuvres de Meriem Ben.

Femme, épouse ou maman, très souvent elle cache ses sentiments derrière ses larmes. Quand elle est blessée ou perdue, elle trouve le courage d’endurer mais parfois, elle est tentée d’abandonner. Malgré les faces sombres de sa vie, elle sait construire sa force en puisant au fond d’elle-même. Elle lutte pour protéger ses enfants. Les élever est un rude combat, mais elle résiste. Son visage est le miroir de son âme. Son existence est pleine de peine et de tristesse. Seule une femme est capable d’assumer autant de souffrance en restant debout face aux aléas de la vie.

Vie d’expat, tu me manques!

Vie d'expat

J’ai vécu une partie significative de mon existence en tant qu’expat. Pendant mon enfance, j’ai été expatriée quatre années en Allemagne avec ma famille. À l’âge adulte, j’ai eu envie de répéter l’expérience et j’ai saisi l’occasion qui s’offrait à moi en vivant une expatriation familiale de trois années aux Émirats Arabes Unis. C’est le travail de mon mari qui nous offrait cette opportunité et nous n’avons pas hésité un seul instant à la saisir… à deux reprises! Nous avons toutefois fait le choix de mettre fin à cette aventure, pour des raisons professionnelles qui m’appartiennent entièrement. Après de longues années d’études universitaires, je ne voulais pas mettre ma vie professionnelle entre parenthèses trop longtemps. J’avais obtenu le poste dont je rêvais et je ne pouvais me résoudre à devenir une femme au foyer ou à accepter un emploi que je jugeais inférieur à mes compétences. Nous sommes donc rentrés au Québec.

À ce moment-là, mon entourage me parlait en long et en large du choc du retour, mais je ne me sentais pas concernée. Je vivais parfaitement bien avec ma décision de rentrer dans mon pays qui me manquait à plusieurs égards (j’en ai d’ailleurs déjà parlé ici et ici). J’avais hâte de retrouver ma famille, mes amis, mon milieu de travail. Je débordais de projets et j’étais loin d’être déprimée à l’idée de rentrer, ce qui ne m’empêchait pas d’avoir un pincement au cœur à la pensée de quitter Dubaï, notre appartement au bord de la mer et nos amis expatriés. Ce fut évidemment une série de deuils pour nous : le dernier brunch avec nos amis, la dernière journée d’école au lycée que fréquentait notre fils aîné, les adieux avec la nounou de notre fils cadet, notre dernier souper dans notre appartement… Des adieux déchirants, mais prévus depuis longtemps. Nous vivions alors la suite logique de notre  aventure  en sol dubaïote. J’ai versé plusieurs larmes dans le taxi qui nous menait à l’aéroport. Pas parce que je faisais le mauvais choix, mais plutôt car j’avais la certitude de tourner une page importante de ma vie. C’était le cas.

Depuis notre retour, ma vie a été pimentée par différents projets, tant sur le plan personnel, familial que professionnel. Nous avons acheté une nouvelle maison, fait de nombreux voyages, relevé de multiples défis professionnels, donné naissance à un troisième enfant (une petite fille après deux garçons!). Je n’ai pas  eu le temps de m’ennuyer dans ce tourbillon d’événements et d’opportunités. Je n’ai pas véritablement vécu de choc à mon retour. J’ai repris mes activités avec enthousiasme, heureuse d’être là. Je dois dire que j’ai l’habitude de voir les choses du bon côté et d’être positive face aux aléas de l’existence. Je me sens choyée par la vie et j’essaie d’en savourer chaque instant.

Pourtant, récemment, ma vie d’expat me manque. Chaque jour.

Je n’ai pas de regret. Si c’était à refaire, je prendrais les mêmes décisions, je suivrais le même chemin. Mais parfois, lorsque je me sens débordée, comme ce fut le cas cet hiver, j’aurais envie de me retrouver sur la plage privée de notre ancien immeuble pour faire le point. Je souhaiterais avoir plus de temps à accorder à mes enfants, à mon mari, à mes parents et mes amis. Je rêve de me retrouver au quotidien dans des lieux exotiques et mystérieux… En même temps, je sais qu’il n’en tient qu’à moi de transformer mon quotidien, de créer les occasions d’aventures et de découvertes, de changer mon regard sur les trésors qui m’entourent et qui sont souvent éclipsés dans mon esprit en raison de leur aspect trop familier.

N’empêche que si j’avais le choix, en ce moment même, je passerais la journée entière sur la plage du Palm Jumeirah, à regarder le soleil qui décline sur la mer tout en écoutant le rire de mes enfants qui jouent dans les vagues.

Vie d’expat, tu me manques!

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Portrait de Geneviève, expatriée à Ras-al-Khaïmah

Portrait de Geneviève, expatriée à Ras-al-Khaïmah, Émirats Arabes Unis

Ce billet s’inscrit dans une série d’articles dressant le portrait de femmes vivant aux Émirats Arabes Unis. Provenant de différents pays, ces femmes ont des trajectoires de vie différentes : certaines travaillent, d’autres sont mères au foyer; certaines sont musulmanes, d’autres catholiques ou athées. Mais au-delà de leurs traits distinctifs, ces femmes ont une caractéristique commune : ce sont des mamans qui vivent ou ont vécu une expatriation en famille dans l’un des sept émirats.

Après le portrait de Lina, expatriée dans l’émirat de Sharjah, je vous propose celui de Geneviève. À la suite d’une expatriation dans l’émirat de Ras-al-Khaïmah, Geneviève est de retour au Québec depuis quelques mois. Elle a gentiment accepté de me parler de son expérience aux Émirats Arabes Unis.

Bonjour Geneviève, peux-tu te présenter brièvement (âge, pays d’origine, profession, nombre et âge de tes enfants)?

Je suis canadienne et ingénieure de profession. J’ai deux fils, âgés de 18 et 24 ans. Mais je ne dévoile pas mon âge! 😉

Pourquoi avoir choisi de t’expatrier aux Émirats Arabes Unis et, plus spécifiquement, à Ras-al-Khaïmah? Est-ce que c’était ta première expérience d’expatriation?

J’ai suivi mon mari pour m’installer aux Émirats. Nous avons choisi Ras-al-Khaïmah parce que c’est plus calme et plus ouvert que Dubai. On m’avait dit que c’est plus facile qu’à Dubai de s’y faire des amis, puisqu’il s’agit d’une petite communauté. Le coût de la vie y est aussi beaucoup plus raisonnable. C’était ma première expérience d’expatriation. Nous y sommes restés près de deux ans.

Comment s’est passée ton installation à Ras-al-Khaïmah?

Très bien. Avant mon arrivée, j’ai rejoint le groupe Facebook Rak Ladies Group. Ce fut très aidant pour connaître les bonnes adresses et être au courant des activités sociales de la ville avant même de m’y installer. Le seul souci a été l’état de la villa à notre arrivée : la climatisation fonctionnait mal, il n’y avait pas d’eau courante et disons qu’il y avait un gros ménage à faire! Tout a été résolu rapidement; cependant, il a fallu que mon mari et moi soyons débrouillards.

 Peux-tu me décrire une journée typique de ta vie à Ras-al-Khaïmah?

Comme mon mari travaillait à Sharjah et que mon fils allait à l’école dans ce même émirat, nous nous levions très tôt. Dès qu’ils étaient partis, je promenais mon chien sur la plage de Mina Al Arab. Ensuite, je faisais un saut au gym (à distance de marche) pour un cours de yoga. Mes journées préférées étaient celles où je rejoignais ensuite mon groupe d’art (Rak Ladies Art Group) pour une leçon en plein air dans un lieu comme la marina du Al Hamra village. J’ai beaucoup aimé aussi les cours de cuisine donnés par une femme d’origine suisse ayant vécu en Indonésie, qui m’a appris à cuisiner du boeuf Rendang et m’a fait découvrir des fruits et épices dont je ne soupçonnais pas l’existence. En après-midi, je travaillais à la maison sur mes cours en ligne ou mes devoirs en art (seule ou avec des amies). Le plus souvent, nous sortions souper dans un restaurant localisé à proximité, tel que le Samakmak spécialisé dans les fruits de mer.

Qu’est-ce que tu as le plus aimé de ton expérience à Ras-al-Khaïmah?

Les gens formidables que j’ai rencontrés. La diversité des origines est impressionnante, mais tous ont en commun un certain goût de l’aventure et une ouverture vers l’autre. Beaucoup d’expatriés ont vécu dans plusieurs pays, certains avaient jusqu’à cinq nationalités et la plupart avaient une expérience extrêmement riche à partager.

Quels chocs culturels (ou difficultés) as-tu rencontrés pendant ton expatriation?

La culture indienne est omniprésente aux Émirats et elle est vraiment différente de la nôtre. Par exemple, pour les Indiennes, le mariage arrangé est chose courante et fait partie de la réalité. Mais c’est un choc pour une Québécoise! De façon plus générale, la mentalité asiatique comporte un certain fatalisme difficile à comprendre pour nous, Occidentaux, qui vivons dans l’illusion que nous pouvons contrôler notre vie. Ceci peut créer une certaine anxiété. Par exemple,  il est normal pour un réparateur de lave-vaiselle asiatique de te dire qu’il part avec ton appareil pour trois jours, pour finalement te le rendre un mois plus tard! Tu dois accepter que c’était la volonté de forces supérieures.

En tant que femme dans un pays musulman, as-tu été contrainte de faire des changements dans tes habitudes de vie? Si oui, lesquels?

Penser à me couvrir les épaules et les genoux avant de sortir. Cependant, la vie dans un pays musulman a aussi de bons côtés : les croyants doivent faire de bonnes actions pour différentes raisons et plusieurs de mes amies ont reçu de l’aide totalement altruiste provenant d’inconnus dans différentes situations.

Quels étaient tes trois lieux préférés à Ras-al-Khaïmah?

Le Cove Rotana, c’est un très bel hôtel avec un excellent restaurant (pour la paëlla au fruits de mer et le tartare de thon aux œufs de cailles). De plus, j’y ai participé à plusieurs évènements heureux : leçons de dessin en plein air, activités de financement pour le Ras-al-Khaïmah Animal Welfare Centre, cours de nutrition, yoga sur la plage. Sans compter que leur brunch du vendredi est mémorable : succession de bouchées et alcool à volonté!

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Le quartier où nous vivions (Mina Al Arab) avait un lagon avec une colonie de flamands roses, c’était très agréable à admirer lors de nos promenades quotidiennes.

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Le Waldorf Astoria est aussi un hôtel superbe et le High Tea est une délicieuse expérience britannique à vivre (avec sandwich aux concombres, scones et « clotted cream »).

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Qu’est-ce qui te manquait le plus du Québec lors de ton expatriation? 

Ma famille et la nature !

Pour finir, quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux femmes qui souhaitent vivre une expatriation familiale à Ras-al-Khaïmah?

De bien en profiter et de vivre le moment présent pendant qu’ils y sont.

Par chance, une de mes amies ayant vécu plusieurs expériences d’expatriation (Indes et Slovaquie avant les Émirats) m’avait parlé de la difficulté du retour. C’est un élément à considérer lors d’une décision d’expatriation. Dans notre cas, nous étions partis pour toujours, mais la vie en a décidé autrement…

Merci Geneviève d’avoir accepté de nous partager ton expérience d’expatriation à Ras-al-Khaïmah. C’est un émirat que j’ai adoré lors de ma propre expérience d’expatriation à Dubaï et que je recommande vivement pour ses paysages montagneux et variés. En plus, grâce à tes conseils, j’aurai de bonnes adresses en tête pour mon prochain séjour!

Portrait de Lina, expatriée à Sharjah

Portrait de Lina

Ce billet s’inscrit dans une série d’articles dressant le portrait de femmes vivant aux Émirats Arabes Unis. Provenant de différents pays, ces femmes ont des trajectoires de vie différentes : certaines travaillent, d’autres sont mères au foyer; certaines sont musulmanes, d’autres catholiques ou athées. Mais au-delà de leurs traits distinctifs, ces femmes ont une caractéristique commune : ce sont des mamans qui vivent ou ont vécu une expatriation en famille dans l’un des sept émirats.

Pour débuter cette série, je vous propose de découvrir le portrait de Lina, qui a accepté de répondre à quelques questions au sujet de sa vie comme expatriée dans l’émirat de Sharjah.

Bonjour Lina, peux-tu te présenter brièvement (âge, pays d’origine, profession, nombre et âge de tes enfants)?

Bonjour, j’ai 29 ans et je suis originaire de la Belgique. Je suis une mère au foyer comblée : j’attends mon troisième garçon pour le mois d’août, mes deux premiers ont 7 et 4 ans.

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Lina, qui n’aime pas beaucoup se faire photographier

Pourquoi avoir choisi de t’expatrier aux Émirats Arabes Unis et, plus spécifiquement, à Sharjah? Est-ce que c’est ta première expérience d’expatriation?

Nous attendions ce moment depuis quatre ans, on n’y croyait plus. Nous avons séjourné au Bahreïn pendant un mois avant de choisir les Emirats Arabes Unis. Nous voulions quitter la Belgique pour un pays musulman. Je me suis moi-même convertie à l’islam il y a 10 ans. Un jour, le téléphone a sonné et cette seule et unique fois fut la bonne : mon mari avait décroché un poste à Dubaï!

Nous avons malgré tout fait le choix de vivre notre première année d’expatriation à Sharjah, après avoir visité les émirats de Dubaï et d’Ajman. Ce choix s’explique par différentes raisons. D’abord, nous aimons son côté plus familial. Ici, il n’est pas rare de voir des familles se poser dans les nombreux parcs pour y passer la soirée. Nous apprécions également le côté plus « conservateur » de Sharjah, où il n’y a pas d’alcool, de bars ou de discothèques… Mais ce n’est pas pour autant qu’on ne s’y amuse pas! Sharjah offre de nombreuses terrasses où passer un bon moment. Finalement, ce fut aussi un choix financier, car nous voulions évaluer notre budget pour cette première année d’expatriation. À Dubaï, tout est excessivement cher, alors que les loyers et les sorties sont plus abordables à Sharjah. Sans compter que l’émirat possède beaucoup de musées, de parcs, et de lieux de loisirs qui sont gratuits ou à très faible coût.

Comment s’est passée ton installation à Sharjah? Est-ce que tu y habites depuis longtemps?

Nous sommes dans notre première année d’expatriation. L’installation n’a pas été facile et les démarches ont été contraignantes. Nous avons opté pour la solution du conteneur pour rapatrier nos affaires, en prenant un transporteur et non pas un déménageur. Nous avons donc dû faire les démarches administratives pour récupérer nos biens. Ensuite, les visites d’appartements se sont multipliées. Avec les enfants, il n’est pas facile de visiter trois émirats en peu de temps pour trouver l’endroit qui plaira à tous, surtout lorsque le papa travaille toute la journée. En même temps que la réception du conteneur et les visites de logements, nous devions faire des démarches auprès des banques et chercher une école pour les enfants. Un vrai parcours du combattant !

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L’immeuble de Lina offre une belle vue sur le lagon et l’oasis Nakheel
Peux-tu me décrire une journée typique de ta vie à Sharjah?

Le matin, le bus scolaire passe chercher mes enfants vers 7h00. Je pars ensuite en direction du marché couvert de Jubail pour faire quelques courses afin de préparer le déjeuner des enfants ainsi que le dîner. Parfois, nous aimons nous retrouver entre femmes et il n’est pas rare de nous retrouver à Majaz Waterfront ou à la Qasba pour prendre un bon petit-déjeuner entre mamans. Puis, vient le temps de la prière, la mosquée Noor raisonne à deux pas de chez moi. À 13H15, le bus me ramène le plus petit, suivi à 15h30 de mon aîné. Nous faisons les devoirs sur la terrasse de l’immeuble, face au Khalid lagoon et nous nous relaxons ensuite à la piscine ou dans les jeux du parc Majaz. J’aime cette nouvelle vie!

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La corniche de Sharjah

Qu’est-ce que tu aimes le plus de ton expérience à Sharjah?

J’aime la population qui y vit, l’ambiance qui y règne, le mélange de cette culture arabe et de toutes les autres qui coexistent. J’aime voir ces familles, de l’arrière-grand-mère à la petite fille, qui se posent sur un tapis pour boire un café et manger ensemble sous les palmiers de l’Oasis Al Nakheel. J’aime le fait qu’ici, toutes les religions se côtoient sans se faire la guerre. À l’approche de Noël nos voisins installent des guirlandes lumineuses à leurs fenêtres; à l’Eid, tout le monde achète son mouton. Nos voisins sont Indiens, Libanais, Syriens et Pakistanais. A Sharjah, ainsi que dans tout le pays en général, on entend différentes langues, on peut manger un Biryani ou un Shawarma, comme une pizza. C’est très enrichissant pour les enfants d’être exposés à tant de culture différentes.

Pour ma part, le fait de vivre à Sharjah facilite la pratique de ma religion. Je peux prier peu importe où je me trouve, dans un centre commercial ou au bord de la route, manger hallal à chaque coin de rue et me vêtir comme je le souhaite. Ici, une femme peut être médecin ou femme d’affaires et porter le niqab, le hijab ou l’abaya, tout comme les non-musulmans ont la liberté de se couvrir ou non dans le respect des habitants et des lois de l’Émirat.

Quels chocs culturels (ou difficultés) as-tu rencontrés depuis que tu es expatriée?

Honnêtement, je n’ai pas encore vécu de difficultés ou de chocs culturels. Ici, chacun vit en harmonie avec son voisin. C’est très agréable. J’avais une appréhension quant aux locaux, les Émiratis. En Europe, on pense souvent que les Emiratis sont assez froids et pas très sympathiques. À mes yeux, c’est une erreur, car ils sont agréables et accueillants avec nous. Par exemple, les femmes sont très gentilles et serviables dans l’administration.

En tant que femme dans un pays musulman, as-tu été contrainte de faire des changements dans tes habitudes de vie? Si oui, lesquels?

Etant musulmane, ma vie ici n’est que plus facile. Je voulais quitter la Belgique en partie pour les tensions qui existent actuellement envers les musulmans dans l’ensemble de l’Europe.

Quels sont tes trois lieux préférés à Sharjah?

Seulement trois? Ce n’est pas facile de choisir.

  • L’Oasis Al Nakheel, un grand espace vert le long de la corniche, où l’on peut pique-niquer et lire à l’ombre des palmiers pendant que les enfants jouent.
  • La Qasba, qui est un bâtiment plus traditionnel, loin des buildings géants, et qui propose des restaurants, des cafés et des activités pour les enfants. Il est même possible de monter dans la grande roue qui surplombe l’émirat ou de faire un tour en pédalo le long du canal.
  • La mer d’Al Khan, une petite plage charmante qui offre de nombreuses activités (ex. kayak, banana boat) et qui possède une cafétéria, une petite plaine de jeux pour les enfants, des douches ainsi que des parasols et des transats (disponibles pour 10 AED seulement).

Qu’est-ce qui te manque le plus de ton pays d’origine depuis que tu es expatriée?

Ma famille … Oh oui, ma famille! A 6h30 de vol de Bruxelles, ce n’est pas facile de visiter mes proches plusieurs fois par année et chaque voyage est un déchirement. Puis, peut-être aussi nos bonnes frites belges!

Pour finir, quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux femmes qui souhaitent vivre une expatriation familiale à Sharjah ?

Primo, surtout de ne pas baisser les bras, la patience est de mise. Secundo, de ne pas foncer tête baissée parce que l’on voudrait à tout prix partir. Ici, la vie a un coût beaucoup trop élevé (école, loyer, frais médicaux, etc.) pour se permettre de tout quitter et de risquer de se retrouver à la rue. Une expatriation réussie est une expatriation qui se prépare, avec des contrats et des signatures avant de partir et pas une fois sur place. Trop nombreux sont les Européens qui viennent aux Émirats et se retrouvent dans une galère pire qu’à leur arrivée.

Attention ici, il est très facile de devenir paresseux, tu ne sors plus de la voiture pour faire un plein, tu ne ranges plus tes courses… Si tu oublies ne serait-ce qu’un pot de yaourt à l’épicerie, on te le livre sans problème. Même chose si tu as l’envie soudaine de manger un burger  à 2h00 du matin. Bref, on prend vite l’habitude de ne plus bouger et ça se ressent… J’ai pris 6 kilos depuis notre arrivée… Mais qu’est-ce que c’est agréable!

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Sharjah by night

Merci Lina d’avoir accepté de nous partager ton expérience d’expatriation à Sharjah. Je réalise que je n’ai pas suffisamment passé de temps dans cet émirat, qui semble avoir beaucoup à offrir aux familles. J’y retournerai avec plaisir lors de notre prochaine visite à Dubaï!

Femmes aux Émirats : portrait d’expatriées de différents horizons

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Depuis un moment déjà, je souhaite vous parler du vécu des femmes expatriées aux Émirats Arabes Unis. Après avoir vécu trois années à Dubaï, on me pose souvent les mêmes questions :

Devais-tu porter le voile?

 

Pouvais-tu conduire?

 

L’alcool est complètement interdit, n’est-ce pas?

 

Pouvais-tu fêter Noël?

 

Une femme peut-elle travailler aux Émirats?

 

Tu n’as pas mangé de porc pendant trois ans?

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Le voile, oui, mais seulement pour visiter les mosquées ouvertes au public

Bref, bien que les médias parlent de plus en plus de Dubaï et que les Occidentaux se laissent davantage tenter par cette destination pour des vacances, plusieurs mythes entourent encore cet émirat. Faisant ce constat depuis un moment déjà, j’ai eu envie de démystifier le vécu des femmes qui séjournent aux Émirats Arabes Unis en vous racontant le vécu d’expatriées qui y sont installées. J’ai déjà abordé mon expatriation à Dubaï à quelques reprises sur le blogue, en vous parlant de mon quotidien sur le Palm Jumeirah , des activités insolites à y faire en famille,de mes restaurants et bars préférés, ainsi que des 25 signes que tu habites à Dubaï depuis longtemps.

 

Mais le vécu d’une expatriation à Dubaï est-il similaire à celui des femmes qui sont expatriées dans les six autres émirats?

Afin de répondre à cette question, j’ai décidé de faire une série d’articles pour vous présenter le portrait d’une femme vivant dans chaque émirat. Provenant de différents pays, ces femmes ont des trajectoires de vie différentes : certaines travaillent, d’autres sont mères au foyer; certaines sont musulmanes, d’autres catholiques ou athées. Mais au-delà de leurs traits distinctifs, ces femmes ont une caractéristique commune : elles vivent ou ont vécu une expatriation en famille dans l’un des sept émirats.

À bientôt pour la suite…!

Les 7 merveilles des Émirats Arabes Unis… d’une « sunset addict »

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Je vous ai fait un grand « coming out » la semaine dernière en vous révélant que je suis une « sunset addict » et en vous partageant, par le fait même, mes 15 destinations « coups de cœur » pour regarder le coucher du soleil. Dans ce billet, il n’a pas été question des Émirats Arabes Unis. Cette absence s’explique facilement : les couchers de soleil des Émirats sont, à mes yeux, les plus beaux et je me devais de leur rendre hommage d’une façon particulière. Aujourd’hui, je souhaite donc vous parler de 7 éléments qui caractérisent les Émirats Arabes Unis et qui, le temps d’un coucher de soleil, sont sublimés et se transforment en véritables petites merveilles.

1- Le désert

Se retrouver en plein désert est une expérience magique, de jour comme de nuit. Le spectacle est particulièrement saisissant en fin de journée, lorsque le soleil décline peu à peu en laissant apparaître un dégradé de couleurs et de textures dans le sable. Lors de notre expatriation familiale aux Émirats Arabes Unis, nous avons eu l’occasion d’expérimenter plusieurs activités dans le désert au coucher du soleil. Notre coup de cœur demeure notre week-end dans l’Empty Quarter, le plus grand désert de sable du monde!

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Les dunes de sable de l’Empty Quarter, Abu Dhabi

2- La mer

Les Émirats Arabes Unis offrent de splendides plages à leurs visiteurs. Plusieurs d’entre elles sont publiques et permettent aux familles de piquer-niquer dans le sable, tout en regardant le soleil se coucher sur la mer. Le spectacle est très diférent d’un soir à l’autre, les teintes du ciel variant du jaune au rose. La chaleur de la mer permet aussi de s’y baigner même en l’absence du soleil… Nous gardons un précieux souvenir d’un coucher de soleil que nous avons vécu sur la plage des Jumeirah Beach Résidences, pour célébrer la fin du Ramadan.

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Le soleil se couche sur la mer, JBR, Dubaï

3- Les montagnes

Certains émirats possèdent des paysages montagneux à découvrir par le biais de randonnées. C’est le cas dans l’émirat de Dubaï (à Hatta), mais aussi à Fujaïrah et à Ras al Khaïmah. Notre « coup de cœur » demeure la montagne Jebel Hafeet, à Al Aïn, qui permet une vue spectaculaire sur le désert qui l’entoure.

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Jebel Hafeet, Al Aïn, Abu Dhabi

4- L’architecture futuriste

Les Émirats Arabes Unis sont bien connus pour leur architecture qui verse souvent dans la démesure, principalement à Dubaï et à Abu Dhabi. Au coucher du soleil, les tours s’illuminent en reflétant la lumière du jour qui décline tranquillement. Notre coup de cœur demeure le Burj al Arab. Nous avons d’ailleurs eu l’occasion de l’admirer à de nombreuses reprises, en prenant l’apéro ou en mangeant dans les restaurants qui permettent une vue magnifique sur cette œuvre architecturale emblématique de la ville de Dubaï.

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Le Burj al Arab, Jumeirah Beach Hotel, Dubaï

5- Les mosquées

Certains mosquées sont ouvertes au public aux Émirats Arabes Unis. À mes yeux, la plus impressionnante demeure la Grande Mosquée Cheikh Zayed. Située à Abu Dhabi, cette mosquée est la plus grande des Émirats et elle se compose de marbre, d’or, de pierres semi-précieuses, de cristal et de céramique. Nous avons eu l’occasion de la découvrir à différentes périodes de la journée, mais c’est au coucher du soleil que sa beauté atteint son paroxysme. Entourée de bassins qui réfléchissent la lumière, ses éléments dorés scintillent, alors que son blanc immaculé offre un contraste saisissant avec le ciel qui s’assombrit tranquillement.

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La grande mosquée d’Abu Dhabi

6- Les wadis

Les Émirats Arabes Unis possèdent des wadis magnifiques, des espaces asséchés qui s’animent lors de fortes précipitations. Bien qu’ils soient dispersés un peu partout sur le territoire, c’est surtout lors de nos « road-trip » vers Hatta que nous avons pu les admirer au coucher du soleil. Conduire vers Hatta, c’est plonger dans des paysages diversifiés, composés de dunes de sable, de montagnes et de wadis. Ces paysages se colorent d’une façon particulière lorsque le soleil se couche peu à peu derrière les montagnes.

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Les paysages rocailleux d’Hatta

7- Les mangroves

Les Émirats Arabes Unis abritent de jolies mangroves. Nous gardons un souvenir particulièrement marquant du coucher et du lever du soleil sur la mangrove de Ras al Khaïmah, alors que nous logions dans un hôtel qui surplombait cette merveille de la nature. C’est aussi fort agréable de l’admirer pendant la journée, lors d’une balade sur la corniche.

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La mangrove de Ras al Khaïma