Road-trip au Portugal, sur la « côte du soleil »

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Les vacances approchent et, tout comme moi, vous planifiez fort probablement votre prochain voyage. L’an dernier à pareille date, nous en étions à élaborer notre séjour en France et au Portugal. Je vous en ai d’ailleurs parlé à plusieurs reprises sur le blogue, en évoquant notamment le côté sombre de ces vacances. Fort heureusement, notre dernier séjour en Europe n’a pas seulement été empreint d’imprévus et de mésaventures. En France, nous avons fait de nombreuses activités avec les enfants à Paris. Nous avons également découvert des châteaux très agréables à visiter avec des petits dans les régions des Yvelines et de la Loire. En ce qui concerne le Portugal, je vous ai réservé de nombreux billets portant sur Porto, Lisbonne et Sintra. Aujourd’hui, je vous propose plutôt d’embarquer avec moi dans un road-trip sur la « côte du soleil ». Entre Lisbonne et Sintra, cet itinéraire vous suggère cinq arrêts à ne pas manquer dans les environs. Bien que chaque endroit mérite que l’on s’y attarde, nous avons fait ces différentes haltes en une seule journée avec notre puce de neuf mois.

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1- Petit-déjeuner au bord de la mer, à Estoril

Destination très prisée par les Lisboètes le temps d’un week-end, Estoril est située à 20 kilomètres à l’ouest de Lisbonne, à l’embouchure du Tage. Surnommée la « ville des deux printemps », elle bénéficie d’un microclimat particulier permettant deux floraisons par année. Jadis, cette ville était la première station balnéaire du Portugal et elle était réputée pour constituer le lieu de rendez-vous par excellence des agents secrets. C’est d’ailleurs l’un d’eux qui fut l’inspiration de Ian Fleming lorsqu’il créa le personnage de James Bond dans les années 50. Le célèbre auteur s’est alors rappelé d’un espion rencontré quelques années plus tôt, lorsqu’il séjournait à Estoril. Aujourd’hui, même si les plages de la ville demeurent populaires, cette dernière attire surtout les visiteurs en raison de son casino high-tech, son terrain de golf, son Open de tennis, son Grand Prix de moto et ses boutiques de luxe. Nous avons apprécié nous y promener tranquillement et profiter d’une terrasse au bord de la mer pour déguster notre petit-déjeuner.

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2- Lunch dans le village de pêcheurs de Cascais

Non loin d’Estoril, Cascais est un village de pêcheurs absolument charmant. Son petit port est bordé par la Ribeira Beach, une plage de sable blond souvent surnommée la « plage des pêcheurs » (Praia dos Pescadores) ou la « plage des poissons » (Praia do Peixe). Nous y avons fait une balade agréable le long de la mer afin de regarder les pêcheurs à l’oeuvre, les constructions de sable et différentes sculptures. Faisant face à la mer, d’énormes lettres formant le mot « LOVE » permettent d’accrocher un cadenas muni d’un petit cœur sur lequel les amoureux peuvent inscrire leurs prénoms (pas trop notre truc, mais mignon malgré tout!). Nous avons finalement dégusté une cataplana de fruits de mer sur une terrasse en hauteur offrant une vue magnifique sur la Praça de Camões, avant de nous perdre dans les ruelles blanches au sol orné de jolis dessins. En plus d’explorer les boutiques de luxe, nous avons pu y déguster du vin de Porto et de la ginja (ça, c’est plus notre truc!). 😉

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3- Pause ensoleillée à Boca do Inferno

À environ deux kilomètres au sud-ouest de Cascais, nous avons fait une pause sur la route côtière afin d’admirer la Boca do Inferno (Bouche de l’Enfer). Il s’agit de crevasses et de grottes creusées dans la falaise, dans lesquelles la mer s’engouffre avec fracas. On peut s’approcher du bord, qui est balisé à l’aide d’une simple corde (heureusement, la petite était en porte-bébé, car je n’aurais pas été rassurée!). Sur place, on retrouve une petite boutique de souvenirs logée dans une maisonnette blanche et flanquée d’une énorme croix. Nous n’y avons passé qu’un court moment, car le soleil frappait fort et la chaleur était suffocante. Nous avons malgré tout eu le temps d’y apercevoir de nombreux lézards.

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4- Sieste sur la plage de Guincho

En suivant la route côtière vers Sintra, nous avons été ébahis par la beauté des paysages qui défilaient sous nos yeux. La vue sur l’océan, la végétation variée ainsi que les odeurs de la côte nous ont séduits. Un peu fatigués, nous avons décidé de nous reposer sur la plage de Guincho, accessible à partir de passerelles de bois. Située à l’intérieur du Parc national de la Serra de Sintra, à 6 kilomètres au nord-ouest de Cascais, cette plage bénéficie d’un cadre naturel sauvage qui donne l’impression de découvrir une île déserte. Les brisants de l’Atlantique qui s’échouent sur la plage font en sorte que cette dernière est très prisée par les surfeurs et les véliplanchistes chevronnés. J’ai pris plaisir à regarder leurs prouesses, alors que mon mari et notre petite dernière faisaient la sieste. J’ai toutefois pris peu de photos, car j’essayais de préserver mon appareil du vent qui faisait jaillir le sable de tous les côtés.

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5- Fin de journée venteuse à la Cabo da Roca

Notre dernier arrêt nous a permis de découvrir le point le plus occidental du continent européen, soit la Cabo da Roca, à environ 20 kilomètres à l’ouest de Cascais. Sur une falaise d’environ 140 mètres de haut, on y retrouve un phare (érigé en 1772), un café, une petite boutique, ainsi qu’un monument de pierre doté d’une croix. Ce monument porte une citation de Luis Camoes, célèbre poète portugais, qui décrivait la région comme « l’endroit où se termine la terre et commence la mer ». Ces quelques mots résument très bien les lieux, qui offrent une vue spectaculaire sur les falaises et l’océan. Pendant longtemps, Cabo da Roca représentait le bout du monde et les gens venaient, paraît-il, y adorer la Lune. Aujourd’hui, des sentiers permettent d’explorer les environs, mais je dois dire que le froid et le vent m’ont rapidement dissuadée de m’y aventurer. Je n’avais pas prévu de vêtements chauds, ce qui constitue une erreur à éviter si vous allez découvrir ce coin du monde, car le vent y souffle très fort! D’ailleurs, les conditions météorologiques du site font en sorte que la végétation est surtout composée de plantes basses et très résistantes, la plus répandue étant la Griffe de Sorcière.

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Cette journée de road-trip sur la « côte du soleil » s’est terminée à Sintra, où nous avions loué une adorable maisonnette pour la suite de notre séjour. Je vous parlerai davantage de ce petit coin de paradis dans un prochain billet. En attendant, je vous partage le magnifique coucher de soleil qui nous a permis de clore cette journée en beauté, confortablement installés sur la terrasse de notre maison de vacances.

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5 raisons de préférer Porto à Lisbonne

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Pour éviter tout malentendu, je tiens à débuter ce billet en clamant haut et fort que j’ai ADORÉ Lisbonne, une ville dont j’ai d’ailleurs vanté les plaisirs pour les neuf sens… Mais tout comme je préfère Québec à Montréal, Lyon à Paris, Vérone à Milan, Brisbane à Sydney ou San Diego à Los Angeles, j’ai préféré la ville de Porto à celle de Lisbonne. Pourtant, au cours de mon séjour au Portugal pendant la saison estivale, Porto a été synonyme de virus et de boulot, alors que Lisbonne fut un véritable lieu de vacances et de détente. Alors pourquoi? Voici mes cinq raisons de préférer Porto à Lisbonne.

1- Pour goûter aux vins de Porto

Alors que Lisbonne est une ville essentiellement culturelle, c’est le tourisme vinicole qui attire d’abord les visiteurs à Porto. Nous n’avons pas fait exception à cette règle lors de notre séjour au Portugal. C’est à la maison Taylor’s que nous avons développé nos connaissances sur l’histoire du vin de Porto, tout en visitant ses chais. Nous avons ensuite eu l’opportunité de déguster trois Portos : un blanc extra sec (Chip Dry), un Vintage embouteillé tardivement (LBV – Lattle Botteld Vintage), ainsi qu’un Tawny vieilli 10 ans dans des barriques en bois. Un vrai délice! Initialement, nous pensions visiter plusieurs maisons, mais nous nous sommes ravisés devant la générosité du service! 😉

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2- Pour les splendides vues sur le Douro

À Lisbonne, nous avons apprécié nous balader en bordure du Tage et, surtout, admirer ses eaux à partir de la statue du Cristo Rei… Mais ce n’est rien en comparaison de ce que nous avons ressenti en longeant le Douro sous différents angles. La « vieille ville » de Porto offre plusieurs opportunités de s’émerveiller devant son fleuve, peu importe l’endroit où l’on se trouve… ou presque!  Que ce soit à bord d’un rabelo, une barque typique qui sillonne les eaux du Douro, attablé à une terrasse animée du quartier Ribeira, en profitant de la vue à bord de l’Elevador de Lada (ascenseur) ou du haut du téléphérique menant aux chais de Vila Nova de Gaia, on ne peut ignorer la beauté de ce cours d’eau et des ponts qui le traversent élégamment. Parmi ceux-ci, le pont Don Luis I relie les parties hautes et basses de Porto et de Vila Nova de Gaia, avec ses deux tabliers superposés. Le métro circule en haut et les voitures en bas, alors que les piétons peuvent emprunter les deux voies. Sur le niveau inférieur, pendant la saison estivale, les jeunes locaux se défient et sautent dans le vide pour rejoindre les eaux froides du fleuve. Un spectacle saisissant… et un peu effrayant, je dois l’admettre, la chute faisant plus de 10 mètres!

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3- Pour sa taille plus humaine

Se perdre dans les rues de Porto, c’est aller à la rencontre des Portugais. Lors de notre séjour dans cette ville, nous avons été séduits par leur accueil chaleureux. Dès le premier jour, lors de notre passage au marché do Bolhão, nous avons été touchés par les sourires des commerçants qui se tenaient derrières leurs étalages de fruits, de viandes, de poissons et de fleurs. En déambulant dans les ruelles de la ville historique, nous avions le sentiment que cette joie de vivre nous poursuivait. Les gens nous saluaient, plusieurs essayaient d’engager la conversation avec nous, parfois même en français. Mais au-delà des sourires, nous avons apprécié le fait que les habitants semblaient prendre le temps de vivre, sans se presser. Dans les parcs, les retraités jouaient à des jeux de société sur les tables en bois. Dans les restaurants, les serveurs ne semblaient pas avoir hâte de nous voir quitter les lieux; au contraire, ils nous apportaient des jouets pour amuser notre fille le temps du repas ou la prenaient dans leurs bras. 

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4- Pour ses espaces verts

Porto offre plusieurs espaces verts, où se reposer à l’ombre des arbres. Nous avons particulièrement aimé les Jardins du Palais de cristal, qui offrent une vue magnifique sur le Douro. Les fleurs et les oiseaux y sont nombreux, dans un décor qui invite au calme et à la farniente. Quelques artisans y exposent leurs produits, dans une ambiance décontractée. Après quelques heures dans le quartier animé de Ribeira ou à goûter les vins de Porto à Vila Nova de Gaia, c’est l’endroit parfait pour relaxer, déguster un sandwich ou faire la sieste.

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5- Pour faire des économies

Pour finir, on peut difficilement passer sous silence le fait que Porto offre l’opportunité de vivre des vacances à moindres coûts. Plus pauvre que Lisbonne, Porto est une ville très abordable pour les touristes. Que ce soit dans les restaurants, à l’hôtel ou pour l’achat de souvenirs, on y trouve facilement son bonheur à peu de frais… Ce qui permet à certains d’y envisager un séjour prolongé! Quant à nous, ce sera pour une prochaine fois!

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Et vous, votre cœur penche plus vers Porto ou Lisbonne?

Lisbonne, un voyage pour vos 9 sens…

La vue sur les toits rouges de Lisbonne, du Castelo San Jorge

Notre billet d’aujourd’hui vous propose de ressentir Lisbonne à travers vos neuf sens… Pourquoi neuf? Ce ne serait pas plutôt cinq? Cette idée des cinq sens nous provient d’Aristote qui, dans le traité De l’Âme, nie qu’il puisse en exister davantage. Pourtant, bon nombre de scientifiques s’accordent aujourd’hui pour dire que l’homme serait pourvu de sens supplémentaires afin de percevoir le monde qui l’entoure. Selon moi, Lisbonne est une ville qui stimule la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher… Mais bien plus encore!

1. La vue

Afin d’admirer Lisbonne dans toute sa splendeur, rien ne vaut le sommet de ses pentes raides. Du haut des nombreux miradouros (belvédères pittoresques), la vue sur les toits rouges de la ville est spectaculaire. Disséminés ici et là, ce sont de véritables balcons ouverts sur la capitale, où les Lisboètes et les touristes se rassemblent en grand nombre afin d’assister au coucher du soleil.  Alors que l’esplanade du Castelo de São Jorge offre un magnifique panorama sur le centre-ville, celle de Santa Catarina permet de contempler le fleuve. Pour un point de vue différent sur Lisbonne, il faut prendre le ferry pour se rendre sur la rive sud du Tage, où se dresse l’immense statue du Cristo Rei. À sa hauteur, on peut admirer les eaux mordorées du fleuve, qui bordent la capitale, traversées par le Ponte 25 de Abril, le Golden Gate Bridge lisboète.

La vue sur les toits rouges de Lisbonne, du Castelo San Jorge
La vue sur les toits rouges de Lisbonne, du Castelo Sãn Jorge
La statue du Cristo Rei, qui ouvre les bras devant Lisbonne
La statue du Cristo Rei, qui ouvre les bras devant Lisbonne
Vue sur le Ponte 25 de Abril
La vue sur le Ponte 25 de Abril
La vue sur le Tage
La vue sur le Tage

À Lisbonne, chaque quartier possède également ses charmes particuliers. Dans la Baixa (la ville basse), les grandes places animées et les boutiques aux façades tapissées d’azulejos sont tout simplement magnifiques. Dans le quartier Chiado, l’Elevador de Santa Justa, célèbre ascenseur en fer forgé, permet d’atteindre un musée archéologique situé au cœur des ruines du Convento do Carmo. On y retrouve des fontaines, des tombeaux et des sculptures en provenance de différentes régions du Portugal. Dans l’Alfama, un dédale de ruelles animées nous mène à plusieurs sites grandioses : le Castelo de São Jorge, la cathédrale de Lisbonne (), ainsi que l’ensemble abbatial de São Vicente de Fora. Flâner dans les rues de ce quartier, c’est aussi aller à la rencontre de nombreuses surprises : des graffitis colorés, un vieux lavoir, des jardins mystérieux, des boutiques qui débordent de bricoles hétéroclites… Une somme de petits trésors que l’on découvre lentement, sans se presser. Perchée sur les hauteurs de Lisbonne, la Basílica da Estrela offre une vue sur la ville, tout en constituant un point de repère important du paysage lisboète. Son intérieur de marbres roses, verts et gris contraste avec la blancheur immaculée de sa façade extérieure. Et que dire de Belém? On y retrouve, entre autres, sa célèbre tour de pierre, le monument dédié aux Grandes Découvertes, ainsi que le Mosteiro dos Jerónimos, dont le cloître figure parmi les plus beaux au monde.

La Praça do Comércio et son arc de triomphe néoclassique, quartier de la Baixa
La Praça do Comércio et son arc de triomphe néoclassique, quartier de la Baixa
Les ruines du Convento do Carmo, qui fut détruit lors du tremblement de terre de 1755
Les ruines du Convento do Carmo, qui fut détruit lors du tremblement de terre de 1755
Les graffitis colorés de l'Alfama
Les graffitis colorés de l’Alfama
La Basílica da Estrela
La Basílica da Estrela
Le magnifique cloître du Mosteiro dos Jeronimos
Le magnifique cloître du Mosteiro dos Jeronimos

Avec autant de merveilles à admirer, il n’est pas étonnant de voir plusieurs artistes peindre et vendre leurs toiles devant les monuments célèbres de la ville. Je m’y serais bien installée moi aussi, avec mon chevalet et quelques pinceaux…

De nombreuses toiles à vendre devant la cathédrale de Lisbonne (Sé)
De nombreuses toiles à vendre devant la cathédrale de Lisbonne (Sé)

2. L’ouïe

Visiter Lisbonne, c’est entrer dans un monde de sons contrastés, où les chants mélancoliques, les concerts festifs en plein air et les performances variées (en style et en talent) des artistes de rue cohabitent en permanence. Mais la musique du Portugal c’est, d’abord et avant tout, le fado. Ce chant traditionnel, qui est entré au patrimoine mondial en 2011, évoque les mystères et les passions de la vie : l’amour, la jalousie, la mort et la trahison. D’origine incertaine (maure ou brésilienne), ce chant mélancolique est interprété par un soliste accompagné de deux guitaristes. On peut l’écouter tout simplement dans la rue ou vibrer toute la soirée dans un club spécialisé. Les quartiers les plus reconnus pour le découvrir sont, sans contredit, l’Alfama et le Bairro Alto, où de nombreux clubs ouvrent leurs portes à la nuit tombée. Attention toutefois de bien choisir l’endroit où vous passerez votre soirée, car certains manquent d’authenticité et relèvent plutôt de l’attrape-touristes. Dans le quartier Bairro-Alto, nous avons été amusés par l’inscription sur la porte d’un club : « We’re not a « turistic » place, but you’re welcome ». Le message est clair : oubliez votre appareil photo pour un moment et appréciez le spectacle en vous laissant émouvoir. Dans l’Alfama, il est également possible de visiter le musée du fado, qui permet d’en apprendre davantage sur l’histoire de ce chant et ses grands interprètes.

Artistes de rue, Lisbonne
Un peu d’animation devant l’Elevador de Santa Justa
Le quartier animé de l'Alfama encore endormi... Le calme avant l'arrivée des oiseaux de nuit.
Le quartier animé de l’Alfama encore endormi… Le calme avant l’arrivée des oiseaux de nuit
La porte close d'un club de fado, dans le quartier Bairro-Alto
La porte close d’un club de fado, dans le quartier Bairro-Alto
Fado
Le fado est partout à Lisbonne, même dans la rue…
Le musée du fado de Lisbonne
Le musée du fado de Lisbonne

Les rues de Lisbonne et ses restaurants sont très bruyants et animés, de jour comme de nuit. Pour retrouver un peu de calme, rien de mieux que les lieux de culte. Par exemple, en poussant la porte de la cathédrale de Lisbonne, l’ambiance survoltée de l’Alfama se transforme en doux murmures… Mais le lieu le plus émouvant demeure, à mes yeux, la Basílica da Estrela. Une fois à l’intérieur, une sensation de paix et de fraîcheur nous envahit, dans un environnement qui incite à la prière et à la méditation.

L'intérieur silencieux de la Basílica da Estrela
L’intérieur silencieux de la Basílica da Estrela

3. Le goût

Lisbonne est, à juste titre, réputée pour la qualité de sa pêche. Parmi les plats traditionnels incontournables, on peut difficilement passer sous silence la morue séchée (bacalhau). Au Portugal, on dit d’ailleurs qu’il y a 365 façons de préparer la morue, pour varier les plaisirs chaque jour de l’année. Dans les restaurants, on retrouve souvent des croquettes de morue, bolinhos de bacalhau, qui permettent de satisfaire une petite fringale entre deux repas. En plat principal, la morue est servie sous différentes formes : bacalhau assado (rôtie), cozido (bouillie), assado na brasa (à la braise), ou com nata (à la crème). Pour notre part, nous avons adoré le bacalhau a brás, un mélange de pommes de terre, d’oignons, d’œufs brouillés, d’olives noires et de persil.

La morue en abondance dans les marchés et les épiceries
La morue en abondance dans les marchés et les épiceries
Les croquettes de morue, bolinhos de bacalhau
Les croquettes de morue, bolinhos de bacalhau
Morue grillée
La morue rôtie, bacalhau assado
bacalhau a brás, un mélange de pommes de terre, d'oignons, d'œufs brouillés, d'olives noires et de persil
Notre plat préféré à base de morue : le bacalhau a brás

D’autres poissons et plats de fruits de mer sont aussi à l’honneur dans les restaurants, tels que les sardines (souvent servies grillées), la soupe de poisson, le poulpe, le mérou, l’espadon, le merlan, les calamars, les palourdes, la caldeirada (genre de bouillabaisse) ainsi que le riz ou la cataplana aux fruits de mer. Nous avons particulièrement aimé l’açorda de Marisco, un plat traditionnel à base de crustacés, de pain et de coriandre. Les amateurs de viandes grillées se régaleront, quant à eux, de porc noir servi avec des frites, une autre spécialité de la région.

Les sardines grillées, une autre spécialité lisboète
Les sardines grillées, une autre spécialité lisboète
Riz aux fruits de mer
La caldeirada aux fruits de mer
L'açorda de Marisco, un plat traditionnel à base de crustacés, de pain et de coriandre
L’açorda de Marisco, un plat traditionnel à base de crustacés, de pain et de coriandre
Spaghetti aux fruits de mer
Les linguines aux fruits de mer… Un classique!

Certaines boissons sont également caractéristiques de la ville de Lisbonne. C’est le cas de la ginjinha, une boisson forte à base de cerises griottes que l’on boit dans les buvettes en restant debout. On retrouve aussi plusieurs vins portugais en provenance du nord du pays, dont le vinho verde, un vin légèrement pétillant et peu alcoolisé, de même que le porto. De façon générale, le vin est très abordable, une vraie aubaine pour des Québécois! 😉

La ginjinha, une boisson forte à base de cerises griottes
La ginjinha, une boisson forte à base de cerises griottes
Du vin au même prix que l'eau
Du vin (pas le meilleur, on s’entend) au même prix que l’eau

4. L’odorat

Comme toutes les grandes villes, Lisbonne ne dégage pas que de bonnes odeurs… Mais certaines sont particulièrement alléchantes! En plus des odeurs de viandes et de poissons grillés des restaurants, les petits cafés laissent échapper des effluves attirantes. Certains établissements torréfient eux-mêmes leur café et créent leurs propres mélanges. Pour accompagner les boissons chaudes, des pastelarias (pâtisseries) dégagent aussi leurs parfums sucrés. Parmi les spécialités à ne pas manquer, le pastel de nata figure en première position. Il s’agit d’un flan crémeux niché dans une pâte feuilletée, saupoudré de cannelle et de sucre glace. C’est la spécialité de l’Antiga Confeitaria de Belém depuis 1837, qui en écoule plus de 15 000 les jours d’affluence. Le secret de leur recette est bien gardé…

Savez-vous pourquoi il y a autant de pâtisseries à base de jaunes d’œufs à Lisbonne? En fait, ce sont les nonnes des couvents qui cuisinaient ces plaisirs gourmands. Étant donné qu’elles utilisaient les blancs d’œufs pour amidonner leurs cornettes, c’était une façon pour elles de ne pas gaspiller les jaunes d’œufs…

Quelques pâtisseries lisboètes qui dégagent des odeurs sucrées
Quelques pâtisseries lisboètes qui dégagent des odeurs sucrées
Pasteis de Belem
L’Antiga Confeitaria, célèbre pour ses pastéis de Belém

D’autres odeurs attendent les visiteurs dans les parcs et les ruelles. En face de la Basílica da Estrela, le jardin du même nom est un parc très agréable. On y retrouve des fleurs exotiques qui dégagent des parfums dont on profite en se baladant près des petits étangs. Certains secteurs de la ville sont aussi à découvrir. C’est le cas de la terrasse Santa Luzia qui, en plus d’offrir une vue plongeante sur l’Alfama et d’être décorée d’azulejos, possède de nombreux arbres colorés dont les parfums flottent dans l’air. Dans les ruelles, des pots sont suspendus aux fenêtres et débordent d’herbes variées : persil, menthe, basilic, coriandre… Un plaisir à respirer! Au Portugal, le basilic est la plante des amoureux, qui la gardent en pot à leur fenêtre pour se l’offrir en juin. À ne pas renverser, sous peine de vivre sept ans de malheur…

Le jardin da Estrela, havre de fraîcheur aux parfums fleuris
Le jardin da Estrela, havre de fraîcheur aux parfums fleuris
Les arbres fleuris et colorés de la terrasse Santa Luzia
Les arbres fleuris et colorés de la terrasse Santa Luzia
Les pots d'herbes suspendus aux fenêtres des amoureux
Les pots d’herbes et de fleurs, suspendus aux fenêtres des amoureux

5. Le toucher

Lisbonne est une ville de textures et de reliefs que l’on prend plaisir à toucher. La surface lisse et froide des azulejos, l’herbe fraîche des petits parcs, le sable chaud qui borde le Tage où certains se trempent les pieds pendant l’été, le soleil qui réchauffe les visiteurs de ses rayons… Des petits détails qui mettent nos sens en éveil. Lisbonne, c’est aussi une ville à l’architecture unique, où les influences romaines et maures côtoient des monuments définitivement contemporains. On ne se lasse pas de caresser les églises, les palais et les monuments, dont les surfaces sont composées de pierre, d’acier et de verre. Certains monuments, c’est le cas par exemple de la tour de Belém, permettent aux aveugles de découvrir leurs trésors architecturaux avec les mains, à l’aide d’une réplique miniature. Les textures se retrouvent aussi au sol. Les trottoirs portugais sont souvent faits de mosaïques composées de petits pavés blancs et gris. Chaque pas sur cette surface irrégulière relève de l’exploit pour les adeptes de talons hauts… Devant le monument des Découvertes, c’est un superbe pavage en marbre rouge, blanc et noir qui tapisse le sol, formant une mappemonde géante.

Les azulejos et leur texture lisse, que l'on retrouve un peu partout dans la ville
Les azulejos et leur texture lisse, que l’on retrouve un peu partout dans la ville
Tour de Belém
Une réplique miniature de la tour de Belém, pour permettre aux aveugles de découvrir les lieux
La mappemonde géante qui recouvre le sol de l'esplanade, au monument des Découvertes
La mappemonde géante qui recouvre le sol de l’esplanade, au monument des Découvertes

Lors d’un voyage à Lisbonne, on touche différents éléments de la ville, mais cette dernière nous touche également. Les Portugais sont particulièrement accueillants et cherchent à entrer en communication avec les gens qui visitent leur pays. Alors que plusieurs parlent français, d’autres tenteront de se faire comprendre auprès de vous en utilisant l’anglais ou un langage improvisé de signes. Dans cette ville très animée, il est pratiquement impossible d’être seul. Les habitants et les touristes se frôlent et entrent en contact en permanence, les sites sont plein à craquer… Et si vous souhaitez faire un tour à bord du mythique tram 28, soyez prêts à oublier votre « bulle ».  

Pour découvrir Lisbonne tranquillement, il n’y a rien de tel que se lever tôt. On a alors le sentiment que la ville nous appartient et qu’elle nous révèle ses secrets les mieux gardés. Un petit jogging matinal dans le parc Eduardo VII permet ainsi d’admirer la géométrie parfaite de son parterre central, alors que les lieux sont encore complètement déserts… On sent la brise matinale nous caresser les joues et on se familiarise tranquillement avec les lieux, qui deviendront bondés quelques heures plus tard.

Le mythique tram 28, bondé en tout temps
Le mythique tram 28, bondé en tout temps
Jogging au parc Eduardo VII, à profiter de l'air frais matinal
Jogging au parc Eduardo VII, à profiter de l’air frais matinal

6. 7. 8. 9. Et les quatre autres sens?

Lisbonne permet une découverte sensorielle complète qui suscite aussi quatre autre sens méconnus. C’est le cas de la thermoception, qui réfère à l’aptitude à percevoir la température. En pleine canicule du mois de juillet, ce sens fut particulièrement sollicité lors de notre séjour…

Surnommée la « ville aux sept collines », Lisbonne est dotée de routes tellement pentues que certaines ne permettent pas la circulation automobile. En découvrant la ville à pied, le sens algique (nociception), c’est-à-dire la perception de la douleur, est clairement stimulé…

On se découvre de nouveaux muscles en explorant la ville des sept collines
On se découvre de nouveaux muscles en explorant la ville des sept collines

En revanche, si vous décidez de traverser le relief accidenté de la ville en ascenseur ou à l’aide de ses trois funiculaires, c’est votre sens vestibulaire (équilibre) qui risque d’être mis au défi. Finalement, étant donné que les voyages sont souvent synonymes de vacances, vous abuserez peut-être des boissons lisboètes, ce qui pourrait perturber votre sens de proprioception. Vous voulez vérifier? Rien de plus simple. Il s’agit de fermer les yeux, de taper dans vos mains, de toucher le bout de votre nez, puis d’ouvrir les yeux. Vous saurez alors si vous êtes en mesure de ressentir et de localiser vos différents membres sans utiliser votre vue… 😉

L'Elevador da Gloria, un funiculaire qui permet de gagner la ville haute
L’Elevador da Gloria, un funiculaire qui permet de gagner la ville haute

Le palais de Monserrate, le « glorieux Eden » de Lord Byron

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Pour ce dernier billet de notre série de cinq articles sur les châteaux et les palais de Sintra, nous avons choisi de vous parler du Palácio de Monserrate (Palais de Monserrate). Situé un peu plus à l’ouest de Sintra, ce palais nous a immédiatement séduits par son style particulier, doux mélange d’influences indiennes et arabes. Entourant le palais, une collection botanique exceptionnelle réunit des espèces du monde entier dans un vaste parc qui incite à la farniente. À la suite de son séjour dans ce palais, en 1809, le célèbre poète Lord Byron a d’ailleurs qualifié Sintra de « glorieux Eden », référant indirectement au Palais de Monserrate et à sa « teinte orange animant la verdure ». Voici nos impressions sur ce lieu à la fois exotique et romantique, que nous recommandons à tous les amoureux de la nature… ou, tout simplement, aux amoureux!

Il était une fois, le Palais de Monserrate…

Au cours de son histoire, le Palais de Monserrate a connu trois principaux propriétaires anglais qui ont, chacun à leur façon, eu une influence importante sur les lieux que nous connaissons aujourd’hui. Un premier palais néo-gothique fut d’abord édifié, en 1790, sur les ruines d’une ancienne chapelle. C’est Gerard de Visme, un riche homme d’affaires, qui se chargea de sa construction. Peu de temps après, William Beckford, écrivain romantique et critique d’art, loua le palais et commença à y aménager un jardin. Homosexuel fortuné, ce dernier avait dû fuir l’Angleterre pour éviter la pendaison. À son tour, Francis Cook, un riche commerçant et vicomte, se porta acquéreur du palais en 1856 et chargea l’architecte James Knowles de le transformer en résidence d’été pour sa famille. C’est à lui que nous devons l’apparence actuelle du palais de même que son jardin romantique. Les héritiers du vicomte se désintéressèrent cependant du palais au fil des décennies qui suivirent. On raconte même que le troisième vicomte de Monserrate aurait tiré sur son propre reflet dans un miroir du palais, à la suite d’un excès de folie. Depuis 1949, le palais et le parc appartiennent à l’État.

Bien qu’il ne fut jamais propriétaire du Palais de Monserrate, Lord Byron y séjourna en 1809, alors qu’il visitait Beckford. Il en louangea par la suite sa beauté dans un poème, « Le pèlerinage de Childe Harold » (Childe Harold’s Pilgrimage). Ce long poème narratif, reconnu comme étant en partie autobiographique, décrit les réflexions d’un jeune homme désillusionné par une vie de débauche, à travers ses voyages dans différents pays. Dans les quelques strophes où il décrit le séjour de Childe Harold au Portugal, les propos de Lord Byron sont plutôt désobligeants. En bref, il affirme que Sintra est un « glorieux Eden », un lieu d’une trop grande beauté pour les Portugais, qu’ils qualifient d’ignorants, de sales et d’orgueilleux. Il n’en fallait pas plus pour susciter la curiosité des Anglais envers ce lieu et, plus spécifiquement, envers ce palais.

Esclaves vils! nés sur un sol agreste,

Pourquoi, Nature, ainsi jeter tes dons?

Cintra, là-bas! Glorieux Eden, séjour céleste,

Suivi sans fin de monts et de vallons;

Mais, qu’elle main saurait peindre ou décrire

Une moitié de ce que l’œil admire

De ces tableaux bien plus éblouissants

Que ceux qu’un barde, à l’âme électrisée,

Fit au monde surpris en ouvrant l’Élysée?

– Lord Byron, traduit en vers français par M. PH. Alard (1869)

Le Palais de Monserrate
Le Palais de Monserrate

Notre visite du Palais de Monserrate

Nous souhaitions absolument visiter le Palais de Monserrate, qui est pourtant très peu mis de l’avant dans les guides de voyage traitant du Portugal. Ces derniers décrivent de façon détaillée le Palais de Pena et le Palais national de Sintra, principales attractions de la région, en demeurant avares de détails au sujet de Monserrate. Pourtant, ce palais fut une découverte marquante pour nous lors de notre visite de la région. Il faut dire que nous avons multiplié les péripéties afin de le rejoindre, alors que les routes principales pour y accéder étaient bloquées. Après un long détour à travers des routes sinueuses et bordées de murs moussus, qui serpentent les plus belles quintas de la région, nous sommes enfin arrivés sur le site. Dès le portail du jardin, nous avons compris que nous entrions dans un monde à part en voyant la statue d’une chimère, créature mythologique liée au fantastique. Nous avons traversé le circuit menant au palais, bordé de différents arbres (cyprès, chênes, séquoia, etc.), pour ensuite nous retrouver au milieu d’une collection de palmiers menant à un arc indien, acquis par Francis Cook après la révolte des cipayes en 1857. Le palais est alors apparu devant nous, émergeant d’une végétation luxuriante. Son apparence extérieure nous a immédiatement séduits. La couleur hésitante de sa coupole et de ses toits, entre orange et corail, formait un magnifique contraste avec le ciel bleu et la verdure qui l’entouraient. Le palais nous a ainsi éblouis dès l’accueil, avec ses arrangements floraux, qui se mariaient parfaitement au bâtiment, les carreaux de céramique hispano-arabes de ses jardinières, ainsi que sa fontaine du Triton remplie de nénuphars.

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La chimère qui nous accueille à l’entrée du parc de Monserrate
Les nénuphars de la Fontaine du Triton, à l'entrée du Palais de Monserrate
Les nénuphars de la Fontaine du Triton, à l’entrée du Palais de Monserrate
Les arrangements floraux s'harmonisent parfaitement aux couleurs du palais
Les arrangements floraux s’harmonisent parfaitement aux couleurs du palais

À l’intérieur, plusieurs salles sont également dignes de mention. L’entrée se fait tout d’abord dans un hall octogonal, formé d’arcs gothiques et de colonnes de marbre, au centre duquel trône une magnifique fontaine. Une fois entrés, nous avons pris les escaliers, décorés d’un motif de feuilles de lierre, afin d’aller découvrir les pièces situées à l’étage. Nous pensions y trouver des chambres richement décorées, mais ce sont plutôt des pièces vides qui nous attendaient. Petite déception… qui fut de courte durée, car nous avons constaté que des œuvres y étaient exposées dans le cadre de l’événement Mexico in Monserrate. Représentant de jolies fleurs colorées, ces peintures ont suscité notre curiosité, mais malheureusement, toutes les informations concernant l’exposition étaient en portugais uniquement (langue que nous ne possédons absolument pas).

La fontaine du Hall d'entrée, Palais de Monserrate
La fontaine du Hall d’entrée, Palais de Monserrate
Les pièces de l'étage, au-dessus du hall d'entrée, Palais de Monserrate
Les pièces de l’étage, au-dessus du hall d’entrée, Palais de Monserrate
Une toile exposée lors de l'événement « Mexico in Monserrate »
Une toile exposée lors de l’événement « Mexico in Monserrate »

Nous sommes donc redescendus en rez-de-chaussée, attirés par la salle de musique, où un orchestre jouait quelques airs mexicains. Nous avons ensuite flâné dans la galerie, qui relie les trois tours du palais en une succession d’arcs et de colonnes, véritable jeu de perspectives s’ouvrant devant nous. Mais outre la bibliothèque, qui se distingue par ses étagères en noyer, sa porte haut-relief et ses papiers décoratifs, nous sommes restés sur notre faim… Il faut dire que plusieurs pièces du palais étaient alors en restauration et demeuraient, par le fait même, inaccessibles aux visiteurs. Malgré tout, des panneaux étaient placés devant chaque pièce afin d’expliquer les travaux en cours et ceux qui avait été récemment complétés. Mince consolation!

La salle de musique, où un orchestre jouait des airs mexicains, Palais de Monserrate
La salle de musique, où un orchestre jouait des airs mexicains, Palais de Monserrate
Palais de Monserrate
Les arcs et les colonnes de la galerie, Palais de Monserrate

Après notre visite du palais, nous avons fait une balade dans le Parc de Monserrate, considéré comme l’une des plus belles créations paysagères du Romantisme. Nous avons d’abord fait un léger pique-nique sur l’herbe, devant le château, à base de natchos et de bières mexicaines. Sans le savoir, nous mangions alors sur le premier gazon planté dans l’histoire du Portugal, dont l’origine remonte au XVIIIe siècle. Malgré l’animation qu’il y avait sur les lieux, toujours sur le thème du Mexique, peu de visiteurs étaient au rendez-vous. Nous avons profité du calme ambiant pour flâner tranquillement dans le parc et ses jardins. Après une balade dans la roseraie, nous avons admiré le jardin du Mexique, la zone la plus sèche du parc, où l’on retrouve des palmiers et des cactus. Nous avons par la suite longé les lacs ornementaux, qui abritent une collection de plantes aquatiques exotiques, avant de faire une pause à la chapelle, une fausse ruine réalisée par Francis Cook. Nous avons finalement quitté le jardin en traversant la vallée des fougères.

Pique-nique à l'arrière du Palais de Monserrate
Pique-nique à l’arrière du Palais de Monserrate
Avec ma princesse, Palais de Monserrate
Avec ma princesse, Palais de Monserrate
Le jardin du Mexique, Palais de Monserrate
Le jardin du Mexique, Palais de Monserrate
La chapelle et ses fausses ruines, Palais de Monserrate
La chapelle et ses fausses ruines, Palais de Monserrate

Quelques conseils et informations pratiques pour rendre votre visite agréable

Tout comme la Quinta da Regaleira, le Palais de Monserrate est peu populaire chez les touristes qui viennent visiter Sintra. C’est donc un site qui se combine aisément à d’autres plus achalandés, plus facilement accessibles dès l’ouverture (ex.: Palais de Pena & Palais national de Sintra).

L’extérieur de ce palais est tout simplement splendide, mais l’intérieur est actuellement en rénovation, ce qui fait en sorte que plusieurs pièces ne sont pas accessibles. Si vous avez peu de temps à consacrer au palais, assurez-vous de  flâner dans son parc et ses jardins.

Si vous avez l’intention de visiter plus d’un palais, informez-vous sur la possibilité d’acheter des billets combinés. Valables un mois, ces derniers vous permettront de visiter deux palais ou plus à prix réduit.

N’hésitez pas à prévoir un léger goûter, l’endroit est idéal pour un pique-nique.

Quinta da Regaleira : un lieu magique et mystérieux…

Quinta da Regaleira

D’inspiration néo-manuéline, la Quinta da Regaleira est une demeure à la fois étonnante et énigmatique, et ce, tant en ce qui concerne son architecture (intérieure et extérieure) que son incroyable jardin. C’est le palais qui fait aujourd’hui l’objet de notre quatrième billet dans le cadre de notre série de cinq articles sur les châteaux et les palais de Sintra. Lors de notre visite, nous avons surtout aimé nous perdre dans son jardin unique, à la recherche de symboles et de passages secrètement gardés. C’est avec le sentiment que nous devons revenir en ces lieux que nous les avons quittés, persuadés que bien des détails ont échappé à notre attention. Nous vous racontons ici notre visite de ce lieu tout simplement magique, dans lequel nous espérons avoir l’occasion de nous perdre et nous retrouver à nouveau!

Il était une fois, la Quinta da Regaleira…

D’abord connue sous le nom de Quinta da Torre, la propriété fut ensuite surnommée la Quinta da torre da Regaleira, après avoir été achetée, en 1840, par la baronne da Regaleira, qui souhaita en faire une luxueuse résidence d’été. Le millionnaire Carvalho Monteiro l’acheta à son tour en 1893, décidé à transformer cette ancienne quinta du XVIIe siècle en palais unique. Ayant fait fortune au Brésil, grâce au monopole du café et des pierres précieuses, il demanda d’abord à l’architecte Henri Lusseau de dessiner les plans de la maison et du jardin qu’il souhaitait construire. Mais c’est finalement l’architecte et paysagiste Luigi Manini qui reçu ce mandat, après avoir achevé son travail à la Scala de Milan. Animé par l’excentricité de Carvalho, cet architecte de renom débuta les travaux afin de construite la Quinta da Regaleira que nous connaissons aujourd’hui (principalement entre 1904 et 1911). Le domaine fut ensuite acheté par Waldemar Jara d’Orey, en 1946, et par une entreprise japonaise, en 1987. Depuis 1997, la propriété appartient à la ville de Sintra.

Le palais vu du jardin, Quinta da Regaleira
Le palais vu du jardin, Quinta da Regaleira

Notre visite de la Quinta da Regaleira

Nous avons visité la Quinta da Regaleira en après-midi, sous une chaleur écrasante. Dès notre arrivée sur les lieux, nous avons été fascinés par la façade extérieure du palais, chargée de sculptures symboliques et agrémentée de tourelles et de pinacles. Malgré sa couleur grisâtre, le palais n’avait rien de morose. Au contraire, il suscitait notre curiosité en raison de son style architectural plutôt éclectique. Derrière les barreaux du portail, avant même d’accéder au palais, nous pouvions voir ses gargouilles et son jardin. Tout comme des enfants devant une maison dite hantée, nous étions attirés par l’aura de mystère qui émanait de l’endroit…

Notre arrivée à la Quinta da Regaleira
Notre arrivée à la Quinta da Regaleira
La façade extérieure de la Quinta da Regaleira
La façade extérieure de la Quinta da Regaleira

Bien qu’intrigués par les allures gothiques du palais, nous avons débuté notre visite du domaine par son jardin. Nous y avons passé de nombreuses heures, à flâner parmi les statues, les petits ponts, les grottes, les tours et les fontaines. À la fois sauvage et ordonné, le jardin comptait de nombreuses plantes. Par endroits, la végétation semblait pousser librement, sauvage et indomptable… Alors que certains sentiers étaient plutôt impeccablement entourés de camélias, d’hortensias et de fougères. Nous avons visité les lieux librement, ayant comme seul repère la carte du site qui nous avait été remise à l’entrée. En montant et en descendant les allées, nous avons découvert un nouveau monde sur terre, pour ensuite pénétrer dans un monde souterrain. L’un comme l’autre constituaient de véritables labyrinthes, d’où nous sommes sortis avec le sentiment de ne pas avoir tout vu. Chaque pierre semblait incarner un symbole, chaque sentier semblait cacher un pont, chaque mur nous donnait l’impression de se transformer en porte. Tout au long de notre parcours désordonné, nous avons fait de multiples découvertes. Il s’agissait de lever les yeux ou, parfois, de les baisser pour découvrir des symboles issus de la franc-maçonnerie, de l’ordre des Templiers et de la mythologie. 

Le parcours est parsemé de fleurs, Quinta da Regaleira
Le parcours est parsemé de fleurs, Quinta da Regaleira

 

Des sentiers où les symboles se multiplient, Quinta da Regaleira
Des sentiers qui regorgent de mystères, Quinta da Regaleira
Des escaliers qui débouchent sur des lieux plein de surprises, Quinta da Regaleira
Des escaliers qui débouchent sur des lieux plein de surprises, Quinta da Regaleira
À l'intérieur d'une grotte, Quinta da Regaleira
À l’intérieur du monde souterrain, Quinta da Regaleira
La porte de l'Enfer et ses gardiens fidèles, Quinta da Regaleira
La porte de l’Enfer et ses gardiens fidèles, Quinta da Regaleira

Le lieu le plus impressionnant du jardin est, sans aucun doute, le puits d’initiation (aussi appelé puits de l’éternité), qui consiste en une tour inversée de 27 mètres de profondeur. Nous sommes d’abord passés tout près sans le voir, le puits étant caché derrière d’énormes pierres recouvertes de mousse. Après être revenus sur nos pas,  nous l’avons finalement trouvé. Nous y sommes descendus en empruntant un escalier en colimaçon. Une fois en bas, plongés au fond de nous-mêmes et les pieds dans l’eau, des chemins souterrains, formant un véritable labyrinthe, proposaient différentes voies symbolisant les chemins de la vie. Une des théories à propos de ce jardin soutient d’ailleurs qu’il servait de lieu afin d’initier les futurs chevaliers templiers. Dans le puits d’initiation, ces derniers devaient mourir (symboliquement) pour ensuite renaître. 

Le puits d'initiation, tout juste avant de descendre, Quinta da Regaleira
Le puits d’initiation, tout juste avant de descendre, Quinta da Regaleira
Nous descendons tranquillement vers le fond du puits...
Nous descendons tranquillement vers le fond du puits…
Au fond du puits d'initiation, Quinta da Regaleira
Au fond du puits d’initiation, Quinta da Regaleira

Après plusieurs heures à flâner dans le jardin, nous avons décidé d’aller découvrir l’intérieur du palais. Nous avons bien aimé le rez-de-chaussée, qui se démarque par son hall Renaissance de style italien. La salle à dîner (qui porte aussi le nom de salle de chasse) est dominée par un foyer imposant sur lequel trône une statue représentant un homme des bois. La chambre du roi contient, quant à elle, les portraits des 20 rois et quatre reines du Portugal. Dans l’ensemble du rez-de-chaussée, on retrouve des plafonds de bois, des sols de mosaïques, ainsi que de nombreuses fresques et détails architecturaux. Malgré ces éléments qui ont su attirer notre attention, l’intérieur du palais est, pour le reste, plutôt dénudé aujourd’hui, puisque le mobilier et les collections de Monteiro ont été vendues. Les étages supérieurs du bâtiment sont davantage aménagés sous forme de musée, où nous avons appris beaucoup au sujet de l’architecture et de l’histoire du lieu et de son propriétaire. Nous avons aussi bien apprécié les terrasses extérieures, qui permettent une vue panoramique sur les environs, décorées de sculptures représentant différents animaux et personnages.

La porte du hall d'entrée donnant accès aux autres pièces du palais, Quinta da Regaleira
La porte du hall d’entrée donnant accès aux autres pièces du palais, Quinta da Regaleira
La statue qui orne la cheminée de la salle à manger, Quinta da Regaleira
La statue qui orne la cheminée de la salle à manger, Quinta da Regaleira
Une fresque de la salle de musique, Quinta da Regaleira
Une fresque de la salle de musique, Quinta da Regaleira
Le lion qui orne la poignée de porte de la Chambre du roi, Quinta da Regaleira
Le lion qui orne la poignée de porte de la Chambre du roi, Quinta da Regaleira

 

La terrasse extérieure et ses scultptures, Quinta da Regaleira
La terrasse extérieure et ses scultptures, Quinta da Regaleira
La vue sur deux châteaux célèbres de Sintra : le château des Maures et le Palais de Pena
La vue sur deux châteaux célèbres de Sintra : le château des Maures et le Palais de Pena

Quelques conseils et informations pratiques pour rendre votre visite agréable

Assez étrangement, la Quinta da Regaleira semble boudée par les touristes qui viennent visiter Sintra. Le site n’étant pas bondé, même en après-midi, vous pouvez facilement combiner cette visite avec celle d’un autre palais plus populaire (le Palais de Pena ou le Palais national de Sintra, que nous vous suggérons plutôt de visiter en matinée). Attention toutefois d’avoir l’énergie suffisante pour découvrir le jardin, puisque le site se situe à flanc de colline. Nous vous conseillons aussi d’éviter d’y aller en soirée, bien que le palais soit ouvert entre les mois d’avril et de septembre, afin de ne pas manquer tous les petits détails présents en ce lieu.

Si vous n’avez que peu de temps à consacrer à ce palais (ce qui serait dommage, car il vaut vraiment la peine d’être exploré en profondeur), visitez prioritairement le jardin. Le palais en lui-même est intéressant à découvrir, mais outre le rez-de-chaussée, il est plutôt dénudé et prend davantage des allures de musée. Comparativement aux autres palais de la ville (sauf celui de Monserrate), c’est surtout son jardin qui mérite que l’on s’y attarde plusieurs heures.

Nous ne sommes pas des adeptes de visites guidées, nous préférons généralement découvrir un nouvel endroit par nos propres moyens. C’est d’ailleurs ce que nous avons fait à la Quinta da Regaleira. Si nous y retournons un jour, nous ferons cependant une visite guidée du site (possible en français sur rendez-vous), afin de bien comprendre tous les symboles présents dans ce lieu si mystérieux. La carte donnée à l’entrée est certes utile, mais malheureusement incomplète et pas toujours claire.

Une lampe de poche est un compagnon de choix pour vous aventurer confortablement dans tous les coins du jardin. Elle sera, par exemple, bien utile afin d’explorer les grottes du site de même que le puits d’initiation.

Si vous avez l’intention de visiter plus d’un palais, informez-vous sur la possibilité d’acheter des billets combinés. Valables un mois, ces derniers vous permettront de visiter deux palais ou plus à prix réduit.

Le site du palais dispose d’une très belle terrasse où il est possible de prendre un verre ou de manger une bouchée. Malheureusement pour nous, il n’y avait aucune chaise haute pour notre fille. Après une journée de porte-bébé, nous avons renoncé à y manger pour cette raison. Le site est cependant tout près du centre de Sintra, où de nombreux restaurants (avec chaise haute) offrent des cuisines variées.

Le Palais national de Sintra, un château médiéval emblématique

Palais national de Sintra

Situé au cœur de la vieille ville de Sintra (Sintra Vila) le Palácio Nacional de Sintra (Palais national de Sintra) domine le paysage avec ses deux cheminées coniques. C’est le palais qui fait l’objet de notre troisième billet dans le cadre de notre série de cinq articles sur les châteaux et les palais du Portugal. De nos jours, ce palais est un élément emblématique de la ville de Sintra, qui réunit différents styles architecturaux. Lors de notre visite, c’est surtout l’intérieur du palais qui nous a séduits, avec ses superbes plafonds, ses murs garnis d’azulejos et ses sols de mosaïques. Nous vous proposons donc de découvrir les détails architecturaux de ce palais, tout en vous donnant quelques informations pratiques afin de le visiter.

Il était une fois, le Palais national de Sintra…

Fondé sous la domination arabe au Xe siècle, afin de servir de résidence au gouverneur maure, le Palais national de Sintra fut ensuite habité par les monarques portugais pendant près de huit siècles. Les multiples styles architecturaux qui le caractérisent aujourd’hui sont l’œuvre de travaux menés par différents rois, notamment le roi Dinis (1261-1325), le roi João Ier (1356-1433), ainsi que le roi Manuel Ier (1469-1521). Depuis 1910, le Palais national est devenu propriété de l’État, mais il n’a été ouvert au public qu’au cours des années 1930, après d’importants travaux de restauration sous la direction de Raul Lino.

Le Palais national de Sintra
Le Palais national de Sintra

Notre visite du Palais national de Sintra

Nous sommes arrivés tôt pour visiter le palais, ce qui nous a permis de découvrir les lieux tranquillement, sans nous presser. Nous avons d’abord été impressionnés par les plafonds des différentes salles, qui constituent de véritables œuvres artistiques. C’est le cas de la Salle des cygnes, qui doit son nom à son plafond de bois de style Renaissance du XVIe siècle, divisé en 27 panneaux octogonaux ornés de cygnes portant au cou un collier doré. La Salle des pies doit, quant à elle, son appellation à son plafond peint qui représente 136 pies noires tenant une rose dans leurs griffes. Il s’agit de l’unique pièce du XVe siècle conservée en l’état. Selon la légende, le roi João Ier aurait fait exécuter cette œuvre afin de faire taire les commérages des dames de la cour! Dans la Salle des blasons, le plafond en coupole est décoré de caissons qui représentent les blasons de 72 familles nobles. Le plafond de la Chapelle est, pour sa part, décoré de motifs mauresques sculptés dans du bois de châtaignier et de chêne. D’autres plafonds du palais sont également dignes de mention, tels que celui de la Salle des sirènes (avec des peintures de sirènes qui jouent de la musique), de même que celui de la Salle des galères (peint de navires).

Le motif octogonal qui orne le plafond de la Salle des cygnes, Palais national de Sintra
Le motif octogonal qui orne le plafond de la Salle des cygnes, Palais national de Sintra
Le plafond de la Salle des pies, Palais national de Sintra
Le plafond de la Salle des pies, Palais national de Sintra
Palais national de Sintra
Le plafond de la Salle des blasons, Palais national de Sintra
Le plafond de la Salle des galères, Palais national de Sintra
Le plafond de la Salle des galères, Palais national de Sintra

Certaines salles sont aussi renommées pour leurs murs, décorés d’azulejos, de carrelages évoquant différents motifs ou de fresques. La plus remarquable à cet égard est, à nos yeux, la Salle des blasons, dont les murs sont ornés de panneaux d’azulejos datant du XVIIIe siècle. Ces panneaux de carreaux bleus et blancs représentent des scènes de chasse et pastorales et sont tellement riches en détails que nous ne pouvions nous lasser de les regarder. En outre, malgré des dommages importants engendrés par le séisme de 1755, un grand nombre de carreaux du XVIe siècle sont présents dans les différentes pièces du palais. Dans la Salle des cygnes, ils revêtent les murs en formant un damier vert et blanc. Dans des couleurs similaires, le carrelage de la cour intérieure centrale est orné d’un motif pied de coq, qui évoque la tradition architecturale arabe. Celui de la Salle des pies forme, de son côté, un motif étoilé, alors que celui de la Chambre du roi Sebastião représente, par endroits, des épis de maïs à l’intérieur de fleur de lys. Ce curieux motif est aussi présent dans la Salle arabe, dont le revêtement de carreaux géométriques donne l’impression d’être en trois dimensions. Dans la Salle des sirènes, ce sont des carreaux en forme de vigne, surmontés d’urnes vertes, qui habillent les murs. La porte de cette salle est également composée d’une mosaïque alternant le blanc, le turquoise et le noir. Finalement, une fresque aux motifs de colombes orne les murs de la Chapelle afin de symboliser le Saint-Esprit.

Un exemple des nombreux azulejos de la Salle des blason, Palais national de Sintra
Un exemple des nombreux azulejos de la Salle des blasons, Palais national de Sintra
La cour intérieure centrale et son carrelage à motif pied de coq, Palais national de Sintra
La cour intérieure centrale et son carrelage à motif pied de coq, Palais national de Sintra
Le carrelage blanc et vert de la Chambre du roi Sebastiao
Le carrelage blanc et vert de la Chambre du roi Sebastiao
Les murs de la chapelle, Palais national de Sintra
Les murs de la chapelle
Palais national de Sintra
La fresque aux motifs de colombes

Outre les murs et les plafonds, d’autres éléments décoratifs nous ont particulièrement séduits lors de notre visite du Palais national de Sintra. C’est le cas, notamment, du revêtement de sol de la Chambre du roi Afonso VI. Emprisonné pendant neuf ans dans cette pièce après avoir été destitué et remplacé sur le trône par son frère, le roi Pedro II, Afonso VI serait, de l’avis de certains, responsable de l’usure du carrelage en raison de son éternel va-et-vient entre son lit et sa fenêtre. Une version plus plausible est plutôt à l’effet que le revêtement serait l’un des plus anciens en son genre au pays, datant des travaux menés au XVe siècle dans le palais. Le sol de la Chapelle est également magnifique, composé de morceaux de carreaux de céramique qui forment une mosaïque aux couleurs et aux formes variées. Certains objets ont aussi attiré notre attention. C’est le cas de la pagode de la Salle chinoise, haute et large de plus de deux mètres, les installations des cuisines, avec leurs fours, leurs marmites, leurs broches de deux mètres et leurs hautes cheminées coniques, les cabinets du XVIIe siècle de la Salle des pies, ainsi que les terrines en porcelaine de Chine de la Salle des cygnes.

Un aperçu des installations des cuisines, Palais national de Sintra
Un aperçu des installations des cuisines, Palais national de Sintra
Palais national de Sintra
Les terrines en porcelaine de Chine de la Salle des cygnes, Palais national de Sintra
Palais national de Sintra
Un cabinet du XVIIe siècle de la Salle des pies, Palais national de Sintra

Quelques conseils et informations pratiques pour rendre votre visite agréable

Tour comme pour le Palais de Pena (également très populaire), nous vous conseillons de visiter le palais dès l’ouverture. Vous pourrez ainsi le découvrir tranquillement, sans vous presser.

Ne vous limitez surtout pas à admirer l’extérieur du palais sans y entrer. Le Palais national de Sintra se distingue, certes, par ses deux cheminées coniques qui dominent le paysage de Sintra, mais surtout par son architecture intérieure, qui mélange les styles gothique, manuélin et mauresque. Prenez le temps de flâner à l’intérieur du palais pour en découvrir tous les détails.

Si vous avez l’intention de visiter plus d’un palais, informez-vous sur la possibilité d’acheter des billets combinés. Valables un mois, ces derniers vous permettront de visiter deux palais ou plus à un prix réduit.

À proximité du palais, de nombreux restaurants permettent de faire une pause en profitant du quartier animé de la vieille ville de Sintra. Vous pourrez y déguster d’énormes bières avec une vue splendide sur le palais!

Un petit (grand!) apéro, devant le Palais national de Sintra
Un petit (grand!) apéro, devant le Palais national de Sintra

Le château des Maures, un lieu chargé d’histoire…

Maures-titre

Le Castelo dos Mouros (Château des Maures) fait l’objet de notre deuxième billet dans le cadre de notre série de cinq articles sur les châteaux et les palais de Sintra. Tout près du Palais de Pena, ce château est souvent boudé par les touristes qui viennent à Sintra pour y faire une excursion d’une journée ou deux depuis Lisbonne. Ils lui préfèrent alors le Palais national de Sintra, après avoir visité le Palais de Pena. Or, le château des Maures est, à nos yeux, un lieu historique à ne pas manquer lors d’une visite de Sintra. Ce fut le premier bâtiment que nous avons remarqué lors de notre arrivée dans la ville, puisqu’il était bien visible de la petite maison que nous avions louée pour la durée de notre séjour. Nous vous proposons aujourd’hui nos impressions sur ce lieu chargé d’histoire, de même que quelques informations pratiques pour le visiter.

Il était une fois, le château des Maures…

Au VIIIe siècle, le Portugal fut conquis par les Maures, qui y édifièrent ce château afin de dominer la région, entre terre et mer. Construit sur un massif rocheux de la Serra da Sintra, la position stratégique de cette fortification militaire leur permettait de contrôler les voies terrestres qui liaient Sintra à Mafra, Cascais et Lisbonne. Les Maures y régnèrent jusqu’en 1093, année où le château fut repris par les Chrétiens lors de la reconquête du pays par le roi Afonso VI. Laissé progressivement à l’abandon, c’est au XIXe siècle que la restauration de ses vestiges débuta avec Fernando II. Depuis 1910, le château est classé monument national du Portugal, ce qui a permis, dans les décades suivantes, de reconstruire des tronçons de murailles et de mener des travaux de nettoyage sur le site. Depuis 2013, le château des Maures fait l’objet de plusieurs réaménagements dans le cadre du projet « À la Conquête du Château ».

Le château des Maures
Le château des Maures

Notre visite du château des Maures

Nous avons visité le château en début d’après-midi, en pleine canicule. Afin d’éviter de cuire sous un soleil de plomb, nous avons pris le temps d’explorer les différents sites et monuments qui entourent le château en lui-même et qui sont plus ombragés. C’est ainsi que nous avons découvert les silos, des structures creusées dans la roche afin d’entreposer des céréales et des légumineuses dans le but de les conserver plus longtemps. Non loin de là, nous avons vu une tombe construite par le roi Ferdinand II afin de recueillir les ossements humains exhumés pendant les travaux réalisés sur le chemin et dans l’église. Tout au long du parcours menant au château, plusieurs sites de fouilles archéologiques sont également présents et méritent que l’on s’y attarde.

Les silos, qui permettaient la conservation des aliments
Les silos, qui permettaient la conservation des aliments
La tombe construite par le roi Ferdinand II
La tombe construite par le roi Ferdinand II

Une fois arrivés au château, nous avons suivi le spectaculaire chemin de ronde, ce qui nous a permis de découvrir des vues panoramiques sur le Palais de Pena, le Palais national de Sintra, de même que les collines et la ville de Sintra. Accroché au flanc des collines escarpées, ce chemin nous a donné accès à la muraille et aux tours du château. Nous avons particulièrement savouré la vue aérienne à partir de la Tour Royale, nommée ainsi en l’honneur de Ferdinand II, qui aimait y venir pour peindre.

Nous découvrons les tours du château des Maures
Nous découvrons les tours et la muraille du château des Maures
Le château des Maures offre une vue splendide sur la ville de Sintra
Le château des Maures offre une vue splendide sur la ville de Sintra
La vue sur la muraille du château des Maures, de la Tour Royale
La vue sur la muraille du château des Maures, de la Tour Royale
La vue sur le château de Pena, du château des Maures
La vue sur le château de Pena, du château des Maures

À l’intérieur des remparts, la nature envahit peu à peu les ruines. Nous avons fait une belle balade sur la Place d’armes, l’endroit le plus vaste du château. Tout près, nous avons découvert la Porte de la Trahison, un passage secret permettant la fuite du château en cas d’attaque… Mais qui pouvait aussi donner accès à l’intérieur du châteaux aux ennemis, d’où son nom.

La Porte de la Trahison, château des Maures
La Porte de la Trahison, château des Maures

Quelques conseils et informations pratiques pour rendre votre visite agréable

Le château des Maures est situé tout près du Palais de Pena. Si vous venez à Sintra pour la première fois, nous vous conseillons de visiter ces deux châteaux sur une même journée en débutant par le château de Pena qui attire énormément de touristes. Vous pourrez ensuite vous diriger vers le château des Maures qui attire une foule moins dense. Pendant les heures les plus chaudes de la journée, il est préférable de flâner dans le sentier menant au château, afin de voir les silos et les sites de fouilles archéologiques. Vous pourrez ainsi profiter des zones ombragées avant d’explorer les murailles et les tours du château.

Tout comme nous l’avons fait pour le château de Pena, nous vous conseillons d’éviter de joindre le château à pied, à moins, bien sûr, de vouloir en faire l’activité sportive de votre journée. La distance n’est que de quelques kilomètres, mais la pente est très raide.

Si vous avez l’intention de découvrir plus d’un château à Sintra, informez-vous sur la possibilité d’acheter des billets combinés. Valables un mois, ces derniers vous permettront de visiter deux palais ou plus à un prix réduit.

À proximité du site, vous pouvez également tenter un parcours d’accrobranche, Canopy Sintra, afin d’observer le patrimoine du château par le biais de tyroliennes. Ce sera pour une prochaine fois pour nous, cette activité n’étant pas particulièrement indiquée avec un bébé de neuf mois. 😉