L’île Bonaventure, entre péripéties et merveilles

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Dans notre famille, l’idée de prendre un bateau fait toujours l’objet de tergiversations. Il faut dire que quatre membres de la famille (sur cinq) souffrent de mal de mer, à des degrés divers. Quand nous avons décidé de prolonger nos vacances estivales d’une semaine pour partir découvrir la pointe gaspésienne, mon idée d’explorer l’île Bonaventure a donc été accueillie avec incrédulité. Visiter une île sous-entend généralement l’idée de prendre le large en bateau et ce fait n’a pas échappé à mes amours. Les pires scénarios ont alors été évoqués pour me faire changer d’avis :

Tu te souviens le jour où nous étions partis pêcher en mer à Dubaï? Nous avions tous été malades pendant quatre heures, sans pêcher un seul poisson…

Tu le sais maman, je suis souvent malade en bateau, même sur la chaloupe de papa. Je suis obligé d’y aller? J’aimerais mieux rester au gîte…

Sérieux Eve? Même en bateau de croisière tu es la première à avoir la nausée… Tu as même été malade en kayak de mer à Cuba! Doit-on vraiment s’imposer ça?

Oui, on devait s’imposer ça. Je dirais même que c’était absolument nécessaire. Je rêvais de la Gaspésie depuis 20 ans et j’avais bien l’intention de découvrir le célèbre rocher sous tous ses angles… Mais comment aller à Percé sans visiter l’île Bonaventure? Impossible de me résigner à cette idée, mal de mer ou pas.

Non sans pester contre moi, ma petite tribu a accepté de me suivre dans mon entêtement, sachant très bien que je ne changerais pas d’avis. Seule ma fille faisait preuve d’enthousiasme, chantant inlassablement « bateau, sur l’eau » à qui voulait l’entendre… ou pas! Nous avons donc dédié notre dernière journée de vacances à cette activité. J’avais pris tous les renseignements nécessaires et je vérifiais chaque jour les prévisions météorologiques, espérant que les averses annoncées soient démenties. Le matin de notre expédition, nous avons tous été réveillés par une pluie déchaînée qui a débuté très tôt. Je me voyais déjà contrainte d’annuler l’activité, résignée devant ce mauvais présage.  Malgré tout, les prévisions pour la journée parlaient plutôt de soleil avec un faible risque de précipitations. Nous avons donc décidé de quitter Gaspé pour nous rendre à Percé. En route, nous regardions défiler les magnifiques paysages pendant que je me félicitais intérieurement d’avoir insisté pour faire cette excursion. À notre arrivée, nous avons acheté les billets pour la croisière avant de nous attabler dans un petit resto où nous avons dégusté des produits de la mer en terrasse. Tout était parfait, il y avait même un petit parc de jeux pour les enfants. Le bonheur!

Hélas, la suite fut un peu plus houleuse, au sens propre comme au figuré…

Une traversée pénible…

Une fois sur le bateau, j’ai rapidement compris que je n’étais pas la seule à rêver de cette excursion. Nous avons quitté le quai de Percé alors que j’essayais de me frayer un chemin avec mon fils aîné pour atteindre l’étage supérieur de l’embarcation. Je me disais que je serais ainsi mieux installée pour prendre des photos, en permettant à mon fils de respirer l’air salin à grandes bouffées [car avant cette journée, je pouvais dire sans me tromper que de toute notre famille, c’est lui qui avait le moins d’aptitudes pour devenir marin]. Lorsque nous avons atteint la dernière marche, j’ai été frappée par la densité de la foule. Non seulement nous n’avions pas de places assises, mais nous devions lutter pour nous accrocher à quelque chose de stable pendant que le bateau affrontait les vagues en direction du rocher Percé. À chaque fois que le capitaine faisait un arrêt, que ce soit pour nous laisser prendre une photo ou nous aviser de la présence d’un phoque, je voyais le visage de mon fils blêmir et son corps s’affaisser un peu plus vers le sol. À proximité de l’île Bonaventure, il n’en pouvait plus, me suppliant de redescendre pour pouvoir s’allonger sur un banc ou sur le sol. J’ai abdiqué. Je devais me rendre à l’évidence : mes meilleures photos seraient celles qui n’immortaliseraient pas le bras ou la tête d’un étranger par accident. Je me sentais moi-même nauséeuse et je me disais que rien de pire ne pouvait m’attendre en redescendant. Je me trompais.

En voyant la tête de mon mari, j’ai rapidement compris ce qui se passait. Ma fille avait arrêté de chanter, son enthousiasme s’étant transformé en puissants vomissements. Pendant ce temps, mon fils cadet se plaignait de maux de cœur, allongé sur un banc qui avait été rapidement déserté par les autres voyageurs en raison de l’odeur de lait périmé. Le chandail de mon mari était, quant à lui, couvert d’une substance blanche que j’arrivais trop bien à identifier… Et un membre de l’équipage le poursuivait avec une bouteille de désinfectant qu’il vaporisait sans relâche, espérant sans doute effacer toute trace de notre mésaventure.

Une randonnée sous la pluie…

Nous sommes débarqués sur l’île Bonaventure avec des mines horribles, vidés physiquement et psychologiquement. Nous ne pensions qu’à une chose : ce trajet, nous devions inévitablement le refaire quelques heures plus tard. Personne n’osait me blâmer ouvertement, mais je sentais des regards lourds de reproches peser sur moi… Une fois à l’entrée, alors que nous achetions nos billets pour le parc national, mon fils aîné a eu un regain d’énergie en voyant la publicité du concours « Expérience Famille » de la Sepaq :

Mon fils : Regarde maman, c’est super! En prenant une photo de famille avec un carton, on peut gagner un an de vacances en famille en pleine nature! Je suis certain que nous allons gagner!

Moi : Oui, bonne idée! [En m’adressant à une employée] Peut-on avoir un carton svp?

Employée : Désolée madame, nous n’avons plus de ces cartons…

Devant la mine renfrognée de mes amours, j’ai redoublé d’efforts pour voir les choses positivement. Ce n’était pas difficile, car il faisait un temps splendide et les lieux étaient merveilleux. Comme nous avions fait des randonnées difficiles les jours précédents, j’ai proposé que l’on choisisse le sentier le plus facile (le sentier des colonies) afin de rejoindre la colonie de fous de Bassan. Les enfants ont appris que nous pouvions faire un rallye-découverte tout au long de la randonnée, afin de trouver le trésor caché sur l’île par le corsaire Duval. Les sourires sont réapparus comme par magie sur leurs petits visages et nous avons commencé la balade sur un ton joyeux, en négociant le premier arrêt pour déguster une collation (un incontournable dans notre famille!).

Plus nous avancions, plus le ciel s’assombrissait, tout comme mon humeur… À la mi-parcours, une pluie diluvienne s’est abattue sur nous. Évidemment, nos vêtements n’étaient pas adaptés pour la pluie. À chaque pas, nos pieds s’enfonçaient dans l’eau et la boue. Nos jeans étaient trempés et j’essayais tant bien que mal de protéger l’appareil photo de l’eau qui s’infiltrait partout. J’en avais marre, je me disais intérieurement que le mieux à faire était de rebrousser chemin pour rentrer au bateau et en finir avec cette journée épouvantable… À ce moment précis, mon fils cadet a glissé et s’est étalé de tout son long dans la boue. Il pleurait sans relâche, pendant que ma fille réclamait son lait à grands cris et que mon fils aîné continuait d’argumenter pour avoir un chien dont il s’occuperait super-bien-c’est-promis-juré-craché. Nous croisions plusieurs adultes qui faisaient marche arrière alors qu’ils étaient beaucoup mieux équipés que nous.

Moi [au bout du rouleau et énervée] : Tant pis pour les oiseaux, on retourne à l’accueil et on attend le prochain départ. Tu avais raison, c’était une mauvaise idée ce bateau.

Mon mari [grand sourire réconfortant] : Mais non Eve, on a fait plus de la moitié du parcours. On va y aller et on va s’amuser quand même!

Nous avons donc poursuivi notre randonnée et l’ambiance est redevenue joyeuse peu à peu. Mon mari a lancé un concours de sauts pour éviter les énormes flaques d’eau, ma fille a recommencé à chanter et nous avons tous finalement rigolé de la situation…

Après la pluie, le beau temps…

Heureusement que je n’ai pas cédé au découragement et que j’ai écouté mon amoureux, car j’aurais manqué un merveilleux spectacle. Dès que nous avons rejoint la colonie, la pluie s’est arrêtée comme par magie pour faire place à un soleil radieux. Un magnifique arc-en-ciel a traversé les nuages, tandis que des milliers de fous de Bassan volaient au-dessus de nous. C’était incroyable de les voir de si près et d’entendre leur cris à l’unisson qui nous donnaient envie de nous recueillir en silence pour les admirer tranquillement. Et c’est ce que nous avons fait pendant un long moment avant de nous résigner à quitter ce lieu unique…

Sur le chemin du retour, quelques mésaventures nous attendaient encore… Mais après avoir été exposés à tant de beauté, impossible que la fatigue, la pluie, les maux de cœur ou les sandwichs détrempés puissent assombrir cette journée. Elle restera, à tout jamais, pleine de lumière dans nos souvenirs…

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Chicago en 4 jours… avec bébé!

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Ce voyage à Chicago n’était pas prévu dans ma Wish List pour 2016, mais ce fut une belle surprise d’avoir l’occasion de découvrir la « Windy City » en mai dernier. Mon mari devait s’y rendre dans le cadre de son travail et j’ai décidé de l’accompagner avec notre petite dernière, âgée de 19 mois. J’ai beaucoup aimé mon séjour à Chicago, une ville dans laquelle je me suis immédiatement sentie confortable. Alors que je n’aime pas particulièrement les grandes villes (du moins, pour m’y installer à long terme), c’est un lieu où j’ai eu le sentiment que je pourrais vivre avec ma petite famille. J’ai déjà écrit quelques billets pour vous parler de différents aspects de ce séjour, sans toutefois vous révéler en détails notre itinéraire et nos coups de cœur. C’est ce que je vous propose dans cet article, qui fait une synthèse de nos quatre journées à Chicago. Si certains sont d’avis que le slow travel s’impose en tout temps avec un bébé, vous verrez que nous avons dérogé à cette règle lors de ce séjour en multipliant les découvertes en seulement quatre jours [On vous rassure tout de suite, on aime aussi le slow travel, mais cette façon de voyager n’est pas toujours compatible avec nos emplois du temps!].

Jour 1 – Arrivée et premières découvertes

Après deux heures de route pour rejoindre la ville de Québec, nous avons pris un vol intérieur en direction de Montréal, pour nous envoler ensuite vers Chicago. Contrairement à notre voyage précédant à Nashville, notre arrivée à Chicago s’est faite dans le calme et la sérénité (lire : sans gros vomi dans le taxi!). Notre fille a passé les deux vols à dormir, après avoir arpenté les aéroports de Québec et de Montréal dans tous les sens. Elle était donc dangereusement en forme à notre arrivée, en fin d’après-midi!

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Nous avons pris un taxi afin de rejoindre notre hôtel, le Hyatt Regency Chicago, situé dans le centre de la ville. Son emplacement nous a permis de découvrir plusieurs lieux touristiques de Chicago à pied. Nous avons rapidement décidé d’aller explorer la ville, en faisant quelques emplettes sur Magnificent Mile. Je ne m’attendais pas à y découvrir des tulipes à perte de vue. J’ai d’ailleurs écrit un article à ce sujet afin de vous partager les avantages de découvrir Chicago au printemps!

En direct de #chicago : les #tulipes fleurissent partout le long de Magnificent Mile #magnificentmile #illinois #usa #visitchicago #citytrip #visitusa

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Après quelques emplettes sur Magnificent Mile, nous avons fait une balade le long de la Chicago River. Ce fut l’occasion de nous familiariser avec l’architecture de la ville en traversant le Michigan Avenue Bridge, l’un des cinquante ponts mobiles permettant de circuler facilement de part et d’autre de la rivière. Nous avons pu y admirer le Wrigley Building, reconnu comme étant le plus beau bâtiment de Chicago. Nous avons aussi flâné au bord de la rivière en empruntant la River Walk.

C’est chez Gino’s East que nous avons terminé cette journée, afin de goûter la deep-dish pizza, un plat typique de Chicago. Il s’agit d’une pizza de six centimètres d’épaisseur, parfaite pour les gros appétits! Nous avons préféré ce restaurant à d’autres, car les enfants peuvent écrire sur les murs, les tables et les chaises. Un concept bien sympathique dont nous avons déjà parlé dans notre article sur les expériences culinaires à vivre avec des enfants à Chicago. En rentrant à l’hôtel, nous avons découvert une nouvelle version de la ville avec ses immeubles illuminés.

Jour 2 – Shopping, Navy Pier et Millenium Park

Levées tôt, nous sommes parties, ma fille et moi, en direction de Magnificent Mile afin de découvrir les boutiques un peu girly aperçues la veille et qui n’intéressaient pas mon amoureux (ça tombe bien, il était débordé de boulot!). Malheureusement, je n’avais pas vérifié l’heure d’ouverture des magasins et nous nous sommes retrouvées devant la boutique American Girl une heure trop tôt, soit à 9h00. Nous avons flâné dans les environs afin d’admirer la Water Tower. Juste en face, nous avons découvert la boutique Hershey’s, parfaite pour une petite pause sucrée. J’ai ensuite trouvé un petit parc par hasard, près du lac Michigan, au grand bonheur de ma fille qui en a profité pour se dégourdir les jambes.

À 10h00, nous étions devant la célèbre boutique de poupées, prêtes pour l’émerveillement. Et nous n’avons pas été déçues! Il y avait des poupées partout, avec accessoires et vêtements assortis à différents thèmes. Au deuxième étage, nous avons même trouvé un salon de thé pour manger avec sa poupée, un salon de coiffure et de manucure pour poupées et plein d’autres petites kiosques plus délirants les uns que les autres. C’était magique, mais aussi un peu déroutant… Nous avons poursuivi notre tournée des boutiques en faisant un saut au Lego Store et au Disney Store.

Afin de profiter du beau temps, nous avons flâné au Navy Pier, un centre culturel et récréatif situé au bord du lac Michigan. Une jolie promenade extérieure nous a permis de profiter d’une belle vue sur la ville dans une ambiance festive.

Une fois à l’intérieur, nous avons visité les Crystal Gardens, une sorte de jardin botanique intérieur dans lequel nous avons pu admirer des plantes tropicales et des arbres exotiques. Tout près, nous avons découvert le Children’s Museum, qui propose différentes activités pour les enfants. Ma fille a particulièrement apprécié la salle de jeux pour les petits, ainsi que le Treehouse Trails où elle a joué un bon moment.

Après cette matinée occupée, nous sommes retournées à l’hôtel pour que ma fille puisse faire la sieste pendant que je travaillais. Nous sommes ensuite reparties en direction du Millenium Park. Nous avons, bien sûr, admiré la célèbre sculpture Cloud Gate, une oeuvre en forme de jelly bean en acier inoxydable sur laquelle se reflètent les gratte-ciel de la ville. Moins connues, d’autres oeuvres du parc sont aussi très intéressantes et méritent de s’y attarder. C’est le cas de la Crown Fountain et ses tours de verre qui projettent les images de différents visages, dont la bouche laisse jaillir de l’eau. Plutôt original! Les jeunes s’y trempent les pieds pour se rafraîchir pendant que les adultes sont médusés par le spectacle plutôt inusité. Nous avons également apprécié les rubans d’acier du Jay Pritzker Pavillon. Tout près, une passerelle (le Nichols Bridgeway) permet de relier le parc à l’aile moderne de l’Art Institute tout en offrant une vue intéressante sur les tours de Chicago.

Mais nos plus belles photos du parc ont été prises lors des courses matinales de mon mari, alors que le site était désert. Je vous laisse juger par vous-mêmes!

Nous avons terminé cette journée en famille, en mangeant dans un petit resto en face de la Trump Tower. Nous avons profité du beau temps pour manger à l’extérieur, au cœur de l’effervescence de la ville.

Jour 3 – Art public, Grant Park et croisière sur la Chicago River

Levées tôt, ma fille et moi avons décidé d’explorer The Loop, le quartier des affaires de Chicago. Ce quartier doit son nom à la voie aérienne du métro, qui inscrit une boucle autour de ses principaux édifices. Dans ce secteur de la ville, nous avons surtout apprécié nous balader parmi les oeuvres d’art public. Au centre du Federal Center, nous avons découvert la sculpture d’Alexander Calder, Flamingo, qui passe difficilement inaperçue avec ses courbes d’un rouge éclatant. Au Richard J. Daley Center, c’est la structure d’acier Untitled Picasso qui a surtout retenu notre attention. Il faut dire que ce n’est pas tous les jours que se présente l’occasion d’interagir avec de telles oeuvres!

Nous avons poursuivi notre journée au Grant Park, un vaste espace vert qui longe le lac Michigan à la hauteur du centre-ville. Ce parc est reconnu pour ses jardins ornés de fontaines, de sculptures et de monuments. Malheureusement, lors de notre séjour, la célèbre Buckingham Fountain était en rénovation et nous n’avons pas été en mesure de l’admirer. Nous avons malgré tout fait de belles découvertes dans ce parc. Tout d’abord, on peut difficilement manquer l’édifice du Art Institute of Chicago. Menant à l’entrée principale, deux lions de bronze encadrent ses escaliers. À l’intérieur, on y découvre notamment des oeuvres impressionnistes et postimpressionnistes réalisées par Renoir, Monet, Manet, Cézanne, Gauguin, Van Gogh et Toulouse-Lautrec. Nous avons aussi bien apprécié les nombreuses sculptures du parc, entourées de fleurs et d’arbres bien entretenus, dont celle représentant le président Lincoln (The Seated Lincoln).

Après une petite sieste à l’hôtel, nous avons tenté l’expérience d’une croisière en bateau sur la Chicago River afin de découvrir l’histoire architecturale de la ville. Cette croisière nous a permis d’en apprendre davantage sur les bâtiments emblématiques de la ville. Certains se situent directement sur les rives de la rivière et ne passent pas inaperçus, tels que le Trump International Hotel and Tower et le Wrigley Building. D’autres, moins extravagants, se découvrent tranquillement en voguant sur l’eau.

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Après cette croisière par temps gris et venteux, nous avons fait un arrêt chez Ghirardelli Chocolat Shop, afin de nous régaler de café (pour moi), de chocolat (pour ma fille) et de sorbet aux framboises (à partager). Nous avons fait une dernière halte au Dylan’s Candy Bar pour acheter quelques bonbons dans un décor à la fois coloré et féérique, avant de rentrer tranquillement à l’hôtel.

Jour 4 – Lakefront Trail, aquarium et Willis Tower

Pour cette dernière journée, j’avais initialement prévu une matinée à la plage avec ma fille. Nous avons fait une promenade sur Lakefront Trail, qui serpente le long du lac Michigan. Toutefois, le vent soufflait si fort que nous avons décidé de laisser tomber l’idée de la plage pour nous diriger vers l’aquarium.

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Ma fille a bien aimé notre visite du John G. Shedd Aquarium, une attraction familiale très populaire à Chicago. Après avoir admiré de nombreux animaux marins et le Caribbean Reef Exhibit où nagent des requins et des poissons tropicaux, nous avons assisté à un spectacle à l’Oceanarium. Ma fille était très impressionnée par les prouesses des dauphins, des bélugas et des otaries. Pour ma part, j’ai surtout apprécié me balader à l’extérieur, à la sortie du bâtiment, afin de profiter d’une vue différente sur la ville de Chicago.

 

Après un petit repos à l’hôtel et un repas dans la jungle du Rainforest Cafe (un classique dans notre famille!), j’ai entraîné ma fille au sommet de la Willis Tower. Du haut du 103e étage de ce gratte-ciel (qui en compte 110), nous avons accédé à un observatoire où nous avons pu admirer le paysage qui s’offrait à nous… Même sous nos pieds en nous avançant dans les boîtes de verre (The Ledge at Skydeck) qui permettent une vue de tous les côtés!

 

Pendant que mon mari assistait à un match des Cubs avec des clients au Wrigley Field, j’ai profité de cette soirée en solo avec ma fille pour déambuler tranquillement dans la ville, en grignotant du maïs soufflé à saveur de caramel et noix de pécan acheté au Garrett Popcorn Shops. Rien de mieux pour terminer ce séjour en beauté!

J’ai adoré ce séjour dans la ville de Chicago, mais j’aurais bien aimé y rester plus longtemps pour la découvrir davantage. Voici quelques activités que je garde bien en tête sur la to-do list de mon prochain séjour dans cette ville : une excursion à vélo sur le Lakefront Trail, une virée dans un bar de blues, une balade au Lincoln Park Zoo, la visite de différents musées (dont celui des sciences et de l’industrie), une promenade du côté du Museum Campus, ainsi que l’observatoire du John Hancock Center.

Et vous, quelles sont vos activités préférées à Chicago?

 

6 vues magnifiques sur Chicago

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Victime d’un grand incendie en 1871, Chicago s’est reconstruite pour rapidement se distinguer des autres villes américaines en raison de son architecture moderne. Un mouvement d’architecture et d’urbanisme, l’École de Chicago, est alors né et a entraîné la construction de nombreux bâtiments à l’aide de matériaux modernes, tels que l’acier et le verre armé. De nos jours, Chicago continue d’exercer un leadership dans le domaine de l’architecture et offre plusieurs possibilités afin de profiter de vues exceptionnelles sur les gratte-ciel qui en font sa renommée. On vous propose aujourd’hui un court billet afin de vous faire découvrir six lieux qui permettent un point de vue magnifique sur Chicago.

1- En croisière sur la Chicago River

Une croisière en bateau sur la Chicago River est définitivement une activité à expérimenter afin de découvrir l’histoire architecturale de la ville. Plusieurs tours guidés proposent des croisières thématiques. Nous avons, quant à nous, choisi de vivre cette aventure avec la compagnie Wendella, en optant pour la Chicago’s Original Architecture Tour (35,50$ par adulte, 75 minutes). Cette croisière nous a permis d’en apprendre davantage sur les bâtiments emblématiques de la ville. Certains se situent directement sur les rives de la rivière et ne passent pas inaperçus, tels que le Trump International Hotel and Tower et le Wrigley Building. D’autres, moins extravagants, se découvrent tranquillement en voguant sur l’eau. C’est aussi l’occasion d’admirer les nombreux ponts qui enjambent la Chicago River.

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2- Du haut de l’observatoire de la Willis Tower

Anciennement connu sous le nom de Sears Tower, ce gratte-ciel de 110 étages fut construit entre 1968 et 1974. Culminant à 442 mètres, cette tour était la plus haute d’Amérique jusqu’à l’inauguration du One World Trade Center de New York, en 2014. Pour 22$ (tarif pour les visiteurs de 12 ans et plus), vous pourrez accéder au 103e étage, où un observatoire (le Skydeck) est aménagé et permet d’admirer le paysage de quatre différents États. C’est aussi l’occasion d’immortaliser en photos votre passage dans les boîtes de verre (The Ledge at Skydeck) qui s’avancent hors de la structure pour offrir une vue de tous les côtés… Et même sous vos pieds! Candidats au vertige s’abstenir!IMG_0379IMG_0391

3. En balade au Navy Pier et sur le Lakefront Trail

Centre culturel et récréatif, le Navy Pier est une adresse à ne pas manquer avec des enfants. Outre ses multiples attractions, l’endroit permet une belle vue sur la ville de Chicago et ses magnifiques tours. À proximité, le Lakefront Trail prend, quant à lui, la forme d’une piste cyclable qui longe le lac Michigan en offrant de beaux points de vue sur la « Ville des Vents ». C’est l’endroit parfait pour admirer les jolies plages qui bordent le lac et qui donnent un air de vacances à la mer… en pleine ville! 13262330_10154167544729253_832083512_o13262505_10154167544749253_1050567312_o

4. Du parvis du John G. Shedd Aquarium

Lors de notre séjour à Chicago, nous avons, comme beaucoup de familles, visité le Shedd Aquarium. Après avoir admiré les nombreux poissons et assisté à un spectacle mettant en vedettes des dauphins, des bélugas et des otaries, nous avons fait une balade fort agréable à l’extérieur des bâtiments. Il faut dire que le Shedd Aquarium jouit d’un site magnifique, aux abords du lac Michigan. On peut y admirer la silhouette des gratte-ciel de la ville, de même que les voiliers qui voguent tranquillement sur l’eau turquoise, tout en profitant de l’odeur agréable des arbres en fleurs.IMG_0358IMG_0363

5. Depuis le Nichols Bridge du Millenium Park

Le Nichols Bridge est une passerelle reliant le Millenium Park à l’Art Institute of Chicago. Dessiné par Renzo Piano, ce pont permet de profiter de magnifiques vues sur le Jay Prizker Pavilion, un amphithéâtre à ciel ouvert, tout en jetant un regard différent sur les immeubles des environs. Nous l’avons découvert par hasard, alors que nous flânions dans le parc, à la rencontre de l’Art public. Nous avons franchi ce pont piétonnier, qui enjambe Colombus Drive, pour finalement nous retrouver devant l’aile moderne du musée. Une belle découverte!

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 6. Du Michigan Avenue Bridge

Érigé entre 1918 et 1920, le Michigan Avenue Bridge est l’un des cinquante ponts mobiles permettant de circuler facilement de part et d’autre de la Chicago River. Il n’y a pas de meilleur angle afin d’admirer le Wrigley Building, reconnu comme étant le plus beau bâtiment de Chicago. En soirée, c’est l’endroit idéal pour regarder les immeubles qui s’illuminent. On peut aussi marcher au bord de la rivière en empruntant la River Walk.

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Ce sont les six principales vues sur Chicago que nous retenons de notre séjour, mais nous aurions aimé profiter d’un plus long séjour afin d’en découvrir davantage. Et vous, quelle est votre site préféré pour admirer les gratte-ciel de Chicago?

Autiste et globe-trotteuse, l’histoire de Chloé

Chloé, lors d'une croisière à Antigua

Ce billet s’inscrit dans une série d’articles portant sur les voyages avec des enfants différents, qui nécessitent un suivi avec des spécialistes. En tant que parent, doit-on mettre de côté notre désir de voyager avec un enfant prématuré, atteint d’une maladie rare, poly-allergique ou autiste? Avec Aude, Eli, Laurent, Chloé et leurs parents, je vous propose, dans les prochaines semaines, de découvrir quatre histoires permettant d’amorcer une réflexion sur le sujet. Voici celle de Chloé et de sa maman Isabelle, qui ont accepté de faire une petite entrevue avec nous pour démystifier les voyages en famille avec un enfant autiste.

Chloé, en quelques mots…

Chloé est une magnifique jeune femme de 17 ans, qui possède sans aucun doute les plus beaux yeux verts que j’ai eu l’occasion de croiser dans ma vie. Elle a débuté le Cégep cette année et elle prend ses études très au sérieux. Elle demeure dans la ville de Québec avec ses deux parents et sa sœur de deux ans son aînée. Depuis son jeune âge, Chloé a eu l’occasion de voyager dans de nombreux pays avec sa famille. Elle a aussi plusieurs passions auxquelles elle demeure fidèle au fil des années : le rose, les mangas, les pokémons, les jeux vidéo, ainsi que les arts plastiques. En quelques coups de crayon, Chloé laisse aller son imagination en créant de magnifiques personnages qui nous font entrer dans un autre monde, son monde.

Dessin réalisé par Chloé
Dessin réalisé par Chloé. Crédit photo : Isabelle Cyr.

Mais Chloé n’est pas seulement belle, intelligente et talentueuse, elle est aussi atteinte de ce que l’on appelle communément l’autisme (dans le langage scientifique du DSM-V, on parle plutôt de troubles du spectre de l’autisme – TSA). Dans son quotidien, ce trouble a des répercussions sur ses habiletés de communication, ses interactions sociales et sa façon de gérer les nouvelles situations. Chloé n’aime pas se retrouver dans un groupe. Même avec sa famille, elle ressent le besoin de s’isoler fréquemment. Comme la plupart des enfants qui souffrent de TSA, Chloé a des difficultés langagières et peu d’intérêt pour les relations avec les autres. Elle a une idée très précise des choses qu’elle aime manger (ex. fromage d’une marque spécifique) ou faire et devient très anxieuse lorsqu’elle doit sortir de sa routine. Malgré tout, Chloé est un exemple de résilience. Elle arrive à aller de l’avant, réussit très bien à l’école et a su, au fil des années, développer des liens avec les gens qui l’entourent.

Chloé, lors d'une croisière à Antigua
Chloé, lors d’une croisière à Antigua il y a quelques années. Crédit photo : Isabelle Cyr.

Les voyages de Chloé

Chloé a fait plusieurs voyages avec ses parents. D’abord aux États-Unis (Boston, New York, Floride), pour ensuite découvrir les Caraïbes du Sud et l’Europe au cours de nombreuses croisières avec sa famille. Lors de sa dernière année au secondaire, un voyage de groupe s’organisait avec son école pour aller en Chine. Elle rêvait d’y aller, tout en ayant des craintes à l’idée de se retrouver loin des siens en pays étranger. C’est alors que sa maman, Isabelle, lui a proposé de se joindre au groupe comme parent accompagnateur. Chloé a ainsi pu réaliser son projet d’aller en Chine, tout en pouvant compter sur le soutien de sa mère. Parmi ses plus beaux souvenirs de voyage, elle garde précieusement en tête ses croisières dans les Caraïbes, sa visite d’un magasin chinois de figurines où elle aurait voulu tout acheter, sa nuit dans le désert de Dubaï et, bien sûr, sa visite de Disney World, en Floride.

Chloé, dans le désert de Dubaï
Chloé, dans le désert de Dubaï. Crédit photo : Isabelle Cyr.

Chloé a l’intention de découvrir encore de nombreux pays avec sa famille. Elle passera son prochain Noël en Équateur, où ses parents se font construire une résidence secondaire. Elle souhaite aussi découvrir le Japon, un pays qui la fait rêver depuis plusieurs années.

Les défis que Chloé rencontre en voyage

Dans sa vie quotidienne, Chloé rencontre de nombreux défis qu’elle réussit à gérer de mieux en mieux au fil des années. Fonctionner en groupe, rencontrer de nouvelles personnes, faire des choix, manger des aliments qu’elle ne connaît pas, gérer l’anxiété d’un examen, se retrouver dans une fête bruyante avec des ballons qui risquent d’éclater à tout moment ne sont que quelques exemples de situations susceptibles de la perturber. Bien qu’elle aime découvrir de nouveaux pays, les voyages représentent des défis de taille pour Chloé. Elle doit alors sortir de ses habitudes, de sa routine rassurante, que ce soit en ce qui concerne son alimentation ou ses activités. C’est aussi difficile pour elle de se retrouver en groupe pendant de longues périodes, sans bénéficier de temps seule. Elle a besoin de « sa bulle », de son espace, ce qui est tout un défi dans un pays comme la Chine! Son pire souvenir de voyage est, sans aucun doute, lorsqu’elle a perdu sa Nintendo DS à l’aéroport en Chine. Au-delà de l’objet en lui-même, c’est tout le travail ainsi perdu qui l’a profondément attristée. Malheureusement, malgré les nombreuses démarches de sa mère, elle n’a jamais pu la retrouver.

Chloé à Beijing, lors d'un voyage scolaire en Chine
Chloé à Beijing, lors d’un voyage scolaire en Chine. Crédit photo : Isabelle Cyr.

Les trucs de Chloé et de sa maman Isabelle pour voyager

  • Apporter plusieurs aliments que Chloé affectionne (ex. barres Rice Krispies, barre santé) afin qu’elle puisse manger lorsque les restaurants ne servent pas des repas qui lui conviennent. Elle peut ainsi tenir le coup jusqu’à son retour dans sa chambre, où ses parents lui préparent un repas plus équilibré.
  • Privilégier les restaurants qui offrent des buffets, afin qu’elle ait un grand éventail de choix pour composer elle-même ses repas.
  • Prendre des écouteurs avec elle afin de se « couper » du monde et d’atténuer les bruits qui l’entourent lorsqu’elle en ressent le besoin.
  • Voyager avec une carte sur laquelle toutes les coordonnées de ses parents (nom et adresse de l’hôtel, numéros de cellulaire, etc.) sont indiquées.
  • Ne pas oublier les objets qui la rassurent (ex. Nintendo DS, peluche).
  • Bien préparer le voyage pour éviter les mauvaises surprises (caractéristiques de la destination, défis potentiels, etc.).
  • Prévoir des moments où Chloé peut être seule.
  • Faire en sorte qu’elle n’oublie pas de prendre ses médicaments chaque jour.
  • Parler du voyage plusieurs mois à l’avance, afin qu’elle puisse tranquillement se préparer à l’idée (à l’aide de photos et de vidéos).
  • Voyager dans le cadre de croisières pour lui assurer une certaine stabilité. Ainsi, elle peut visiter un nouvel endroit le jour, mais retrouver tous les soirs la même cabine avec ses effets personnels dans l’état où elle les avait laissés. Elle apprend facilement la configuration du bateau, ce qui lui permet d’avoir l’impression de connaître où elle est et de bénéficier d’un choix incroyable d’aliments dans les nombreux restaurants disponibles.
Chloé devant la tour de Pise, lors d'une croisière en Europe
Chloé devant la tour de Pise, lors d’une croisière en Europe. Crédit photo : Isabelle Cyr.

Chloé et Isabelle, nous vous remercions d’avoir accepté de participer à notre série d’articles sur les voyages avec des enfants qui nécessitent un suivi avec des spécialistes. C’est un honneur pour nous de pouvoir partager votre histoire qui saura très certainement en inspirer d’autres. Vous êtes deux femmes extraordinaires, dont nous sommes très fiers.