Visiter l’île de Pâques en famille

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Aujourd’hui, Alexiane est notre invitée sur le blogue. Elle vous propose de découvrir l’île de Pâques en famille en vous laissant emporter par son décor unique. L’île de Pâques est l’une des terres les plus isolées au monde. Située en plein cœur du Pacifique, c’est la plus orientale des îles de Polynésie. Ses 4 500 habitants vivent majoritairement à Hanga Rosa, un village au sud-ouest de l’île. Inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1995, elle appartient au Chili depuis 1888 et dépend administrativement de la région de Valparaiso. Mais pourquoi visiter ce lieu en famille? Voici quelques suggestions qui m’inspirent!

Un lieu propice aux légendes

D’abord, il faut savoir que l’île a été découverte le jour de Pâques en 1722 par un explorateur néerlandais, Jack Roggeveen. Rapa Nui, qui signifie « la lointaine » en tahitien, est son nom d’origine.

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La légende du peuplement de l’île de Pâques demeure incertaine à ce jour et pourrait faire un parfait scénario hollywoodien. Selon le musée anthropologique d’Hanga Roa, une colonisation aurait eu lieu vers 400 ap J.C. et une autre vers 900 ap J.C. La légende raconte que le roi polynésien et sa sœur (ou sa femme) seraient arrivés sur l’île à bord de deux catamarans. Ils fondèrent alors une dynastie, qui s’organisa en tribus, les matas. Pour maintenir leur suprématie, ils décidèrent de faire croire au peuple qu’ils communiquaient avec les dieux. Les moaï furent alors construits, afin de matérialiser cette communication et impressionner la population. Cependant, à la fin du XVIIe siècle, l’île rencontra certains problèmes. Les ressources végétales et agricoles ne parvenaient plus à nourrir une population devenue très nombreuse. Le culte moaï fut alors discrédité et un nouvel ordre politique accéda au pouvoir, mettant en place un nouveau culte. Il s’agit de l’Homme-Oiseau, en hommage au dieu Make Make. Cette dynastie resta en place jusqu’à l’arrivée des missionnaires catholiques, en 1864.

Par la suite, le royaume du Pérou a réussi à conquérir l’île en 1770. Le massacre des habitants et l’importation de nouvelles maladies ont décimé la population des Ranapui. En 1888, le Chili annexa le territoire et ce n’est qu’au XXe siècle que les Ranapui retrouvèrent une liberté et des droits. Avec toutes ces légendes et ce passé chargé d’histoire, la terre des géants fascine aussi bien les adultes que les enfants!

A quoi servent les statues moaï?

L’île de Pâques comporte 887 statues gigantesques en monolithe de basalte et en tuf. Celles-ci peuvent atteindre  jusqu’à 21 mètres de haut. Symbolisant au départ la communication avec les dieux, elles sont rapidement devenues un moyen de se mesurer aux autres tribus. Certains moaï portent une sorte de chapeau en tuf rouge qui pourrait représenter des cheveux. Si vous avez la chance de visiter l’île au mois de février, pendant les vacances d’hiver, vous pourrez assister avec vos enfants à des célébrations, des rituels et des pèlerinages.

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L’Île de Pâques : un terrain de jeu pour les aventuriers

L’île de Pâques possède plus de sept sites moaï qui émerveillent petits et grands.  Le site Ahu Akivi est l’une des rares plateformes cérémoniales où les moaï sont dirigés vers la mer. Il est possible de réaliser des photos de famille originales sur le site Ahu Uri a Urenga, dont le moaï possède quatre mains. La statue du site Ahu Tongariki impressionne, quant à elle, par l’immensité de son centre cérémonial, avec une plateforme de 100 mètres de large située au nord-est de l’île. Les randonnées proposées sont relativement faciles d’accès pour les enfants. Ils peuvent alors jouer aux aventuriers, se défouler, courir et s’inventer des histoires dignes d’un Indiana Jones. Avec eux, il ne faut surtout pas manquer le musée anthropologique, qui dévoile tous  les secrets de la culture rapanui.

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Sur l’île, de nombreuses activités sont également proposées aux familles, qui peuvent s’initier aux sports nautiques en pratiquant le surf ou encore faire de la plongée sous-marine pour observer des poissons multicolores, des tortues, des murènes et des poulpes. Avec son aire de jeux, la plage d’Anakena plaît aussi aux enfants, qui peuvent y jouer au foot pendant que leurs parents profitent d’une vue splendide. La petite plage d’Hanga Roa permet, pour sa part, aux enfants de se baigner et d’observer les tortues près des bateaux, tout en savourant une bonne glace. Il est aussi possible de jouer aux aventuriers en explorant  les environs des trois volcans à l’origine de la formation de l’île.

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Avec des enfants, Alexiane est d’avis qu’il faut compter environ sept jours pour visiter l’île et se laisser envahir par le mystère qui y règne…

Tentant, n’est-ce pas?

Les chutes d’Iguazu en famille

Les chutes d'Iguazu en famille

Le Brésil, le Paraguay et l’Argentine partagent une frontière, matérialisée par l’une des sept merveilles naturelles du monde : les chutes d’Iguazú. Promesse de dépaysement, d’exotisme et d’un des plus beaux panoramas du monde, il ne nous en faut pas plus pour sauter dans un avion! Une fois de plus, Agathe, de l’agence de voyage locale Argentina Excepción, est notre invitée sur le blogue afin de vous embarquer pour un voyage en famille au plus près des chutes!

Les chutes d’Iguazú : un parc aquatique grandeur nature

Les chutes d’Iguazú sont en fait un ensemble de 275 cascades qui s’étendent sur trois kilomètres et interrompent la rivière Iguazú. La plus grande chute est appelée Garganta del Diablo (Gorge du Diable) et atteint 90 mètres de haut. En tout, ce sont plus de 6 millions de litres d’eau qui se déversent par seconde, de quoi impressionner toute la famille! Le Brésil et l’Argentine ont chacun créé un parc national pour préserver ce joyau naturel et permettre sa visite.

Chutes d'Iguazu - Vue aérienne

Du côté brésilien : la photo souvenir

Un bus part de l’entrée du parc pour nous emmener au premier point de vue. Malgré le monde, on parvient à se faufiler jusqu’à la plateforme et là on pousse des cris d’admiration devant la vue qui s’offre à nous. Les chutes s’étendent devant nos yeux dans leur totalité, c’est magique! Les cascades s’élancent et rebondissent dans la végétation environnante avant de se fondre dans les remous plusieurs dizaines de mètres plus bas. On a beau avoir contemplé des photos d’Iguazú auparavant, rien ne vaut de voir ce spectacle de ses propres yeux.

On finit par s’arracher à la balustrade, même si on y resterait bien des heures, pour continuer jusqu’à un deuxième point de vue. Cette fois-ci la passerelle s’avance dans les chutes, on voit et on sent l’eau passer sous nos pieds et puis se jeter dans le vide. C’est impressionnant! N’oubliez pas d’enfiler votre k-way ou vous risquez d’être mouillés!

Passerelle côté brésilien

Du côté argentin : l’exploration

Plusieurs sentiers permettent de se promener au plus près des chutes dans le parc national d’Iguazú. Le circuit supérieur surplombe les chutes : on s’étonne devant le calme du fleuve en amont, on ne se doute pas que quelques mètres plus loin, l’eau se jette de plusieurs dizaines de mètres de haut. Le circuit inférieur guide le visiteur au pied des cascades, on peut presque les toucher! Faire une photo de famille sans se tremper et sans fermer les yeux relève de la prouesse! Enfin le dernier circuit mène jusqu’à la fameuse Garganta del Diablo. En forme de fer à cheval, cette chute est particulièrement impressionnante : les litres d’eau dévalent la falaise dans un fracas assourdissant. Les enfants seront ravis d‘emprunter le petit train écologique qui relie les différents sentiers.

Embarcation

Des animaux par milliers

De nombreux animaux se promènent en toute liberté, surtout du côté argentin. On peut rencontrer des coatis, sorte de ratons-laveurs très gourmands, des toucans et aras, des jaguars et des caïmans qui se prélassent au soleil, au bord de la rivière.

Au Brésil, juste avant l’entrée du parc national, se trouve un Parc aux Oiseaux. Une excursion rêvée pour les enfants, et qui ravira également les plus grands. Des dizaines d’espèces d’oiseaux, de toutes les couleurs et de toutes les formes, vivent dans ce parc. Le plus impressionnant : des volières géantes qui permettent aux visiteurs de pénétrer dans l’antre des perruches et perroquets multicolores. Ça caquète et ça vole dans tous les sens! Attention la tête, les oiseaux se font un malin plaisir de frôler leurs invités! Mais ce que nous avons préféré reste tout de même la rencontre avec les toucans. Avec leur plumage noir et leur immense bec orangé, ils représentent bien l’exotisme de cette région du monde. Ils ne sont pas farouches pour un sou et se laisseraient presque caresser!

Toucan

Je tiens à remercier Agathe pour ce billet qui me permet de rêver à des paysages que je n’ai pas encore eu l’occasion d’admirer. Je n’ai maintenant qu’une envie : embarquer toute ma petite famille dans un voyage en direction des chutes d’Iguazú!

Pour plus d’informations sur les chutes d’Iguazú.

Voyager avec des enfants en Bolivie, c’est possible!

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La Bolivie est un pays magnifique et très contrasté. Il est vrai que ce n’est pas le pays le plus développé d’Amérique du Sud et que les conditions peuvent être précaires, surtout avec des enfants, mais il suffit de choisir son itinéraire avec précaution. Et la bonne nouvelle c’est que dans la plupart des sites les plus remarquables du pays, des activités sont possibles pour les enfants. Agathe de Bolivia Excepcion, invitée du blogue une nouvelle fois cette semaine, vous propose une liste non exhaustive des lieux qui peuvent réjouir vos bambins.

La Paz

Située à 4 000 mètres d’altitude, la plus haute capitale du monde est un lieu incontournable d’un voyage en Bolivie. Il est indispensable de s’y rendre pour appréhender la situation économique du pays et mieux comprendre ses habitants et sa culture. Le mirador Kill Kill offre une magnifique vue sur l’ensemble de la ville, on est surpris par toute l’agitation qui anime les rues escarpées et les flancs des montagnes alentours. Le musée des instruments de musique Ernesto Cavour est un excellent compromis pour que vos enfants s’instruisent de manière ludique. Y sont exposés des instruments faits d’éléments naturels, tels que du bois, des os mais aussi des carapaces, des écailles ou des becs de toucan! On continue d’émerveiller les enfants en se promenant dans la rue des costumes de fête, avant de se rendre au marché aux sorcières. Des indiens aymaras vendent des objets rituels et pratiquent des rites magiques, de quoi impressionner les jeunes comme les grands!

La Paz

 Le lac Titicaca

Rien que le nom fait pouffer de rire les petits… Le lac navigable le plus haut au monde, frontière naturelle entre le Pérou et la Bolivie, est un véritable havre de paix qui fera du bien à toute la famille. L’air y est pur et l’eau claire file sous l’embarcation. Depuis la ville de Copacabana, une excursion est possible jusqu’à l’Isla del Sol, berceau de la civilisation inca. Sur cette île, on dirait que le temps s’est arrêté, figeant les habitants dans un mode de vie ancestral. Les couleurs douces de ces paysages à couper le souffle, sur fond de Cordillère Royale, sont particulièrement apaisantes.

Isla del Sol

Le salar d’Uyuni

On connaît bien le salar d’Uyuni pour son immense étendue de sel  de 12 000 km2, ce qui en fait le plus grand désert de sel de la planète. C’est un spectacle prodigieux, on pourrait rester des heures à contempler ces paysages lunaires. Seulement voilà, un petit bonhomme haut comme trois pommes vous rappelle que, certes, c’est très joli mais lui, il a besoin de se dégourdir les jambes. Pas de soucis, on met le cap sur le cimetière de trains! Ici sont entreposées de veilles locomotives qui ont servi lors de l’âge d’or de l’exploitation minière de ce désert. Les enfants seront ravis de grimper dessus et de jouer au conducteur de train du siècle dernier.

Cimetière de trains

Autre intérêt du salar d’Uyuni : les sources thermales. Après une bonne journée d’excursion dans le froid propre à cette région d’altitude, quel bonheur de se glisser dans l’eau chaude des sources naturelles !

Le Sud-Lipez

La route des joyaux, principale attraction du Sud Lipez, est une enfilade de volcans et de lagunes aux couleurs féeriques. Ici, une lagune vert émeraude s’étend devant un volcan éteint, plus loin l’eau est rouge sang et les flamants roses s’y abreuvent; c’est une véritable explosion de couleurs! On entend déjà d’ici les cris admiratifs des enfants devant de tels chefs d’œuvre naturels.

Lipez

Pour des vacances familiales en toute sérénité…

Quelques conseils généraux :

  1. Avoir du temps! Il faut prévoir au moins une semaine pour s’acclimater et éviter le mal d’altitude.
  2. Mieux vaut acheter de l’eau minérale, car l’eau du robinet n’est pas toujours potable, et la traiter n’est très efficace en raison des métaux lourds contenus dans le sol bolivien.
  3. Autre point positif de la Bolivie : le budget est très réduit! On peut compter 30 euros (43$ CAN) par jour pour une famille de quatre personnes.

A ne pas oublier dans la valise :

  • Une trousse de premiers soins avec des médicaments contre la diarrhée, de la crème solaire, du produit anti-moustique, des lingettes, du paracétamol, des pansements, une pommade cicatrisante et un thermomètre.
  • Les passeports et visas de toute la famille.
  • Des vêtements pour tous les temps et un chapeau pour le soleil.
  • Un porte-bébé plutôt qu’une poussette.
  • Quelques jouets ou livres peu encombrants pour vos enfants.

Uyuni

 

 

Suis-je prête à retourner en Amérique du Sud? Ma balance décisionnelle.

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Si vous suivez le blogue de façon assidue, vous avez probablement remarqué que les destinations d’Amérique du Sud y sont rarement à l’honneur. Bien que des articles sur le Chili et l’Argentine aient fait l’objet de publications récemment, ce sont les deux seules destinations pour lesquelles je n’étais pas derrière le clavier afin de vous partager mes propres expériences de séjours à l’étranger. Vous pensez peut-être que ce silence s’explique parce que je connais moins cette partie du monde? Vous avez raison si c’est le cas, car exception faite du Brésil, je n’ai pas voyagé en Amérique du Sud. Pourtant, j’ai eu plusieurs occasions de le faire. Alors pourquoi ne pas saisir les occasions qui s’offrent à moi? Avec du recul, je me rends compte que mon premier voyage en Amérique du Sud est lié à une expérience traumatisante qui, encore aujourd’hui, suscite mon ambivalence à y retourner. Cette expérience fait en sorte que deux discours intérieurs coexistent lorsqu’il est question de cette destination : une petite voix qui me presse d’y retourner et une autre qui m’incite à l’éviter. Mais avant de vous parler des petites voix qui argumentent dans ma tête, je dois vous préciser le contexte de ma première rencontre avec l’Amérique du Sud.

Un voyage au Brésil qui laisse des traces…

C’est en 2008 que j’ai eu l’occasion de voyager en Amérique du Sud pour la première fois (qui demeure à ce jour la seule et unique fois). J’ai alors profité d’un congrès à Salvador de Bahia pour m’envoler vers le Brésil avec mon amoureux. Malgré plusieurs voyages à l’étranger, nous n’avions encore jamais vécu de grande mésaventure à l’étranger. Des petites sources d’irritation, certes, mais rien de majeur qui aurait remis en question notre désir de voyager et notre soif de parcourir le monde. C’est donc avec de jolies lunettes roses que nous avons mis les pieds au Brésil, heureux de découvrir pour la première fois un pays d’Amérique du Sud. Nous logions dans un magnifique hôtel cinq étoiles, le Pestana Hotel, situé au bord de la mer.

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La vue de notre hôtel
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À quelques mètres de la mer, nous dormions au son des vagues
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La piscine de l’hôtel, où nous avons dégusté quelques caipirinha

Bien situé, cet hôtel nous a permis de découvrir la ville de Salvador et son centre historique dont nous conservons d’excellents souvenirs. Première capitale du Brésil, Salvador a su préserver un charme particulier, avec ses maisons aux couleurs vives, ses nombreuses églises et ses rues pavées. La ville est divisée en deux : une partie haute et une partie basse. C’est dans la partie haute que l’on retrouve le centre historique, Pelourinho, classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1985. L’architecture Renaissance y est à l’honneur, avec des édifices aux façades colorées. Nous y avons passé beaucoup de temps, à flâner dans les boutiques destinées aux touristes et à visiter plusieurs monuments historiques datant du XVIIe siècle. En prenant l’Elevador Lacerda, nous pouvions ensuite rejoindre le port, en profitant d’une vue magnifique sur les environs.

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La ville de Salvador
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L’hiver brésilien et ses couleurs particulières
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Le centre historique et ses nombreuses boutiques
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Rencontre locale dans le quartier historique
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Dans l’ascenseur menant à la basse-ville
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Coucher de soleil sur la mer

Jusqu’ici, vous conviendrez avec moi que ce séjour s’annonçait plutôt bien. Pourtant, mon récit ne traduit pas la complexité des sentiments qui m’ont habitée dès mes premiers instants dans la ville. À quelques mètres de notre hôtel luxueux, nous croisions des chiens errants maigrichons de même que des itinérants qui s’installaient pour la nuit au sol, sur de vieux cartons. Les villas du quartier étaient, quant à elles, de véritables forteresses entourées de murs, de barbelés et de caméras de surveillance. Ces écarts dans les conditions de vie des habitants faisaient évidemment naître des malaises et des inconforts dans mon esprit (j’enseigne le travail social, vous vous souvenez?). Dans la ville de Salvador, les enfants nous faisaient de grands sourires en nous accrochant des rubans aux poignets. C’était pour nous accueillir dans leur ville, un free gift selon leurs dires… Ils nous poursuivaient ensuite pour nous demander de l’argent, toujours plus d’argent, en échange de leurs cadeaux. Pour eux, nous étions de véritables guichets automatiques ambulants et on peut difficilement leur en vouloir… Pour couronner le tout, j’ai finalement été victime d’une intoxication alimentaire la veille de ma conférence, après un repas que nous avions pourtant fort apprécié.

Vous l’aurez compris, ces petits inconforts sont généralement présents lors de voyages à l’étranger et n’auraient jamais constitué, à eux seuls, des sources d’ambivalence à l’idée de retourner au Brésil. J’y vois plutôt des éléments liés à un simple choc culturel, inhérents aux voyages et qui nécessitent de s’adapter à des valeurs, des coutumes, des habitudes de vie et une culture différentes. Ce sont des petits irritants en comparaison de l’événement qui allait creuser un fossé entre le Brésil et moi. Le jour suivant ma présentation au congrès, j’étais encore malade et nous avons décidé de rester à proximité de l’hôtel pour nous reposer. Suivant les conseils des employés de l’hôtel, nous nous sommes installés sur une petite plage apparemment très sécuritaire où nous avions déjà eu l’occasion de nous baigner à quelques reprises. Ce jour-là, la plage était calme. Pendant que mon amoureux nageait dans les vagues, je lisais tranquillement sur la plage. Puis, j’ai eu envie de prendre quelques photos.

Alors que je me levais avec ma caméra, trois garçons âgés d’environ dix ou onze ans sont apparus dans mon champ de vision. Je ne comprenais pas ce qu’ils disaient en désignant l’appareil photo que je tenais à la main. J’ai d’abord naïvement pensé qu’ils me proposaient de prendre une photo avec eux… J’ai fait non de la tête en souriant. Jusqu’à ce que je vois l’arme à feu qu’un des gamins pointait sur moi. Figée sur place, je lui ai tendu l’appareil docilement. C’est le seul objet de valeur que nous avions pris avec nous, nos passeports, nos cartes et l’argent liquide dont nous disposions étaient demeurés dans le coffre de sûreté de l’hôtel. Avant que je réalise pleinement ce qui se passait, les trois jeunes s’attaquaient déjà à un couple de touristes italiens. La femme criait et refusait de leur donner son sac, ce qui a suscité la colère des jeunes voleurs qui l’ont prise à la gorge et l’ont frappée pour finalement s’enfuir avec le contenu du sac. Comprenant ce qui se passait, mon mari est sorti de l’eau en hurlant et en courant dans leur direction, mais ils étaient déjà loin.

Je n’ai pas été blessée physiquement, mais cette expérience fut malgré tout bouleversante pour moi. Plusieurs Brésiliens étaient sur la plage lors des événements, mais aucun d’eux n’a levé les yeux pour voir ce qui se passait. Ils demeuraient tous centrés sur leurs occupations, comme si rien ne se passait. Nous sommes donc partis en direction du poste de police avec les deux autres victimes. J’étais en état de choc, incapable d’arrêter de pleurer.  L’autre femme victime, qui avait été sérieusement malmenée, demeurait très calme et posée. Je me sentais stupide d’être aussi émotive alors que je n’étais pas blessée. Je ressentais aussi de la culpabilité par rapport aux événements, puisque j’étais demeurée inerte et sans voix lors du vol, ne permettant pas aux autres de se préparer à y faire face ou d’appeler des secours. Cet événement a changé notre relation avec le Brésil, de même que nos plans pour la suite du voyage (dont je vous parlerai dans un prochain billet). Désormais, nous nous sentions en danger en sol brésilien. Nous avions peur et nous étions aux aguets.

Ces deux discours qui coexistent dans ma tête…

Depuis notre séjour au Brésil en 2008, je ne suis pas retournée en Amérique du Sud. J’ai eu plusieurs occasions de le faire, mais je demeurais ambivalente à cette idée. C’est donc seul que mon mari est retourné au Brésil pour affaires il y a deux ans. Je n’étais pas véritablement tentée à l’idée de l’accompagner, moi qui adore pourtant voyager et qui saisis habituellement toutes les occasions qui s’offrent à moi pour le faire. J’étais hantée par ce discours intérieur, guidé par la peur, qui me paralysait : « c’est dangereux« , « il y a trop de violence dans ce coin du monde », « tu risques de te faire voler, arnaquer ou agresser », « tu devrais choisir un coin du monde plus sécuritaire »… Bref, le fameux « oui mais… » qui empêche parfois d’avancer.

D’un autre côté, parallèlement à cette petite voix alarmiste, un autre discours m’habite de plus en plus et m’encourage à retourner en Amérique du Sud : « ce serait l’occasion de voir des amis installés au Pérou », « les plages du Brésil étaient tellement belles », « j’aimerais  connaître  davantage ce coin du monde »… Cette petite voix prend de plus en plus le dessus dans ma tête, surtout depuis que mon frère a fait l’achat d’une maison en Équateur. Maintenant achevée, aussi spacieuse que magnifique, cette maison me fait de l’œil et me donne envie de surpasser mes peurs pour explorer l’Amérique du Sud. J’en ai d’ailleurs parlé précédemment sur le blogue, en vous présentant ma wish list pour 2016.

À la lumière des avantages et des inconvénients à l’idée de retourner en Amérique du Sud, je me suis amusée à réaliser ma balance motivationnelle, un outil utilisé en relation d’aide afin de travailler sur l’ambivalence d’une personne et l’amener vers un changement (voir notamment Miller & Rollnick, 2013 sur le sujet). La voici :

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Force est de constater que les avantages associés à l’idée de retourner en Amérique du Sud semblent faire pencher la balance vers une décision : celle de choisir la découverte et l’ouverture plutôt que la peur et le repli sur soi. Mais je réalise que je demeure dans la contemplation de ce projet et non dans l’action. Lorsque je lis des articles qui associent l’Amérique du Sud à la violence et aux arnaques, mon discours intérieur se centre sur les avantages d’y retourner. À l’inverse, lorsque je lis des billets qui dédramatisent la situation, comme le récent article d’Amandine et François de l’excellent blogue Un sac sur le dos, ma petite voix intérieure hurle que les risques de l’Amérique du Sud demeurent bien présents. Simple esprit de contradiction? De mon côté, le problème est plus vaste et je vous en ai déjà parlé par le passé, en vous partageant mon refus de choisir une seule et unique façon de voyager. Mais au-delà de ce refus de choisir, Miller et Rollnick (2013) donneraient fort probablement un nom à ce type d’ambivalence : la réactance psychologique. Selon ces auteurs, le fait d’argumenter pour le changement avec une personne ambivalente fait naturellement ressortir les arguments opposés chez cette dernière. Je me dois donc de lancer un appel à l’aide à ma famille et mes amis qui vivent actuellement en Amérique du Sud : si vous souhaitez me voir débarquer avant la fin de l’année, mieux vaut me partager vos impressions négatives et vos souvenirs pourris. Ils devraient me permettre d’en finir avec cet éternel sentiment d’ambivalence! 😉

 

5 bonnes raisons de voyager au Chili en famille

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Le mois dernier, Agathe nous faisait rêver en nous parlant de l’Argentine. Vous avez été nombreux à lire son texte et à en parler sur les réseaux sociaux, nous avons donc décidé de l’inviter à nouveau sur notre blogue. Mais aujourd’hui, c’est du Chili dont il sera question. Coincé entre les Andes et l’océan Pacifique, ce pays offre une multitude de paysages et d’activités qui combleront de joie les jeunes. Vous n’êtes pas convaincu? On vous donne 5 bonnes raisons d’emmener toute la petite famille en voyage au Chili!

1-  De nombreuses activités sportives 

Vos enfants ont besoin de bouger, se défouler et faire du sport? Aucun souci, au Chili vous pouvez faire toutes sortes d’activités qui plairont aux petits comme aux grands. Une fois à Santiago, les pistes de ski sont à quelques heures de route seulement. Les vallées Nevado ou la station La Parda sont même à moins d’une heure en voiture : ça vaut le coup de partir dévaler quelques pentes! La saison de ski commence fin juin et se termine à la fin du mois de septembre.

La Parva

Dans cette même région il est possible de faire de la randonnée et du rafting, et dans de nombreux endroits à travers le pays, on vous proposera des balades à cheval, que ce soit dans le désert d’Atacama ou en Patagonie. Enfin, si vos enfants sont assez grands, il est possible de faire de la plongée sur l’ensemble du littoral.

Vallée de la lune - Balade à cheval

2-  Des havres de paix pour se détendre

Le Chili est également un pays idéal pour se reposer après une année bien chargée. Aussi appelée « Perle du Pacifique », la ville de Valparaiso enchante les voyageurs par ses enfilades de maisons colorées et son port mythique. On prend le funiculaire pour passer d’une colline à l’autre, on flâne dans les rues et on emprunte des passages secrets pour découvrir les moindres recoins de la ville.

Valparaiso

Plus au nord, la région de Copiapó est idéale pour souffler quelques jours. En effet, elle offre une variété incroyable de paysages : des lagunes, des salars, des déserts de dunes et surtout de magnifiques plages. Du sable fin et blanc, de l’eau turquoise et des palmiers… Non vous ne rêvez pas, vous êtes bien au Chili! A vos maillots, prêts? Farniente!

Copiapo

3- Des excursions mystérieuses 

Vos enfants aiment Tintin, jouer aux explorateurs et se déguiser en pirate? Alors ils vont être ravis! La Vallée de la Lune, dans le désert d’Atacama au nord du pays, ressemble étrangement aux paysages de l’album de Tintin « On a marché sur la lune ». Il ne manque plus que la fameuse fusée rouge et blanche pour se mettre à la place du personnage de Hergé.

Vallée de la lune

La mystique île de Pâques et ses statues géantes que l’on retrouve aux quatre coins sont empreintes de mystères. On ne sait toujours pas vraiment expliquer la provenance de ces moaï, ce qui les rend d’autant plus impressionnants. En s’aventurant sur cette île, on met un pied dans une culture bien différente du reste du Chili et qui s’apparente plus à la culture polynésienne. On y apprend les coutumes et rites sacrés, notamment le culte voué à l’homme-oiseau. Selon la légende, celui-ci aurait apporté un œuf sur l’île, donnant ainsi vie aux humains.

Ile de Pâques

Enfin, on se munit de sa boussole et de sa lorgnette pour mettre le cap sur l’île de Robinson Crusoé. Et oui, elle est bien réelle! Et se trouve au large de Valparaiso. Des criques déchiquetées, une nature sauvage et une atmosphère de bout du monde vous attendent. Un seul hôtel est présent sur l’île, le Lodge Crusoe Island, autant vous dire que vous serez tranquilles pour partir explorer les recoins de l’île en famille. Trekking, plongée et pêche sportive sont proposées pendant la journée et le soir venu, rien de mieux que de déguster la cuisine locale à base de poissons et fruits de mer en admirant le coucher de soleil sur l’océan.

Ile Crusoé

 4- Voyager en toute sérénité

Le Chili est sûrement le pays le plus sûr où se rendre en famille. Les Chiliens sont accueillants et prévenants, et même si les précautions habituelles ne doivent pas être oubliées, on se sent en sécurité sur l’ensemble du territoire. En outre l’hygiène y est bonne et il n’y a pas de défiance alimentaire à avoir. Les estomacs fragiles éviteront cependant de boire l’eau du robinet et préféreront les bouteilles d’eau.

Bien que les distances soient longues, les bus sont confortables et vous pouvez toujours prendre l’avion pour des vols domestiques. Ceux-ci sont très réguliers et pas forcément plus onéreux que le bus. A comparer!

5- Découvrir une culture riche

Tout voyage est l’occasion pour l’ensemble de la famille d’aller à la rencontre d’une nouvelle population et de se frotter à un mode de vie différent. Au Chili, c’est un vrai dépaysement : un autre hémisphère, un autre continent, une autre langue, une autre cuisine et aussi une autre manière de penser. Mais c’est une découverte qui se fait en douceur grâce à la gentillesse et à la patience des Chiliens, qui n’hésiteront pas à consacrer quelques minutes de leur temps pour vous aider ou vous renseigner.

Pour en savoir plus sur les pérégrinations en famille au Chili, Agathe vous donne rendez-vous sur le site de l’agence de voyage au Chili, Chile Excepción

Autres infos pratiques : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/conseils-par-pays/chili/ 

5 bonnes raisons de voyager en famille en Argentine

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L’Argentine, ça vous a toujours fait rêver! Mais voilà, maintenant que vous avez des bambins, vous hésitez… Que nenni! Agathe Facomprez est notre invitée sur le blogue cette semaine et elle vous propose cinq bonnes raisons de voyager en Argentine avec des enfants.                   

1- Des activités par milliers

La superficie de l’Argentine fait plus de quatre fois celle de la France et le territoire croise deux latitudes ainsi que le tropique du Capricorne. Cela explique la diversité des climats et paysages qu’offre le pays : impossible de se lasser en Argentine, on découvre chaque jour de nouveaux trésors. Dans le Noroeste, quelques randonnées à pieds ou en vélo dans les montagnes arides sont proposées; vers Mendoza on fait du rafting; en Patagonie on fait du trekking; à Iguazu on admire les oiseaux tropicaux aux couleurs surnaturelles et dans l’ensemble du pays on peut monter à cheval.

Esteros del Ibera

2- Des oasis atemporelles où se reposer

L’Argentine a conservé son authenticité : dans les rues de Buenos Aires, les Porteños boivent du mate; dans les villages de la Pampa, on croise des gauchos et le weekend, familles et amis se réunissent au campo pour se régaler d’un asado. Vous pourrez expérimenter ce mode de vie argentin dans l’une des nombreuses estancias qui se trouvent dans le pays. Au programme : promenade à cheval dans les champs alentour, rassemblement du bétail avec les gauchos, repos bien mérité au coin du feu et dégustation des produits de la propriété, notamment la succulente viande de bœuf. Le voyageur est réellement transporté dans un tout nouvel univers et les enfants sont ravis de jouer les cow-boys le temps de quelques jours!

Gauchos

3- Des petites bêtes partout

Sur la péninsule Valdez, les enfants sont transportés de joie à la vue de tous les animaux marins qu’on y trouve : des manchots, des lions de mer, des oiseaux en tout genre et surtout des baleines et des dauphins! Dans les Andes on rencontre plutôt des lamas, guanacos et autres camélidés. Plusieurs réserves naturelles quadrillent le pays, dont la réserve d’Esteros del Ibera. Située au Nord-Est de l’Argentine, dans la région de Corrientes, c’est en fait une vaste lagune et des marais qui entourent une île où se trouve le village de Carlos Pellegrini. En bateau on aperçoit des dizaines de caïmans, des espèces d’oiseaux en tout genre et une multitude de carpinchos (espèce de castors géants). En se promenant à pied on peut tomber nez à nez avec des cerfs et des singes hurleurs qui poussent des cris des plus surprenants!

Dauphin - Valdes

4- Des activités culturelles et ludiques

On le sait, la plupart des enfants ne raffolent pas des musées. Aucun problème, à Buenos Aires pas besoin de s’enfermer pour appréhender la culture de la capitale, il suffit de flâner dans les rues. En effet, le street art est omniprésent dans la ville, délivrant des messages plus ou moins politiques. On peut aller dans le fameux quartier de La Boca pour déambuler dans les rues aux maisons colorées, à San Telmo pour déchiffrer les tags aux murs et admirer l’art du fileteado, ou encore dans les quartiers de Colegiales et Chacarita, au Nord de la ville. Le tango est également une danse que l’on peut découvrir dans la rue : sur la place de San Telmo, des couples dansent sur les airs joués par un orchestre traditionnel.

Street art Palermo

5- Une nourriture qui plaît à toute la famille

Avec les vagues d’immigration successives qui sont venues peupler l’Argentine, c’est aussi une bonne partie de la cuisine européenne qui s’est implantée outre-Atlantique. A Buenos Aires les artères principales regorgent de pizzerias et glaciers à l’italienne. Un petit creux? A toute heure de la journée on se régale d’empanadas, ces chaussons fourrés le plus souvent à la viande et qui ravissent les papilles de toute la famille. La viande est réputée pour être une des meilleures et des plus tendres au monde, et ce n’est pas sans raison! Les mots nous manquent pour la décrire, on vous laisse venir la goûter. Quel que soit l’âge, tout le monde aime finir son repas par une douceur : rien de mieux pour cela que de croquer dans un alfajor, le dessert typique argentin à base de dulce de leche.

Asado

Je ne sais pas si le billet d’Agathe vous a convaincus, mais j’ai personnellement bien envie d’acheter des billets pour m’envoler vers l’Argentine en famille! 🙂

Pour en savoir plus sur cette destination et découvrir l’Argentine en famille, n’hésitez pas à consulter le site Internet de l’agence de voyage locale Argentina Excepción.