Bloomsberry, là où je passe mon été…

Vous connaissez Bloomsberry, le pays des fleurs aux fruits? Je vous y emmène aujourd’hui. Dans le cadre du club de lecture d’été « À la conquête du monde », initié par Tiphanya, nous devions choisir un livre à lire avec les enfants sur le thème : « Là où je passe l’été » (cliquez ici pour accéder à notre programmation préliminaire pour les mois de juillet et août). Un thème un peu difficile pour nous, car notre été se passe un peu partout : Québec, Canada, Etats-Unis, Corée du Sud… Et je ne parle là que des pays où nous serons physiquement, puisque plusieurs autres alimentent nos pensées et nos rêves! Dans un tel contexte, quelle destination choisir? Bien que la question ait pu sembler difficile à trancher à première vue, nous avons rapidement identifié le livre qui allait nous tenir compagnie cette semaine. Il s’agit de « Virginia Wolf », un livre publié aux Éditions La Pastèque, dans la collection Pamplemousse. Il est écrit par Kyo Maclear et illustré par Isabelle Arsenault.

L’histoire en bref…

Ce livre raconte l’histoire de Virginia et de Vanessa, deux personnages qui réfèrent au vécu de Virginia Woolf (célèbre écrivaine) et de sa sœur Vanessa Bell (artiste peintre). Au début du livre, Virginia est déprimée et en colère, alors que sa sœur fait tout en son pouvoir pour la faire sourire de nouveau. Les dessins qui illustrent le texte jouent avec les ombres et donnent l’impression que Virginia est un loup avec des oreilles pointues (alors qu’il s’agit plutôt d’un foulard noué en boucle sur sa tête). L’ambiance au domicile familial est déprimante, jusqu’à ce que Virginia évoque un lieu imaginaire du nom de Bloomsberry, qu’elle surnomme le pays des fleurs aux fruits…

Voici un petit extrait du livre, où Vanessa raconte sa conversation avec Virginia au sujet de Bloomsberry :

Il y a sûrement quelque chose qui te ferait du bien.

Si je volais, je crois que ça me ferait du bien.

Si tu volais, tu aimerais aller où?  J’ai ouvert son atlas et j’ai nommé des endroits : Paris. Tokyo. Mexico.

Non. Non. Non, a dit Virginia. Si je volais, j’irais là où tout est parfait. Un endroit plein de gâteaux glacés et de fleurs exquises, de formidables arbres à grimper et absolument aucun tracas.

Où est cet endroit? Ai-je demandé

Elle a réfléchi un peu, puis elle a dit : à Bloomsberry. Le pays des fleurs aux fruits.

À la suite de cette discussion, Vanessa décide de mettre Bloomsberry en scène dans leur maison afin de remonter le moral de sa sœur. Elle passe la nuit à peindre le pays des fleurs aux fruits sur les murs de leur maison, jusqu’au réveil de Virginia. Cette dernière adore le résultat et retrouve rapidement le sourire. L’ombre des illustrations se transforme en couleurs lumineuses et on découvre la mignonne petite fille sous les allures de loup.

Pourquoi j’aime ce livre en tant que maman voyageuse?

Le texte permet d’ouvrir le dialogue sur plusieurs sujets avec les enfants : la dépression, la tristesse, l’empathie et la générosité en sont quelques exemples. Il est, de plus, merveilleusement bien illustré, contribuant ainsi à faire entrer petits et grands dans l’univers enchanté de Bloomsberry.

Mais pourquoi en parler dans un club de lecture sur le thème des voyages? Récemment, je vous ai partagé un billet dans lequel je vous parlais de ma vie d’expat qui me manque atrocement parfois. Mais lorsque j’étais expat, ma vie au Québec me manquait également par moments. Tout cela pour dire qu’il n’y a pas d’endroit parfait comme Bloomsberry. Chaque lieu où nous vivons nous offre la possibilité de nous éblouir et, pour ce faire, il n’est pas nécessaire d’aller à l’autre bout du monde. À mes yeux, le voyage est d’abord et avant tout un état d’esprit. Au-delà des kilomètres que l’on peut parcourir pour se dépayser, l’aventure se passe dans la tête du voyageur. Peu importe où nous serons pendant la période estivale, nos plus beaux voyages seront ceux qui nous auront fait rêver…!

L’avis de fiston sur ce livre?

Mon garçon de quatre ans a adoré cette histoire et ses illustrations. C’est un livre précieux à ses yeux, qu’il manipule avec délicatesse, alors qu’il a souvent tendance à être rude avec les objets. De la première à la dernière page, il a savouré chaque mot et chaque dessin. Depuis son tout jeune âge, fiston a peur des loups et cette peur se manifeste généralement lorsque nous sommes en voyage, loin de la maison. Bien que ses peurs semblent souvent se matérialiser sous la forme d’un loup, mon petit homme est aussi fasciné par cet animal. Pour cette raison, le livre l’a immédiatement interpellé, surtout lorsqu’il a compris que le loup était en fait une petite fille.

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Dans la même collection…

Si vous aimez l’histoire de « Virginia Wolf », n’hésitez pas à lire « Fourchon », qui est publié aux mêmes éditions et lui aussi écrit par Kyo Maclear et illustré par Isabelle Arseneault. Ce livre raconte l’histoire de Fourchon, né d’une maman cuillère et d’un papa fourchette. À la fois fourchette et cuillère, Fourchon détonne et cherche sa place dans la cuisine. Il a le sentiment de devoir choisir un clan, mais il se sent trop pointu avec les cuillères et trop rond avec les fourchettes… Jusqu’au jour où une chose malpropre (un bébé) arrive dans la maison et qu’il a enfin le sentiment de trouver sa place.

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Ayant des enfants à la fois Québécois et Français, ce livre a immédiatement suscité mon intérêt. J’ai déjà abordé le sujet dans mon article « Le refus de choisir d’une maman voyageuse », en parlant plus spécifiquement de mon fils aîné. Lorsque nous étions à Dubaï, il était scolarisé dans un lycée francophone libanais où il se sentait souvent différent des autres. Après une récréation animée, il m’avait dit en rentrant à la maison qu’il se sentait 100% Français, 100% Québécois et un peu Libanais. À l’époque, je ne connaissais pas l’histoire de Fourchon, mais je l’ai beaucoup utilisée avec mon fils cadet. L’auteure du livre, Kyo Maclear, se décrit elle-même comme un fourchon, étant née d’un père britannique et d’une mère japonaise.

Voici donc nos lectures de la semaine! La semaine prochaine, c’est mon fils aîné qui vous livrera ses impressions sur un roman jeunesse publié au Québec. Pour découvrir les autres billets liés à cette première semaine du club de lecture d’été, rendez-vous chez Tiphanya!

P.S.: Même si je ne connaissais pas l’histoire de Fourchon lorsque mon fils aîné a vécu certains questionnements identitaires, j’ai adoré le livre « Spoon » qui traite le sujet de façon un peu similaire. Un autre livre intéressant à ajouter à votre bibliothèque si vous ne le connaissez pas déjà.

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2 réflexions sur “Bloomsberry, là où je passe mon été…

  1. Il a l’air très beau cette album, j’aime le graphisme de la couverture en tout cas.
    Et je suis d’accord avec toi sur le voyage qui se trouve avant tout dans le regard. Nous sommes en Alsace depuis un an, pas vraiment chez nous, pas vraiment posé, pas vraiment sûr de ce que l’on fait en fait. Mais pour tous les gens autour de nous, c’est là où nous sommes et où nous vivons et beaucoup sont surpris de voir notre énergie à visiter la région, comme des « touristes ».

    Aimé par 1 personne

    1. Les deux livres sont magnifiquement illustrés, je te les conseille vivement. 🙂
      Tu as de la chance de vivre en Alsace, j’en garde un merveilleux souvenir…
      Je suis comme toi quand je m’installe à un endroit. Même si j’ai le projet d’y vivre longtemps, je m’émerveille facilement et je veux tout visiter. 🙂

      Merci pour ce club de lecture d’été, c’est une très belle initiative! 🙂

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